SCENE III
LÉONOR, PASCALE, D. JUAN , SCANARELLE. D. Juan.
's^uE de joie! Ah! ma belle.
Vous voilà ? je tremblois que, par quelque cmbanas , Vous ne pussiez sortir.
Oh ! point,.. Mais n'est-ce pas Monsieur le Médecin que je vois-là ?
lui-même, 11 a pris cet habit ; mais c'est par stratagème , Pour certain langoureux chez qui je l'ai mené , Conti'e les Médecins de tout tcius déchaîné : Il n'en veut voir aucun ; et Monsieur, sans rien dire , A reconnu son mal dont il ne fait que rire. Certaine herbe déjà l'a fort diminué.
Ma tante a pris sa poudre,
Sganarei. LE, cjnvement.
A c-clle dternuéî
Je ne sais, car soudain, sans vouloir voir personne , Illc s'est mise au lit.
Sganareli. E.
La chaleur est fort bonne Pour ces sortes de maux.
Oh ! je crois bien cela.
D. J UA N
Et qui donc avec vous nous amcnex-vous là î L É o N o R.
C'est ma nourrice. Ah ! si vous saviez , elle m'aime,.,
Vous avcï. fort bien fait , et ina joie est extrême
Que quand je vous dpouse elle soit caution...
Pascale.
Vous faites-là. Monsieur, une bonne action.
Pour entrer au couvent la pauvre créature
Tous les jouis de souflcts avoir pleine mesure j
C'ctoit pitié !
Bientôt, Dieu merci, la voilà
Exempte, en m'cpousant , de tous ces chagrins-là,
Monsieur...
D. Juan.
C'est âmes yeux la plus aimable fille... Pascale.
Jamais vous n'en pouviez prendre une plus genriilc , Qui vous pût mieux... Enfin , traitez la doucement. Vous en aurez , Monsieur , bien du contentement.
L ij
Je le crois... Mais allons , sans tarder davantage , Dresser tout ce qu'il faut pour notie mariage: Je veux le faire en forme et qu'il n'y manque rien.
Eh; vous n'y perdrez pas : ma fille a de bon bien ; Quand son pcrc mourut , il avoit des pistoics Plus gros...
Ne perdons point le tems à des paroles. ( A Leo:ior. ) Allons, vcnei., ma belle... Ah 1 que j'ai de bonheur I Vous allez être à moi.
Ce m'est beaucoup d'honneur.
SCAMAR£LLE,i(iJ^ a Pascjle.
I! cherche à la duper ; gardez qu'il ne l'cmnicne.
C'est un fourbe.
Pascals.
Comment ?
SCANARELLE, has.
A plus d'une dou7ainc.., [JJimt , se voyant ohservé par D. Juan.) Ahl l'honnctcl-.ommel Allez votre fille aujourd'hui Auroit eu beau chercher pour trouver mieux que lui. Il a de l'aniitid... Croyez mol qu'une femme Sera li bien... Et puis il la fera grand'dame.
D. J u A N , a Léonor.
Kc nous arrêtons point , ma belle , j'aurois peur Que quelqu'un ne survînt.
COMEDIE. lïj
5 GANARELLE , b.is , M Pascale.
C'est le plus grand tioinpeur...
l'AscALE, à D. Juan.
Où donc nous menez-vous i
Tout droit chez un notaire.
Pascale. Non , Monsieur, dans le bouri^ ilseroit nécessaire D'aller chez sa cousine, atin qu'étant tcinoin De votre foi donnée...
D. Juan.
Il n'en est pas besoin.
Monsieur le Mc'dccin et vous, devez sufHie.
LÉoNOR, a Pascale, Sommes-nous pas d'accord i
I! ne faut plus qu'écrire.
Quand ils auront signé tous deux avecquc nous Que je vous prends pour femme, etvous, moi pour époux, C'est comme si...
Pascale.
Non , non , sa cousine y doit être.
SGANARlLLE,ij/, à Pascale.
Tort bien !
Quelque amitié qu'elle m'ait fait paroîtrc. Si chez elle il n'est pas nécessaire d'aller , Ne disons rien , peut-être elle voudroit parler.
D. Juan.
Oui , quand on veut tenir une affaire secrette Moins on a de témoins plus U chose est bien fai^c.
i2<; LE FESTIN DE PIERRE,
Mon Dieu! tout comme ailleurs chci clic, sans éclat , Les notaiies du bourg dresseront le contrat.
Scan a.relle , haut , à Pascale.
Pourquoi vous défier ? Monsieur a-t-il la mine
( Bas. ) D'être fourbe ? Voyez. . . Ferme ! chex la cousine.
D. J U A N, à Léonor , VemmeKant.
Au hasard de l'entendre enfin nous quereller. Avançons.
P A s c A L P. , arrêtant Léonor.
Ce n'est po'.nt par-là qu'il faut aller. Vous n'êtes pas encore où vous pensez , beau sire !
D. J u A N , o Léonor.
Doublons le pas ensemble ; il faut la laisser dire.