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XVI PREFACE

accueille avec faveur cette tentative, le public témoignera, en plus, de la sérénité de ses sentiments ; il affirmera la tranquillité parfaite, absolue, de sa confiance dans le triomphe immanquable.

Le Bandeau, je le regrette,n est pas publié comme propagande, en signe de bonne santé, par ordre et subvention du gouvernement de la République. Mais il est agréable et utile de se détendre l'esprit par une lecture légère, une amusante nouveauté. Les poilus ne sont pas des moines, malgré qu'ils soient, en ce moment, les saints de la patrie, ses défenseurs héroïques ; s'ils trouvent, en plus de ce roman des quatre saisons, — imprimé avec des encres de couleurs appareillées tour à tour à l'automne, au printemps, à l'été glorieux, à l' hiver améthyste, — de son récit polychrome, alerte et tonique, une récréation dans ses centaines d'images ; s'ils passent, grâce à moi, quelques bonnes heures dans les tranchées, les cantonnements, les hôpitaux, f aurai contribué, pour ma minime part, à entretenir la patience, à exalter la belle humeur des vaillants de cette épopée grandiose, dépassant toutes les épopées, — des tisserands de la paix future, en train de faire la guerre à la Guerre, — des Gardiens d'Idéal qui, avant la Noël 1916, libéreront l'humanité de la menace des Barbares modernes et — la brutalité allemande écrasée — reviendront, anoblis par la victoire.

Paris, 21 mars 1916 (An III de la Guerre).

PRÉFACE XV

sives. — Et puis, si celui de M. et Mme Mouton, que je présente avec Dardier, ï amant, est amoral, il est gai, du moins. Maupassant — un des plus grands écrivains français, pas encore à la cime quil mérite et qu'il aura — narrait, sans opinion, des aventures aux grasses gaudrioles. Admettons que ce roman, le Bandeau, réunisse, autour de cinq ou six caractères, une quantité de ces histoires. ^|>

Au surplus, des milliers d'oeuvres d'art, hindoues, égyp- V< tiennes, grecques, latines, japonaises, françaises, sont ad- ^^ ) mirées universellement, bien que le vestiaire en soit léger. C'est \ le Bon Dieu qui fait les jolies femmes, les gars costauds, crée la I Beauté, la Force, non pas le grand couturier, la couturière chic ou le tailleur élégant, si haut que monte la facture. Ce n'est pas leur feuille de vigne qui fait de l'Apollon du Belvédère, du ^-yr-^ Discobole, de l'Hercule Farnèse des chefs-d'œuvre : au con- i

traire.

Jamais banal, toujours artiste et pittoresque en son outrancière liberté, ce roman — ÉCRIT ET ILLUSTRÉ AVANT LA GUERRE, je le répète • — ne cesse de sourire, avec, de-ci, de-là, comme un danseur, des pointes de sensibilité. L'auteur, dans les détails, ne recule jamais devant l'obstacle, lorsqu'il est périlleux, mais joli, car on peut tout exprimer délicatement, si on a la manière. En tout cas, ce livre, parfois d'allure bouffe, quand les masques de comédie s'épanouissent, en dehors de sa vertu de distraire les honnêtes gens pendant quelques heures, de chasser l'ennui, prouvera aux Empires de proie de l'Europe centrale et aux pays neutres qu'en France, après vingt mois de guerre, les esprits et les cœurs sont assez affermis, calmes, sûrs de demain, pour qu'un récit alerte, de verve gauloise, présenté magnifiquement, soit possible. Et, si l'union sacrée

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