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tchèquer dans mes procédés j je vous en demande pardon*
— Apràs cela , îl ne m^est plus permis de conserverie moindre reseentimenr.
— Eh bien ! roilàiin bon monvement; mais ce n^esl pas encore assez, il me faut voire amitié.
-^ Vmis Tarez , Madame , et sans réserve.
— * Je ne vous la surprends pas , car vous vous doutez bien qu^en vous la demandant , je vais la mettre a Fépreuve. Promettez-moi donc , mon ami , tandis que je tiens votre main , de regarder y dès ce jour , Suzanne comme ma propre fille , et de renoncer à toutes vos vues sur elle avant quVlle soit mariée. Gesi là mon but, à moi , j^y travaillé déjà , an miKeu de tous les bruits et de toutes les disputes qu^on élève autour d^elle, et j^ai besoin d^ arriver, pour ma décharge, et plus tèt que plus tard. C^est aussi le seul mojen d?a8SOupir honnêtement un éclat qui nuit beaucoup à la maison de mon fils. Vous ne vou** driez pas faire manquer ma combinaison , en compliquant ^ de propos délibéré , toutes les
dftftieidltés que je vnis rencontrer. Ë.t puis , tine jeune fille si pure y si intéressante ! Oh ! non , vous ne voudrez pas la souiller ^ la rendre malheureuse , n^est<^e pas ? Vous êtes bien corrompu y mais je vous crois encore une ame généreuse et quelques hodnes qualités.
— Oui, MjAd^me , j^ai des qualités ^ qui ue trompent jaMiais qeuji^ qui s^y fient.
— Et qui trompent toujours ceux qui ne s^y fient pas. Je vous comprends , maïs je suis en règle y c^es4^à-dire que j^ai eu vous la plus en* tière confiance. Tenez % voulez-rvoua que je vous embrasse?
--• Comtnent donc , si je le veux !
£t ils s^emhrassèrent siur les deux joues avec une effusion , qui » pour urètre pas aussi réelle d^une part que de Tautre 9 U^en eût pas semblé n^oins touchante*
— Bon 1 dit madame d^Aine.Eh bieui toute vieille qu^on soit, ces ehoses-là font toujours plaisir.
— Ab ! dit en lui-»mémé le chevalier, il £aut que ce plaisir-la me soit payé.
•'^ Ainsi , reprit-ell€ , vous me donnez votre parole d^honneur.
-^Je vous la donne, Madame ; mais , ajoulat*il <en soupirant , je ne vous dis pas quMI ne mVn coûte rien.
— Les promesses qu^on fait le plus difficile* ment sont <;eUes qu^on tient le mieux !
— Vous venez de m^apprendre que j^aime Suzanne.
— Vous en aurez plus de mérite. Gènezvous y mon ami , génez-vous , vous vous en trouverez bien. Un peu de vertu pour assaisonner vos vices.
— - Sans la confiance que vous venez de me témoigner, Je ne sais pas où cette passion m^aurait conduit; peut-être à quelque extravagance , à quelque horreur.
— Ajournez tout cela. Hélas! mon Dieu, le terme sera bien a^sez tôt venu de ce pacte que je fais avec le diable.
— Mais aussi vous avez Favantage d^avoir le diable k vos ordres. Où ni^ordonnez-vous d^aller ?
— Où vous voudrez; mais reprenez Phabitude de venir nous voir souvent. Je veux que vous paraissiez plus que jamais Tami de la mai^ son, car il est convenable que Suzanne croie que c^est en cette qualité seule *que vous avez pris fait et cause pour elle. Maintenant que vous m^avez juré sur l'honneur de la respecter, j^aime encore mieux qu'elle vous voie avec plaisir que de Pentendre faire des observations sur votre absence. Et puis, il sVn faut que nous soyons sortis dVmbarras , et un homme adroit comme vous nous sera souvent nécessaire dans la détresse où nous allons nous trouver. Vous savez, sans doute, que nous sommes menacés de perdre Diderot. Grimm insiste pour qu^il fasse le voyage de Russie ; il a su intéresser mademoiselle Volant à ses viies, et madame Geoffrin n^ose pas trop les contrarier , parce qu^étant brouillée avec Catherine , ses observations seraient suspectes. Je ne sais pas pourquoi, mais j^augurie mal de ce départ, et Grimm , qui nous vaut cela , aurait tout aussi bien fait de rester où il était.
— Ccst aussi mon ayis. Vous dites donc que la jeune personne prononce quelquefois mon nom?
— C'est-à-dire..... je le suppose, répondit
madame d'Aine en rougissant. Elle tie Va ja** mais prononcé devant moi. Mais un homme de votre air....... à qui on doit tant de recon-
naissance..*, ia préoccupation.. •• enfin, je n^ai rien k vous apprendre , car vous savez mieux que moi comment les femmes sont faites. Mais vous oubliez de partir j et je vois votre cabriolet prêt , et le vicomte qui vous attend.
. — Permettez-moi d'admirer encore un peu votre parc pendant que les deux amans se font leurs adieux.
— Tant qu'il vous plaira , je vous crois digne maintenant d'admirer et de vanter les beautés de ia nature.
— Qu'elle est belle en ce moment !
"^ N'est-il pas vrai ?
•=— Oh ! ravissante.
— Ce sera encore mieux dans quelque temps.
— Sa vuç seule me rafraîchit Tame.
— Ne serez-YOus pas bien heureux de jouir de tout cela.
— A propos , quand la marions-nous ?
— Partez , mauvais sujet , partez vite.
Le dievalîer d«soenJii en frediMinant un air de circonstance.
OSAPITBiS II.
Ll ROI.
Pensez-vous que cela dure encore autant que nous?