‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 3 sur 288 · IV NOTICE · texte numérisé non relu

IV NOTICE

aux Comédiens français et qui fut reçue avec transport, selon V expression de Gudin, le 3 janvier ijjj* Prête à être jouée le mois suivant, elle fut retardée par V aventure qui mena V auteur au For-l' Evêque , après sa lutte avec le fantasque duc de Ch aulnes. Beaumarchais mis en liberté, la pièce allait enfin voir le jour, lorsque survint le procès Goè'çmau, et l'interdiction de la comédie ; autant de retards qui reculèrent la première représentation et la retardèrent jusqu'au mois de février 17*75* La célébrité de V auteur, ses procès scandaleux et les luttes qu'il avait soutenues avec une énergie admirée de tous, attirèrent la foule dans la salle de la comédie. Mais tous ceux qui étaient présents n'avaient pas, il s'en faut beaucoup, les mêmes intentions. Bien avant le lever du rideau, les sifflets et les huées se fii eut entendre : dans le cours de la soirée, aux passages les plus légitimement applaudis , les protestations s'élevèrent avec une malveillance et un parti pris évidents. Les cabaleurs, et peut-être les amis du comte de La Blache, étaient venus dans l'espoir d'infliger à Beaumarchais un nouvel et irréparable échec. Ils ne réussirent pas et en furent pour leurs vaines tentatives. Après avoir mis sou Barbier eu quatre actes et après V avoir lu ainsi aux Comédiens français, l'auteur V avait remanié et y avait même ajouté un acte nouveau. C'est sous la forme d'une comédie en cinq actes qu'il fut donné le 23 février 1775, et accueilli avec des marques diverses de satisfaction et dHmprobation purement de parti pris. Après cette soirée houleuse, Beaumarchais eut le bon esprit de remanier sou ouvrage on pro-

fitant des effets qu'il avait produits a la première représentation et de le réduire à ee qu'il était tout d1 abord, c'est-à-dire à quatre actes. La seconde représentation eut,

dimanche 26 février 1JJ5) un succès éclatant, non contesté et cette fois décisif Ce jour de repos avait amené selon l'usage, au théâtre, un public essentiellement populaire, qui aimait Beaumarchais et qui était alors comme aujourd'hui trop disposé a prendre le parti de ceux qui luttent contre le pouvoir. Ce bon public, c'est le terme usité, sut à merveille saisir les meilleures parties de l'ouvrage, les applaudir, et il se laissa charmer par cette comédie si pleine d'entrain et d'esprit. Préville, qui était très lié avec l'horloger Car on, jouait Figaro ; il a pour ainsi dire établi ce rôle. Bellecourt créa celui d'Almaviva et Desessarts celui de Bartholo. Auger faisait Basile, tandis que la charmante et toute gracieuse Doligny jouait Rosine.

« Les contemporains n'accueillirent pas la pièce avec indulgence; seul le Mercure de France daignait convenir, dans son numéro de mars et d'avril IJJ5, que les retranchements faits par l'auteur assuraient le succès. Bonnes ou malveillantes, les critiques nJont pas empêché la comédie de Beaumarchais de survivre au temps et d'être un des plus précieux joyaux du magnifique répertoire de notre scène française. La pièce a été jouée à toutes les époques, traduite dans beaucoup de langues et elle se jouera toujours. »

Le Mariage de Figaro, terminé en iyj8, ne fut lu aux Comédiens français que le 29 septembre 1781, mais la censure en défendit la représentation et V impression.

Cette comédie qui, selon l'expression de Louis XV 7, « équivalait a la chute de la Bastille », fit alors le tour des salons à la mode. Chacun voulut en entendre la lecture. Elle avait un succès énorme.

Ce ne fut qu'en 1784, que le roi en autorisa la représentation, après de nombreuses coupure*. Le public accueillit la pièce avec enthousiasme et transport.

La cinquantième représentation fut donnée au bénéfice des « mères nourrices ».

« Au milieu des continuelle* polémiques qu'il était obligé de soutenir, dit M. de Marescot, et il le faisait avec une fermeté qui ne se démentit jamais, Beaumarchais , violemment attaqué par Suard dans le Journal de Paris, eut l'imprudence de riposter par une réponse qui allait lui coûter la liberté. A bout de patience, il écrivit, le ,2 mars 1785, aux auteurs du journal en question, une lettre pleine de dignité et d'esprit, mais dans laquelle malheureusement se glissa cette phrase imprudente et qui fut avec petfidie retournée contre lui : « Quand fai dû vaincre lions et ti- « grès pour faire jouer ma comédie, pensez-vous, après son « succès, me réduire ainsi quhme servante hollandaise a « battre l'osier tous les matins sur l'insecte vil de la nuit} » Une voix s'éleva aussitôt, celle de Suard, qui déclara, ne voulant pas se reconnaître dans ces lignes, que par lions et tigres, Beaumarchais avait désigné le roi et la reine de France, calomnie qui était destinée à paraître vraisemblable à un prince des plus débonnaires. La lettre de Beaumarchais devait lui coûter cher. Dans la^soirée dit mardi 8 mars, le

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