PHILIPIV , LA TANTE , ORONTE , LISETTE
PhILIPIN, à Oronte.
IvJl oNsisuR, verre Avocat vient d'envoyer cheivous: Il dit qu'on se prépare à vuidet votre affaire.
O R o NT E.
Laisse-moi , son succès ne m'inquiète guère , l'ai bien d'autres soucis.
La Tante.
Dites donc ce que c'est.
Oronte.
Je sais qu'en mon destin vous prenez intérêt; Mais, de grâce: épargnez à l'ennui qui me presse Ce qu'à taire toujours ma gloire s'intdresse. II suffit que le Ciel, de mon bonheur jaloux. Ne veut pas consentir que je sois votre époux.
La Tante.
Non, non , c'est trop vouloir m'éblouir de vos ruses : Sur les ordres du Ciel ne cherchez point d'excuses; tt, sans tant de détours , pour fuir ce mauvais pas. Avouez franchement que vous ne m'aimez pas.
Je ne tous aime pas .' Que dites-vous. Madame ? Philipin vous dira ce qu'il sait de ma flamme. Combien m'a-t-il oui , tant de nuit que de jour , Me plaindre en vous nommant , et soupirer d'amour? Il a voulu cent fois en avertir Lisette.
Philipin, i la tante.
Votre nom prononcé , notre nuit étoit faite. Mille doux souvenirs, pour le mieux embraser, Lui peignoient . . .
La Tante.
Pourquoi donc ne me pas épouser î
Par un sort si cruel qu'à peine j'en respire.
LA Tante.
Mais enfin quel est-il ?
Je ne puis tous le dire.
La Tante.
Vous ne le pouvez ?
Non.
La Tante.
Ce sont là ces beaux feux?
De grâce
ORONTl,iay,à Philipin.
Ah ; Philipin , secours-moi, si tu peux. Suppose, invente, ments.
P H 1 1. I F I N , las, à Oronie.
Moi, Monsieur» quedirai-je?
w,tf LE BARON D'ALBIKRAC,
La Tante, à Oronte.
Si bien que !e silence est votre privilège ? Il vous faut bonnement croire sur votre foi.
Oronte, Madame, . . .
La Tante.
Adieu , Monsieur , vous vcus moqueï de moi. Vos secrets sont à vous , et je vous en tiens quitte i Mais je vous prie aussi , plus aucune visite.
Oronte.
Ah ! Dieux !
La Tante,
Jamais de vous je n'en veux recevoir.
Oronte.
Quoi ! vous me priveriei pour toujours de vous voir ? Il faut donc que je meure ; est-ce là votre envie?
La Tante.
Kon , je veux seulement . . .
Oronte.
II y va de ma vie.
La Tante.
Vous ouvrant avec moi vous ne hasardez rien. Je vous aime.
Oronte.
Il est vrai , je le connois trop bien ; Mais il m'est si honteux que vous sachiez l'affaire,
L a T a NT E.
Honteux ou non , enfin, ce choix seul est à faire. 11 fout me dire tout, ou ne me voit jamais.
Oronte.
Or O NT E.
Pâtlcî' donc à ï-candre , il sait tous mes secrets. S'il se tait , s'il craint trop pour un ami qu'il aime • Je pourrai m'enhardir à m'expliquer moi-même , J'en chercherai la voie , et sors pour y rêver. PHiLiPiNjà part.
la fourbe est commencc'e , il la faut achever.
( Oronte s'en va. )