‹ Le baptême d'une race [microforme]Chapitre 3 sur 8 · partie inaliénable du patrimoine laissé à · texte numérisé non relu

partie inaliénable du patrimoine laissé à

l'homme par son Créateur, dont les barbaries elles-mêmes n'ont pu se dépouiller et que, seules, cherchent à répudier des civilisations qui ne valent pas les barbaries : Dieu et l'âme.

Cependant, ces notions primitives de lhumanité, dans la nuit de nos bois séculaires, dans les brumes des vallées profondes, s'étaient pénétrées et obscurcies de superstitions nuaseuses. Les bardes, poètes à l'inspiration sauvage qui r, hmaient, en chantant leurs vers, les danses que les religieuses théories exécutaient autour des chènes sacrés, célébraient une immortalité, grossière métempsycose, plus voisine de l'immortalité pythagoricienne que de notre doctrine positive et lumineuse, et l'idée de Dieu que leur inculquaient les druides était un panthéisme vague, comme leurs landes, obscur, comme leurs forêts.

Sous le ciel voluptueux et limpide de la Grèce, nos aïeux eussent peut-être divinisé la force et la beauté humaines ; leurs bardes eussent été des Homères et leurs artistes des Phidias et des Praxitèles.

L'avenir a prouvé qu'ils ont pu donner les

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uns et les autres. Quand la Gaule sera la France, la France sera Athènes. Ses poètes, ses artistes, ses constructeurs de cathédrales ressusciteront la beauté morte et l'âme athénienne ; mais dans les troublants murmures de leurs étés, comme dans les bruines de leurs novembres, ce qui ébranlait ces imaginations enthousiastes et frustes, c'étaient les puissances inconnues qui brillent dans les astres, hwlent dans le vent, s'épanouissent dans les mousses, se dilatent dans les frondaisons : déités formidables et invisibles qu'ils percevaient dans les hurlements mystérie ” gubres des chênes secoués par l'orage, dans ‘:e murmure inarticulé des ondes, dans l'inquiétant silence des lacs qui se vident et s’emplissent toujours, dans les irrésistibles fécondités qui bouillonnent en la nuit du sol et montent pour éclater en les épis gontlés etles branches robustes des chênes,dans la placidité terrible des rocs inébranlables sur leurs bases, dans tout ce qui bruit et dans tout ce qui se tait en l’inconcevable nature. Toutes ces vies latentes, toutes ces énergies

fantastiques écrasaient ces âmes neuves et

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fortes qui se plaisaient à leur donner des formes raisonnables et vivantes et qui les adoraient.

Ïis adoraient des pierres, en attendant de les tailler, de les ouvrager, de les superposer pour en faire Notre-Dame de Paris. (1)

Ils adoraient des fleuves, en attendant de reconnaître en leurs mugissements la grande voix qui chante Dieu. (2)

Is adoraient des arbres, en attendant de ployer les genoux, les fronts et les cœurs devant l'arbre du Calvaire (3) ; et dans l'histoire même du grand baptiseur de cette barbarie, en plein quatrième siècle, on retrouve toute celle de ce peuple appelé à de si hauts desins.

C'était un arbre dieu que ce pin géant qui s'abattait avec fracas sur saint Martin attaché sous la chute et qu'un signe de croix du thaumaturve, raconte la légende, releva comme un vent de rafale et relança du côté opposé, et c'étaient des roches et des sources vénérées,

(1) Gen. XXVIII, 22.

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