SCÈNE IX
HORACE. C'était mon... son grand-oncle.
DIDIER, à part. Ah! mon Dieu, est-ce qu'il va me prêter ses ancêtres?
LE BARON. C'est à moi do réparer la méprise dont vous avez été victime...
DIDIER. Pardon, mille pardons... maison m'attend... des compagnons de chasse que mon absence pourrait inquiéter.
LE BARON. Ah! quel dommage! Nous aurions essayé de vous rendre agréable le séjour du château.
LA BARONNE. J'aurais fait voir à monsieur le chevalier les fleurs de mon parterre.
DIDIER. N'en ai-je pas vu déjà la plus majestueuse?
LA BARONNE, à part. Qu'il est aimable !
DIDIER, à part. Qu'elle est vieillie !
LE BARON, à part. C'est un dameret... (Haut.) Monsieur n'est pas au service ?
HORACE. Si fait! Nous servons dans le même corps.
DIDIER, ô part. Sous les drapeaux de sa femme.
LE BARON. Cela redouble mes regrets... Pendant que mon neveu eût été tout à sa jeune épouse» nous aurions pu causer stratégie,"'art.| militaire '■> car vous n'ignorez pas, monsieur le '■chevalier, que le baron de Castel-Sarrazin a eu l'honneur de servir sous le maréchal de Villars, en qualité de mestre-de-camp... J'étais à Denain, Monsieur, j'ai vu de près M. de Malborough dans les Pays- Bas...
DIDIER. Je vous en fais mon complimeni.
LE BARON. Mais M. Malborough est mort.
DIDIER. C'est vraiment dommage.
LE BARON. Je vous aurais merveilleusement intéressé, Monsieur.
DIDIER. Je n'en doute pas, monsieur le baron... {A part.) Comme je l'échappe belle !
HORACE. Allons, mon cher, puisque vous ne voulez pas absolument que je vous présente à ma femme...
DIDIER. Je suis vraiment désolé de n'avoir pas cet honneur... mais je m'en console en emportant le souvenir de l'accueil chevaleresque de M. le baron de Castel-Sarrazin, et surtout des grâces incomparables de madame la Baronne. {Il les salue tour à tour, et dit à part , en regardant la Baronne.) Je préfère son périrait.
LE BARON, â part, avec un peu de jalousie. Décidément, je ne suis pas fâché qu'il s'éloigne.
LA BARONNE, 0 part. Ce jeune hom:ne s'exprime avec un charme !
HORACE. Sans adieu... Horace...
DIDIER. Au revoir, Didier... (.i part.) Si l'on m'y reprend jamais...