‹ Le barbier de Seville, Le mariage de Figaro, La mire coupable;Chapitre 9 sur 288 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Fil donc c'est plat. Ce n'est pas ça... I] me faut une opposition, une antithèse :

Si l'une est ma maîtresse.

L'autre...

Eh parbleu ! j'y suis.

L'autre est mon serviteur.

Fort bien, Figaro!,.. (Il écrit enchantant.,

Le vin et la paresse Se partagent mon cœur; Si l'une est ma maîtresse, L'autre est mon serviteur, L'autre est mon serviteur, L'autre est mon serviteur.

Hem! hem! quand il y aura des accompagnements làdessous, nous verrons encore, Messieurs de la cabale, si je ne sais ce que je dis... (il aperçoit le comte.) J'ai vu cet abbé-là quelque part, (il se relève.)

LE COMTE, à part.

Cet homme ne m'est pas inconnu.

FIGARO

Eh ! non, ce n'est pas un abbé ! cet air altier et noble...

LE COMTE

Cette tournure grotesque...

FIGARO

Je ne me trompe point ; c'est le comte Almaviva.

LE COMTE

Je crois que c'est ce coquin de Figaro.

FIGARO

C'est lui-même, Monseigneur.

LE COMTE

Maraud ! si tu dis un mot...

FIGARO

Oui, je vous reconnais; voilà les bontés familières dont vous m" avez toujours honoré.

Je ne te reconnaissais pas, moi. Te voilà si gros et si gras...

FIGARO

Que voulez- vous, Monseigneur, c'est la misère.

LE COMTE

Pauvre petit ! Mais que fais-tu à Séville ? Je t'avais autrefois recommandé dans les bureaux pour un emploi.

FIGARO

Je l'ai obtenu, Monseigneur, et ma reconnaissance...

LE COMTE

Appelle-moi Lindor. Ne vois-tu pas à mon déguisement que je veux être inconnu ?

FIGARO

Je me retire.

LE COMTE

Au contraire. J'attends ici quelque chose; et deux hommes qui jasent sont moins suspects qu'un seul qui se promène. Ayons l'air de jaser. Eh bien ! cet emploi ?

FIGARO

Le ministre, ayant eu égard à la recommandation de Votre Excellence, me fit nommer sur-le-champ garçon apothicaire.

Dans les hôpitaux de l'armée ?

FIGARO

Non ; dans les haras d'Andalousie.

LE COMTE, riant.

Beau début !

FIGARO

Le poste n'était pas mauvais ; parce qu'ayant le district des pansements et des drogues, je vendais souvent aux hommes de bonnes médecines de cheval...

LE COMTE

Qui tuaient les sujets du roi !

FIGARO

Ah ! ah ! il n'y a point de remède universel : mais qui n'ont pas laissé de guérir quelquefois des Galiciens, des Catalans, des Auvergnats.

LE COMTE

Pourquoi donc l'as-tu quitté ?

FIGARO

Quitté ? C'est bien lui-même ; on m'a desservi auprès des puissances.

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