BYZANCE
e ballet byzantin procéda direclemenl de celui du bas-empire romain,avec plus de faste encore, si c'est possible, avec la même impudeur effrontée et le même amour pour les Léda et les Pasiphaé. Théodora excellait, paraît-il, dans ces sortes de rôles et faisait la joie des spectateurs qui se pâmaient de rire dès que la future impératrice apparaissait sur la scène. Car sa figure n'avait rien de majestueux, au contraire; c'était une comique, quelque chose comme Judic ou Yvette Guilbert. Elle avait surtout, dit-on, une grimace irrésistible, mais elle se montrait dans une simplicité de costume évidemment exagérée.
Nous englobons Byzance dans l'Antiquité, quoique l'empire d'Orient ait dure'jusqu'à la prise de Constantinople par les Croisés, quoiqu'il ait été un empire chrétien, ne l'oublions pas; mais ce fut en réalité un prolongement du bas-empire romain dans les temps modernes. Les jeux du cirque y étaient les mêmes au dixième siècle que ceux de Rome sous Néron; le christianisme ne changea rien à tout cela, ni l'éloquence des Pères deJ'Église. Théodora était une impératrice très chrétienne, les empereurs dissertaient théologie, et l'on voyait des petits monstres de seize ans patriarches de Sainte- Sophie. Dieu sait quel lieu ils faisaient du Saint Lieu! Les cérémonies chrétiennes étaient selon un rite tout païen, et accompagnées de danses comme jadis celles de Jupiter ou de Bacchus: telle hier mimait Léda sur le théâtre, qui, le lendemain, menait dans l'église le chœur de danse des Vierges d'Israël venant au-devant de Saùl vainqueur des Philistins ou de Jésus-Chrisl enlrant à Bethléem.