SCENE V
LA TANTE, ORONTî.
ivJlA présence vous choque, et je vais....
La Tante.
Demeurez.
Madame, ic regret d'avoir pu vous ddplaire.,..
La Tante.
J'aurois quelque sujet d'eue assez en colère.
Vous l'avei, je l'avoue ; aussi je vous promets
4'î LE BARON D'ALBIKRAC,
Que de moi sut ce point vous n'en auicz jamais. Je sais trop pour l'amour jusqu'où va votre haine.
La Tante, l'our le moins jusqu'ici je l'ai vaincu sans peine.
Tout le monde en convient , et c'est être indiscret
D'avoir à votre nièce expliqué mon secret ;
Mais que ne fait-on point quand un mal est extrême ?
La Tante.
Et pourquoi ne vous pas adresser à moi-même ?
A vous-même, Madame? Hélas! et de quel air? Non, je mourrois plutôt que de vous en parler. Mais , si vous faites graca à l'ardeur de mon zèle > Souffrez que quel ]iiefois j'en soupire avec elle. C'est tout ce que je veux pour prix d'un si beau feu.
La Tante.
Il me paroît trop beau pour obtenir si peu. Pour prix de votre amour , si sa flamme est constants, Il vaut mieux que j'en sois l.i seule confidente. A ma nicce sur-tout n'en témoignez plus rien ; Dans un si jeune esprit un secret n'est pas bien.
Quoi ! pour me soulager vous pourriez vous contrai id; : A souffrir ce qu'ailleurs on vous voit le plus craindre .' Vous que l'amour offense , et dont l'aversion Vient de paroître er.cor pour cette passion, Vous, qui loin d'excuser l'innocente psintuic Dont..,.
11 faut quelquefois garder quelque mesure , Et devant une fille il est bon de blâmer Ce qui leur peut apprendre à se laisser aimer. Ce sont tendres esprits qui sans leçon , ni maître Ne savent que trop tôt d'où ce penchant peut naître ; Et pour rendre l'amour à leur goût moins charmant , On leur en fait un monstre , et l'on pense autremenc. Ce n'est pas qu'il ne toit des douceurs au veuvage Qui valent quelquefois celles du mariage: Vivre comme on l'entend , ne rdpondre qu'à soi....
Ah ! n'apprchendex point de les perdre pour moi.
Vous me donnez, l'exemple , et je dois , sans m'en plaindre,
Çuand vous vous contraignes , apprendre à me contraindre ,
Sur moi-même à mon tour prendre assez de pouvoir,,,
La Tante.
Je ne dis pas cela pour me faire valoir ; Au contraire, je veux....
ANGÉLIQUE, LA TANTE, O R ON T S. Angélique, à sa tante.
Y oici qu'on vous apporte De CCS petits tableaux..,.
O R o N T E , à part.
Bon.
AngÉlic^ue, à sa tante.
L'homme est k la porte.
Le ferai je entrer?
Non, qu'il revienne.... Est-ce fait ?
L'dtourdie ! est-il tems....
Oronte^ à la tantf.
C'est pour un cabinet î Voyons-les.
ANGÉLIQUE
Il en a des plus jolis du monde.
La Tante.
( A Oronie. ) Quelle stnpidcl Encor?... L'espoir où je me fonds. C'est que me connoissant....
Angélique, à sa tante , en revenant sur ses pas. S'il les vouloir laisser ?
Il peut les vendre ailleurs.
La Tante.
La Tante.
11 s'en faudra p?sser:
Çu'il les vende , ce soin vous rend ofHcieusc i
Si....
O R o N T E , à part.
Le fiiand ragoût qu'une vieille amoureuse! ( Angélique sort. )