‹ Le baron américainChapitre 23 sur 36 · I.E BÀRO !N · texte numérisé non relu

I.E BÀRO !N

cheveux dorés s'échappant en boucles I du ru-

ban qui n'osait les retenir.

Le chérubin!

Minnie était prisonnière ; elle l'appelait sans doute Mais pourquoi l'Italien, amoureux de madame Dacres avait-il enlevé cette enfant ? Ce brigand avait-il besoin a un harem ? Ou la perfide madame Dacres avait-elle donné le prétexte de l'enlèvement de Minnie à la s tistaction de son horrible caprice?

— Ah! si Hawbury était là! soupira Scone Da. il m aiderait à réfléchir ; j'ai peur de penser.

Le malheureux, sans le savoir, n'avait peur que du conflit qu'il sentait dans son cœur, de la faibles plutôt qui 1 entraînait à aimer, quand même, la en ture tantasque et décevante qui l'avait si cruellement torturé dans le passé, et à laquelle il apportait naïvement son cœur, pour des tortures nouveli

Minnie quitta la fenêtre. Madame WilJougbv vint s y appuyer; elle posa sa main contre le "mur et posa sa tète le long de sa main en levant les veux au ciel.

On la voyait dans toute la grâce de sa pose, dans toute sa beauté. Scone Dacres poussa un rugissement d abord. Il voulut maudire, blasphémer: mais une fascination plus forte que sa colère, que ses derniers soupçons, le fit tomber en extase devant cette statue lointaine qui semblait placée entre ciel et terre poulie défier de s'élever moralement jusqu'à elle.

Oui, c'était elle, jeune, charmante, touchante, avant recommencé le printemps de sa vie et abordant' 1 premiers rayons de l'été. Il ne voyait pas les larmes qui roulaient dans ses yeux, mais il en avait comme 1 intuition. Quand elle eut fini son invocation au ciel, son appel muet, elle laissa tomber ses regards inqir terrifiés, devant elle, et elle joignit les mains en trahissant visiblement une ang ss profonde.

— Ah ! démon : ah : cher murmurait Daci

Est-ce du secours que tu appelles'? est-ce un ^ vengeur nue tu crains? Pourquoi es-tu s. inquiète? Est-ce moi, ï£ce lui que tu attends"? Si c'est moi, me voua, j ac-

°Tsè leva, il allait s'élancer; mais son attention fut tout à coup détournée de la fenêtre, et attirée vers la erre par le regard même qu'il observait de loin. Girasole s'approchait de la maison. Dacres chercha

"VtZè Italien était donc réellement attendu ; il arrlvaïdu côté où les brigands avaient installe leur bivouac, un peu plus loin, auprès du »»ra..

Il marchait vite. Evidemment, ù se hâtait ïeis nuelaue but exécrable, infernal.

Dacies sentit commencer en lui une véritable agonie La pensée que ce bandit se dirigeait vers la maison où tarit sa femme lui mettait dans le cœur nulle ouleuvres ; il eut du sang aux lèvres, et cru qu i venait d'en boire : c'étaient ses lèvres qu menait de mordre, de déchirer, et qui saignaient. Il eut 1 dee r courir, de se ruer sur Girasole, de le tuer et de mourir ensuite sous les yeux de sa temme.

Mais les brigands étaient nombreux. Il* pou vaS sauver, préserver leur chef et le faire pionnier lui, ce qui eût été absurde et ridicule.

Non 1 valait mieux attendre. L'occasion allait venir se trouveraient face à face. H était imposable à 'il n'en fût pas ainsi; Dacres parvint à se contenir. qUGvasole entrait dans la maison. Dacresfut suffoque. Il tomba comme Othello, et se roula a terre. Mas Lo n'était pas là pour prolonger sa torture; il sortit en vite de ce spasme extravagant, et regarda de no^eaï. La maison ne racontait *****££ et les fenêtres ouvertes de ce qui se disai a 1 «teneur. Propos d'amour ou menaces de mort, rien ne s emoa Ppar toutes ces issues; et l'on ne voyait appamt» personne dans l'encadrement des portes et des fene-

très. Le temps passait, les minutes tombaient comme des gouttes de plomb fondu sur le cœur de Scone Dacres. Girasole ne sortait pas.

Le soleil baissait; Dacres était épuisé par les efforts de la lutte et de la fuite. Il n'avait pas pris, depuis le matin, la plus légère nourriture; mais que lui importait tout cela?

Il fallait agir.

La maison était sur une pente, c'est-à-dire qu& sa plus grande hauteur était du côté du lac. Par derrière, elle était à demi enterrée, et, du coteau qui la dominait brusquement, il pouvait sembler facile de sauter jusqu'à une fenêtre.

Dacres comprit cela et se décida à tenter l'assaut.

Il était fort, il était grand; son ennemi était dans la maison. L'heure était venue : pourquoi hésiter?

Il attendit cependant l'obscurité complète. Il eut le courage de rester une heure immobile. La maison ne semblait renfermer qu'une seule lampe, dont on apercevait la lueur par les fenêtres. Les brigands s'endormaient ; le silence descendait et s'imposait, terrassant les passions mauvaises.

Dacres se leva alors, ou plutôt rampant, se courbant à demi, il traversa le court espace qui le séparait de la maison. Devant lui était la fenêtre de l'étage inférieur, au-dessus de lui était la fenêtre du premier étage.

Il se dressa et tenta d'atteindre le rebord de la fenêtre. C'était possible, grâce, je l'ai dit, au petit monticule de terre auquel la maison était adossée.

Dacres plaça son long couteau entre ses dents, se souleva en s'accrochant aux pierres en saillie qui sortaient de l'édifice; il saisit la corniche de ses deux mains, et, par un effort énergique, enleva son corps; puis, passant un bras et une jambe à l'intérieur, il se disposa à entrer.

Au même moment, une clameur furieuse éclata de

toutes parts. Les brigands étaient debout et avaient tout vu.

Dacres, n'écoutant que son courage, bondit au milieu deux, et de son couteau se mit à frapper. Hélas! ils étaient trop nombreux. Un instant après, Dacres gisait sur le sol, les membres solidement attachés.

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