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Autour de ce nom, s'exerceront nos lettres, notre architecture, tous nos arts naissants.
Autour de ce nom, se tisseront toutes nos légendes. Vous avez oublié peut-être que, patron du royaume et de la me archie, le nom de saint Martin fut mêlé, pendant longtemps, à toutes les prières faites pour la patrie et que, d'un bout à l'autre de ia France, les plus simples paysans savaient les litanies de saint Martin, que pendant plusieurs siècles, la France, qu'il avait pétrie, marchait au combat en l'invoquant, que sa chape d'évêque fut 1ongtemps le drapeau de la patrie. C'est ce drapeau qui flottait à Lépante et cette victoire nest pas la seule qui soit attachée à ses plis.
Dans la langue de nos campagnes, quelque chose de lui est resté attaché aux vulgaires objets dont il s'est servi. Son humble monture est devenue : maitre-martin. Sa crosse voyageuse est devenue : martin-bâton. Les baies rouges de l'aubépine, en souvenir de celle qu'il avait miraculeusement fleurie, sont devenues : les poires-martin. Il n'est pas jus-
qu'au soleil qui vient quelquefois réchaufter
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les froides journées qui avoisinent sa fête, intercalant un été tugace au milieu de notre hiver brumeux, qui n'ait gardé ce nom impérissable : l'été de la saint-Martin.
Que si je m'appesantis sur cette page de notre enfance, c'est que notre baptiseur vint concréter, en sa personne, tout le type de la race, la religion et la vaillance, Créé en vue de la France qui va naître, il réflète les traits principaux de notre caractère et de notre rôle.
Il fallait un soldat à cette nation qui devait porter l'épée de l'Eglise. Il était soldat. Nos imagiers l'ont aussi souvent représenté casqué, cuirassé et \ cheval, qu'en robe sacerdotale, avec mitre en tête et crosse en main. La postérité l'appelle, dans ses chants populaires, le soldat de Dieu, 4e//ator Domini, et nous héritâmes de son titre. L'épée « Jieu fut la nôtre. Le soldat de Dieu fut la France.
Îl fallait un nioine et un pontife à cette terre qui allait inonder la chrétienté de ses phalanges tant de séculiers que de réguliers : il fut l'un et l'autre : moine à Ligugé et à Marmoutiers, pontife sur le siège de Tours qu'il a
immortalisé.
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ET
Il fallait un missionnaire, un apôtre à cette race qui allait s'étendre sur les terres païennes, comme les grandes vagues s'étalent sur les rivages et devenir le pays de la Propagation de la Foi. Il le fut et l'histoire l'appelle : le Baptiseur de la patrie.
[1 fallait un cœur tout pétri de charité et de tendresse à ce peuple d'où Vincent de Paul devait sortir avec l'abbé de la Salle et l'abbé le Pailleur, à ce peuple qui devait se donner aux autres sans mesure et mériter Ce surnom : la nation de la charité. Il fut celui-là. Aussi les peuples ne s'y sont point mépris. Le saint Martin qui est resté vibrant dans l'âme populaire, c'est le saint Martin de la Charité.
L'image du héro ui luit au fond de nos souvenirs, c'est celui qui, d'un coup de son épée de légionnaire, taille un manteau dans sa chlamyde pour couvrir les membres nus et grelottants d'un mendiant. Le saint Martin que racontaient les aïeules, qui a inspiré les poètes, les orateurs sacrés, les sculpteurs, les peintres, celui qui vit dans l'histoire, dans la légende, dans l'âme française, c'est le saint Martin de
la Charité.
ET
Les orateurs du temps de saint Louis chantéront ce coup d'épée sur le mode entlammé de l'ode. Ils diront que, si l'épée de Roland fendait la tête d'un mécréant Jusqu'à la màchoire, que si l'épée d'Olivier tranchait tout entier par le milieu le corps d'un autre, toutes ces lames vaillantes n'ont jamais frappé un coup qui vaille le beau coup d'épée de saint Martin. (1)
Les poètes du moyen âge chanteront qu'il a dépassé le précepte évangélique qui nous demande de donner aux pauvres un vêtement, quand nous en avons deux ; saint Martin, dans un seul, réalise le miracle d'en trouver deux :
“ Ile modico contentos nos jubet esse, ‘ Nec servare duos vestes, tu dividis unam ‘ (2)
De ce manteau de la charité, la France fera une relique, un symbole et un drapeau. Le manteau de la charité sera le manteau de la France. Quelle que soit la couleur de nos étendards, soit que nous les perdions dans les batailles, soit que nous les changions pendant
1) Bibl. nat ms. lat 15181. Cité par Lecoy de la Marche
(2) Paulin de Périgueux, éd. Migne, col. 1012
sons ES re
notre marche à travers l'histoire, nous ne per
drons et ne changerons jamais le drapeau de la charité ; c'est le drapeau de la France.
: Quand cet homme meurt dans le petit vil 5 lages de Candes, la France n'est pas née et nul ne sait si elle naîtra ; mais s'il est dans Îles plans de Dieu qu'il y en ait une, cet homme sera notre ancètre et pour modeler ma statue, j'ai déjà devant moi le type séculaire du Français. C'est celui du Gaulois fortifié et agrandi, relivieux et vaillant, prêtre et soldat. Je devrai lui mettre, dans une main, l'épée, dans l'autre, la Croix.
Quand ce grand lutteur de Dieu eut achevé sa course, l'œuvre était faite, toute la Gaule était baptisée.
Alors, on entendit se rapprocher le tonnerre de l'invasion franque, le fracas des chars de vuerre, le roulement des cavaliers. Les envahisseurs passent le Rhin, passent la frontière, galopent sur le sol de la Gaule. Clovis, un Sicambre, conduit ces vagues humaines : mais une mystérieuse puissance arrête net l'enva-
hisseur devant une vasque pleine d'eau bénite,
mie
dass laquelle il va tomber et tous ses guerriers avec lui. Ils se noient dans la foi au Christ dont Martin a pénétré tout le sol national. Quand ils se relèveront, ces barbares seront des chrétiens et avec ces éléments sauvages qui devaient étouffer la France dans le germe, “le Christ qui aime les Francs” fera la nation de demain, la France.
Conçue dans une bataille compromise, à la suite d'un vœu fait “au Dieu de Clotilde Se le jour de Noël 496, la France naquit. Elle naquit dans l'eau béñnite. Qu'on s'en réjouisse Ou qu'on s'en plaigne, nul ne peut renier son passé. Elle naquit entre un homme de guerre qui s'appelait Clovis et un homme d’ Eglise qui s'appelait Remi, au Jour anniversaire de la
naissance du Christ, et ces deux circonstances fixaient les destinées du peuple nouveau-né.
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L'homme de guerre lui mit, dans une main, une épée ; l'homme d' Eglise lui plaça. dans l'autre, une croix, et le Christ qui ne à la vie de l'histoire, le même jour q' i, dit à la jeune baptisée : “Va où Je & pousse; ne lâche
jamais ni l'épée, ni la croix et ne te sers de
A nee ci eo eg es A