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grande comme un monde, puisqu'elle contient tous nos désirs et toutes nos félicités, petite patrie où le tien et le mien sont confondus et dont les citoyens portent ce nom de tendresse : les miens; petite patrie dans laquelle on pleure quelquefois, on aime toujours et on rêve de mourir. Pour la défense des foyers, nos aïeux se sont levés, comme pour la défense des autels et ce fut là tout leur cri de guerre : ‘“ Pour les autels et pour les foyers. . Pro arts et fouis.” Le foyer : c'est la famille.
Le drapeau : une branche d'arbre avec un chiffon au bout; mais ce chiffor, aux couleurs éclatantes comme la flamme, porté au-dessus des têtes, rallie autour de lui les veux, les bras et les cœurs des citoyens, aux heures où l'on entend, à la frontière, piaffer les chevaux de l'étranger. A le regarder ictter au front des bataillons, à entendre ses plis claquer dans le vent, les enfants d'une race commune croient voir l'image sacrée de la patrie et entendre la voix des ancêtres qui crie: En avant!
“ Mourir pour la patrie,
‘C'est le sort le plus beau. le plus digne d'envie ”
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Le drapeau: c'est l'image resplendissante de cette cose sacrée, si spéculative et si réelle à la fois, pour laquelle on vit et pour laquelle on meurt. Le drapeau : c'est la patrie.
Autel. Drapeau. Fover.
Religion. Patrie. Famille,
Si de ces trois mots fascinateurs, j'en voulais garder un seul en lequel je sentirais passer toute l'âme des deux autres ; celui qr : je garderais frémit sur vos lèvres et s'apprête à éclater comme une fanfare de clairons.. Celui que je garderais, c'est : Patrie.
Et dans ces deux syllabes sacrées, je sens passer la chaleur de ma religion et de ma famille, de mon autel et de mon foyer.
La patrie n'est pas seulement la portion de terre, dont les politiques où les conquérants ont tracé les limites et sur laquelle la Providence a placé mon berceau. Les vuirlandes de canons qui ouvrent la gueule sur ma frontière, ne sont pas là uniquement pour défendre
des maisons et des champs contre l'invasion
possible d'un ennemi. La terre sacrée que
nos ancêtres ont remuée, des siècles durant,
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qui garde, dans ses entrailles, la fécondité de la sueur et du sang dont ils l'ont imprégnée, elle pousserait encore le même blé et les mêmes pampres, quand ils seraient plantés et semés par la main de l'étranger. Au-dessus des frontières géographiques, il y a d'autres frontitres idéales qui enferment des choses plus sacrées que le sol.
Il y a le corps et il y âme de la patrie.
L'âme de la patrie ! Une certaine façon de penser, de sentir, d'aimer, de jouir, de pleurer, exclusive à la race.
L'ân. : de la patrie, façonnée par une ivnoue série d'ancètres qui lui ont donné un pli traditionnel, une marque intime qui a sa répercussion au dehors dans le regard, la démarche, la parole, l'action, marque si visible que, sous l'uniformité du vêtement, nous disons d'un inconnu qui passe : c’est un Italien, un Russe, un Anglais, un étranger.
L'âme de la patrie, faite de toutes les âmes de nos pères, de tous leurs efforts, de toutes leurs peines, de tous leurs revers, de toutes leurs gloires, de toutes leurs aspirations, de
tout leur idéal.
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L'âme de la patrie, une accumulation séculaire de leurs conceptions de la vérité, de la beauté, de la poésie, de l'art, de la vie, conceptions qui diffèrent si profondément de peuple à peuple et qui les déterminent, encore plus que leurs frontitres.
Mais, plus que tous les signes, il en est ui, qui symbolise la patrie: c'est le clocher de notre pays natal: parce que, l'âme de la patrie est la religion de la patrie.
La patrie est le cimetière où nos parents dorment. La patrie est la crc!x qui protège leur tombeau. La patric est l'église où ils ont prié. La patrie est le culte qu'ils ont aimé. La patrie est l'autel de leur mariage et de leur première communion, La patrie est le Dieu qu'ils ont aimé et invoqué ensemble.
La patrie est le Credo qu'ils ont récité. La patrie est le catéchisme qu'ils ont appris et la Foi dont ils m'ont laissé l'héritage. La patrie : c'est la Religion.
C'est parce que la patrie est tout cela, et plus encore, que lorsqu’au dessus de nos têtes nous voyons flamber les couleurs nationales.
sf terres:
quelque chose de profond nous remue dans le cœur pour remonter jusqu'à nos yeux, Ces couleurs éclatantes éveillent à nos revards les images de tous les êtres qui donnent du prix à la vie, ros mères, nos foyers, nos croyances. nos gloire, notre passé et notre avenir.
Mais si l'humanité, qui est passionnée de symboles, a voulu incarner ses plus grands amours en des signes d'autant plus éloquents qu'ils sont plus simples, l'autel, le drapeau, le foyer; ces signes n'expriment pas la réalité de la même façon et leur langage diffère. Le drapeau est nn signe conventionnel auquel nous avons attaché l'idée de patrie. Le foyer est un signe parlant qui exprime en lui-même toute l'idée de famille.
e nous semble-t-il pas que l'humañité a fait une trouvaille d'un symbolisme exquis, en représentant la famille par le foyer ?
Il faut deux pierres pour faire un foyer ; il faut deux cœurs pour faire une famille.
Ces deux pierres juxtaposées ne font qu'une chose, l’âtre ; ces deux cœurs juxtaposés n'en
font qu'un seul aussi.
Ces deux pierres, si l'on veut un foyer bien bâti, doivent être prises à la même carrière, taillées sur la même mesure et ouvragées de la même façon; ces deux cœurs, ‘si l'on veut une famille harmonieuse, doivent sortir aussi, de la même carrière : façonnés par les mêmes leçons, grandis sous les mêmes exemples, qu'ils aiment les mêmes amours, qu'ils adorent le même Dieu. qu'ils regardent le même ciel et du même regard.
Ces deux pierres doivent être immobilisées dans l'âtre par un ciment très fort qui, en les unissant, leur donne une sorte de pérennité.
Ces deux cœurs doivent être joints aussi; devant les hommes et devant Dieu, par de mutuels serments dont Dieu se fait témoin et garant et par un ciment très fort qui les lie aussi pour l'éternité, la grâce du sacrement.
Enfin, ces deux pierres et ces deux cœurs, même venus de carrières diverses et d'horizons opposés, même séparés par leurs origines et leurs caractères, quand la même flamme les a léchés et colorés, quand le même amour les
a chauffés et brûlés, ils s'appareillent et on ne
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les distingue plus. Ces deux pierres ne font qu'un foyer. Ces deux cœurs ne font qu'une famille. L'amour, comme la flamme. quand il ne nous trouve pas semblables, nous fait semblables. fares iuvenit aut facit.
Le foyer est donc un signé éminemment représentatif, un symbole parlant.
Le drapeau n'a pas ce langage. Il est un signe de convention que nous nous sommes donné pour nous reconnaitre, Il est entendu que les trois couleurs signifient : France : et quand nous les voyons flamber, tout notre cœur flambe aussi, et nous sentons venir à nos cœurs, une chaleur, à nos yeux, une fierté.
Pourtant, nous pourrions en avoir d'autres, et nous en avons eu d'autres. Avec celles du présent nous aimons toutes celles du passé ; parce que toutes, à leur moment, ont symbolisé la France.
O drapeaux du passé, si beaux dans nos histoires,
Drapeaux de tous nos preux et de toutes nos £ioire:,
£ Kedoutés du fuyard, Percés, troués, criblés, sans peur et sans reproche, Vous qui dans vos lambeaux mélez le sang de Hoche
Et le sang de Bayard,
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drapeaux du passé qui ne flottez plus que dans nos souvenirs, quelles qu'aient été vos couleurs, vous m'êtes également sacrés, puisque vous racontez nos gloires.
Il reste pourtant que le drapeau est un signe conventionnel. Il y a des drapeaux que j'ignore et, il y a sans doute des hommes qui ignorent le mien.
A ceux-là, si au lieu de ler. présenter des drapeaux je leur lis, en leur montrant des statues emblémauques : “Que est isa Quelle est cette femme ?" Debout sur une carène de navire qui lui sert de piédestal, le front ceint d’une couronne murale, la main appuyée sur une ancre, des ballots de marchandises à ses pieds... ils répondront : c'est l'Angleterre.
Cette autre a pour piédestal un vieux chapiteau brisé ; à ses pieds, s'étendent des tronçons de statues antiques et ses mains tiennent une lyre, avec une palette et des pinceaux... c'est l'Italie.
Et me voilà, moi, artiste de France, mon
ébauchoir à la main, devant ma glaise impa-
L'HMPIES DES
tiente, et j'ai l'ambition d'éterniser sous les traits d'une femme cette France qui est ma patrie à moi et la seconde patrie de tout le monde. Sous quels symboles vais-je donc la représenter ? Artiste consciencieux, je ne mettrai pas la main à la pâte, avant d'avoir fait longuement poser mon modèle. Je l'étudierai, ma France, dans sa première enfance, dans son développement, dans son regard, dans ses gestes, dans tout son être.
France, qui es-tu ?
Qu'était, à son premier matin, cette nation que le Christ voulait pour son amie de cœur,
pour son apôtre, pour son soldat ?
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Nation, elle ne l'était pas encore, C'étaient des hordes barbares et guerrières errant dans le silence impénétrable des forêts, ne gardant, de ce qu: élève l'homme au-dessus de la bête.
que ces croyances primordiales et imprescriptibles que l'esprit humain n'a Jamais pu dissiper, malgré ses migrations et ses folies, la