Tome XIX, p. 4î9. Tome XX, p
2. Sur une petite plaque circulaire à jour, représentant V Annonciation^ voy. la Gazelle des Beaux-^Arls, V période, septembre 4 b78, p. 290. Cette pièce est donnée comme appartenant à Tart espagnol.
de tablettes à écrire que recommandent à Tattention les sujets dont ils sont décorés. On y a représenté des scènes de la vie de château au XIV® siècle, — traits de mœurs pris sur le vif, — on pourrait dire, un tableau de genre de la société du moyen âge. Des dames et des jeunes gens jouent à la main chaude et à la morra (?). En dehors des boites
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(École véDitienne du xvi« liècle. — Grandeur Daturelle.)
de miroirs et de quelques coffrets dont les histoires sont empruntées à la littérature de l'époque, les ivoires gothiques à sujets profanes ne sont pas communs. Ceux dont nous parlons ont de plus le mérite d'être excellents. A citer encore deux ivoires ou os italiens. L'un est un fragment de la volute d'une crosse d'évêque ou d'abbé. Ce fragment représente une feuille ou une branche de feuillage au sein de laquelle s'épanouit un personnage en guise de fleur. Les monuments similaires du xiv® et du xv* siècle, comme ceux du musée de Volterre et du trésor de Sienne, nous font
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comprendre ce qu'était ce morceau. Le second os^ de travail assez soigné, est un veneur partant pour la chasse et tenant un cor. Ce dernier fragment a dû être détaché de quelqu'un de ces coffrets de Tarsia dont la forme est bien connue et dont la décoration principale, consistant en bas-reliefs d'ivoire, est quelquefois satisfaisante, quoique, dans un trop grand nombre de cas, ces ustensiles ne soient que des œuvres de pacotille. Nous n'oublierons pas non plus une petite Vierge assise, de la fin du xiii® siècle ou du commencement du xiv*, portant encore des traces de la peinture qui la recouvrait, et nous nous arrêterons sur les deux pièces capitales de la série.
J.a Madone allaitant F enfant Jésus est une œuvre remarquable du XIV* siècle, que ses dimensions extraordinaires et le beau caractère de son exécution placent au premier rang des produits de la sculpture en ivoire du moyen âge. Elle est à rapprocher de plusieurs grandes Vierges du Louvre et soutient sans faiblir la confrontation. Quant à la Vierge assise et lisant pendant que V enfant Jésus joue avec un oiseau^ c'est une figure absolument charmante. En l'absence de tout terme de comparaison, elle vient poser un problème dont la solution n'est pas aisée. La pièce a été trouvée en Espagne, à Valence. Mais à quel art appartientelle ? La grâce maniérée de la tête de la Vierge, l'arrangement de la coiffure, les petits anges de la base font tout d'abord penser à l'école italienne, et, dans l'école italienne, à l'école lombarde ; le modelé délicat et précieux de la tête rappelle en effet le sentiment des peintures milanaises du commencement du xvi* siècle. Mais la tête trop peu idéale de l'enfant Jésus n'est guère de style purement italien et les plis sont, tout au contraire, iaspirés par la manière d'une autre école, celle de Bourgogne, c'est-à-dire par l'école flamande avec addition d'un certain caractère d'ampleur dans le jet des figures et de lourdeur dans le mouvement de la draperie. L'école française des bords de la Loire, dont les attaches bourguignonnes par Michel Colomb sont assez visibles, avait adopté aussi ce système de plis. La tête de la Vierge cependant n'a pas assez de naïveté et de simplicité pour être donnée sans difficultés à l'école fl'ançaise. Le contact momentané des arts de la France, de la Bourgogne et de l'Italie a produit à R'ou, au commencement du xvi* siècle, des résultats qui sont connus et qui ne sont pas sans analogie avec l'œuvre examinée en ce moment. L'art espagnol lui-même, pour épuiser la série des hypothèses à formuler, doit-il entrer, comme un coefficient appréciable, dans un alliage, j'oserais dire dans un amalgame aussi difficile à analyser ? La proposition ne serait pas à priori invraisemblable , puisque l'école espagnole de sculpture, pendant toute la période de la Renaissance, a été pénétrée par
Lk COLLECTION DAVILLIER.
l'influence de l'école flamande et que, notoirement déjà, au xv« siècle, en 1444, c'est un Espagnol, Jean de la Vuerta, natif de Daroca, petite cité
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(Ivoire du xr?« siècle.)
du royaume d'Aragon, qui sculptait à Dijon le tombeau de Jean sans Peur. Quoi qu'il en soit, dans l'état actuel de la question, toute hypothèse qui tenterait de trop restreindre le champ des attributions serait téméraire ;
mais on aurait beaucoup de chances de se rapprocher de la vérité en supposant que la Vierge d'ivoire rapportée de Valence est l'œuvre de quelque artiste flamand, bourguignon, peut-être même à la rigueur espagnol, très influencé par l'école italienne et surtout pai- l'école de peinture de Milan de la fin du xv* siècle ou des vingt-cinq premières années du xvi*.
A la classe des ivoires se rattachent les objets*taillés dans la corne de cerf et la nacre de perle. La Gazette des BeauX'Arts9iAè]k entretenu ses lecteurs de deux amorçoirs ou poudrières delà collection Davillier. L'une est décorée d'une figure de Vénus accompagnée de l'Amour*. Le sujet qu'on voit sur la seconde est Samson terrassant un lion •. Citons encore un charmant petit bas-relief du xv* siècle, représentant une Annonciation sculptée dans la nacre de perle.
Fer. — Les maltresses pièces de cette série sont d'abord une belle rondache repoussée et rehaussée de damasquine d'or, travail italien du XVI® siècle, trouvé à Valence, en Espagne, orné au centre d'un sujet représentant Vénus, Adonis et l'Amour, puis l'admirable grille •, de travail espagnol etde la seconde moitié du xv" siècle, placée devant la cheminée monumentale de la galerie.
Orfèvrerie et buoux. — Nous mentionnons plusieurs ostensoirs italiens du XV* siècle en bronze doré, quelques couronnes de madones et de beaux fragments de travaux de fonte et de ciselure de la même époque ; une jolie suite de figurines en vermeil et en bronze doré du moyen âge et de la Renaissance ; une précieuse collection de bagues depuis l'antiquité jusqu'au xvi® siècle; plusieurs nielles sur argent du xv'. Il faut insister siu- quelques pièces. On sait l'emploi que la Renaissance fit de certaines perles énormes et de forme bizarre que la joaillerie courante ne pouvait utiliser. Elles servirent à composer des pendeloques, bijoux dans lesquels on s'efTorçait de concilier la disposition de la perle baroque avec les formes d'un objet quelconque, d'un homme monstrueux ou d'un animal que l'orfèvrerie émaillée se chargeait de compléter. Il est résulté quelques petits prodiges de ces combinaisons imaginées par les incomparables artistes du XVI* siècle. Le baron Davillier avait recueilli plusieurs spécimens de ces pendeloques ; l'un d'eux est un triton barbu, et le plus beau de tous est un dragon d'or émaillé, d'une tournure superbe et d'une grande finesse*.
4. Gazelle des Beaux-Arts^ t. XVIIÎ, 2* période, septembre 1878, p. 294.
2. Gazelle des Deaux-Arls, t. X, 2® période, août 4874, p. 437. Le pulverin portant le sujet de Samson est gravé dans la Notice sur le baron Davillier, par M. Eudel, p. 38.