LES PLAINES DE VOCLADA
Les Goths étaient sous les armes.
Le roi Aiaric debout sur une éminence et campé fièrement sur son cheval de bataille, s'écria :
— Soldats et compagnons, vos pères ont vaincu les Romains; ce ne sera pour vous, aujourd'hui, quun jeu d'enfant de mettre en fuite un ramassis de Francs venus non pour combattre mais pour piller. La victoire vous est assurée d'avance!
Ghiodovigh, de son côté, confiant dans la protection du Christ, se multipliait sur le front de ses troupes, distribuant les postes de combat, faisant l'éloge des plus vaillants, les exhortant à ne pas oublier leur glorieux passé et invitant les plus jeunes à marcher courageusement sur la trace illustre de leurs aînés.
— Surtout, leur dit-il, évitez de vous laisser emporter par une trop bouillante ardeur, attendez le commandement pour marcher contre l'ennemi et n'oubliez pas, dans la mêlée, de vous servir du glaive.
(1) VouiJlé, dans la campagoe de Poitiers.