‹ Le baron de Lahontan (volume 2)Chapitre 3 sur 7 · L.4H0NTAN · texte numérisé non relu

L.4H0NTAN

On a là la preuve que Lalioutan essayait par tous les moyens d'entrer dans les bonnes grâces de la cour. On s'intéressait alors vivement dans les ministères au sort du malheureux explorateur de la Salle, et tout ce qui pouvait le concerner avait elianee de recevoir bon

' Vol. IV, pp. 6, 7, 8.

2 10 avril 16!)4.

acciu'il. M. (le Pontcliartrain, à qui la lettre de Lahoiitan fut conuuuiiHiuée, en écrivit ;\ l'alilié Bidal. le résidant de Franee à naiiibuurg. Celui-ci tit faire toutes les reclierehes, et il

lui fut rc'[i(iii(iu c[u"il u'i'tnil arrivé aucun vaisseau, ni aucun Kram-ais de la \'ir>;'inic, ni des îles voisines. L'hi.stoire rajiiiortée par Ijaliontan n\'tait donc «juiin conte lantastique, et le résidant re(;ut l'ordre de ne pas donner suite à l'affaire.

Dans l'intervalle, Lalu)ntau s'était rendu h C^'openluigue, où résidait M. de Bonrepaus, ministre de France au Danemark. Ce dernier, qui s'intéressait aux choses (U' l'esprit et recherchait le coninierce des écrivains et des savants, accueillit fn-oralileinent l'officier nudhéureux qui venait se recomniaiuler à lui, le présenta à la cour, puis lui donna des lettres pour des personnes qu'il pensait pouvoir tléchir le ministre Pontchartrain. Lahontan, milni de ce sauf-conduit, se rendit à Versailles en décembre 1694. Les personnes à qui M. de Bonrepaiis l'avait adi'essé essayèrent en \'ain d'ohtcnir (pie l'ancien licut»'nant <le r<>i de Plaisance justifiât sa conduite.'

A toutes les instances (pii lui turi-nt faites, k' ministre répondit (pie l'esjirit raidc et inflexihle du roi lu^ recevait jamais de justitications d'un inférieur envers son supérieur. Lahontan n'ayant pu vaincre ''la dureté et le natnri'l ir(i(pi(éis " de i'outchartrain. partit pour sa province de Béarii, dans l'espérance ipi'il s'y consolerait an milieu des siens de sa disgrâce. Iléhis ! que de désenchantements, lorsipi'il se trouva à la vue d'une terre dont il ne lui restait plus que le nom ! Dc^mis douze ans ipi'il était parti, (pie de choses s'étaient passées !

Le château i)ateniel, où s'était écoulée son enfance, avait été vendu en justice pendant ((ue lui, jeune officier sans protections, servait dans un jiays lointain au milieu de peuplades barbares. Celui ([ui avait succédé à Isaac de Lom d'Arce, Charles Casamajor d'Orion, était déjà mort et l'on pouvait voir son é[iitaphc à la iilace d'honneur dans l'église de Lahontan.-

' Troisième lettre de Lahontan : Voyagea de Portugal et de Danemark. La correspon(3ance de Bonrepaus de 1(J93 à 1697 est conservée aux Archives nationales étrangères, à Paris, aux Papiers de Bonnac.

' La terre de Lahontan était alors devenue la propriété de la famille de Blair.

Messire Samuel de Blair, conseiller d'Iionneur au parlement de Navarre, baron de Lahontan, neveu de Charles de Casamajor et de Marie de Blair, devint leur héritier. Il assistait le t! août 17:W an mariajie de Messire Jacques de Blair, son fils, avec Marip-Françnise-Marijuerite de Barrère. Samuel de Blair mourut dans son château, le 6 septembre 1740, à l'âge de qnatre-vingt-tiuatro an.s, ainsi qu'en fait fui l'.icte suivant :

" Le sixième septemlire mil sept cens quarante cinq deceda dans s n château, messire Samuel de Blair, ancien conseiller du roy au parlement de Navarre et baron de Lahontan, a^é de quatre vingts ipiatre ans ou environ ot feut inhumé, le landemain, dans la chapelle succursalle de cette parroisse, en présence de sieur François Camiade, procureur d'ofR(îe, sieur Louis Daniel Lostalot, notaire royal, .Tean Lacroix et Daniel Larroder, benoits et maîtres d'école, qui ont signé avec moy. (Signé 0 Camiade;— Larroder;— , T. Lacroix :— Lostalot;— Dombert, curé." (Archives communales de Lahontan, Etat civil, 1745, f° 4.)

La baronnie passa alors au fils aîné, Jean Pierre de Blair. Celui-ci assistait, le 18 février 1766, au mariage de Marie de Blair, sa sœur, avec Messire Bernard de Latenlade. (Dufau de Maluquer et Gourgain. Armoriai de Bèarn, tome I, pp. 34-35.) Il mourut le fi juin 1767 (Lettre du curé Bacqué). Jean Pierre de Blair. son frère, lui succ;''da. Ruin^ comme les Lim d'.Vrclie, ce dernier vsn lit vers la fin du xvui* siè(3le la seigneurie de Lahontan à M. Le Quien de Laneufville, frère du dernier évt'que de Dax ( Lettre du président de la Société de Borda, 28 avril 1890). On trouve l'acte suivant, le 12 novembre 1783, à Dax: Baptême de Cliarles-Auguste-François Laborde, fils de Jean Laborde, maître d'hôtel de Ms' l'évêque de Dax, et de Jeanne- Marie Fontan. Parrain, illustrissime et révérendissirae M-' Leqnien de Laneufville, évéqne de Dax ; marraine, dame Jeanne de Lavielle, baronne de Lahontan, veuve de messire Charles-Arnaud Le(iuien de Laneufville, chevalier, seigneur baron de Lahontan, ancien capitaine de cavalerie. (Archives communales de Dax, Etat civil, 99, 23.)

La dame baronne passa tout le temps de la révolution à Lahontan sans être trop inquiétée. Elle put même donner riiospitalité à son beau-frère, le dernier évêque de Dax, Charles-Auguste le Quien de Laneufville, qui après

Sec. I, 1894. 11.

Le pauvre oificier était dans sa pati'ie, et n'y trouvait plus (Vamis. Quelques gentilshommes campagnards, qui avaient connu son père, ne savaient l'entretenir que de vignes, de jardinage, de chasse et de pêche. D'antres, les paysans naïfs, lui parlaient, du matin au soir, sorciers, loups-garous, apparitions surnaturelles. Que faisaient à ce voyageur les farfadets, les lutins, les spectres, les fantômes, les magiciens? Un esprit fort, comme il s'appelait déjà, ne sanrait jamais se laisser persuader qu'il y a des sorciers. Un esprit fort devait approfondir la niitnre des choses, ne devait rien croire qne ce que la raison a mûrement examiné, et, sans avoir égard aux préjugés, décider sagement les choses dont il s'est éclairé à fond. Et comme il ne croyait pas à toutes les chimères qu'on lui racontait, ces honnes gens le prenaient

six mois de séjour à Lahoulaii, éniigra en Espagne. La peur fit brûler à œ;te époque les cahiers des notaires, toutes les pièces historiques et les titres de noblesse, sur la place située en face de la c!)apelle du château.

Lel3 mars 1S07 : DécC'S, dans son château de Lahoiitan, de dame Jeanne Laville, âgée de Eoixante et quatre ans, veuve deCliarles .■^rnould Lequien de Laneufville. La déclaration de décès est faite par M. .Jean-Baptiste Le<iuien de Laneufville, fils de la défunte, et Pierre Casaulion, officier de santé. (.Vrchives communales de Lahonlan, Etat civil.)

la tombe, de cette baronne existe encore. On la voit dans l'église de Lahontan avec l'épitaphe suivante :

Sous cette tombe eH emerehc Madame de Lavil'', vtuve de ftu ilonmeur de lAiveuville, ci-devant baron de Lahontan, décêdée le 13 mars 1807, dgée de U3 a»c. Lecteur, priez pour le repos d'. son âme.

Les familles de Laneuville et de Laville existent encore. M. Cirot de Laville, prélat romain, domicilié à Bordeaux, a écrit la vie de son parent, l'évéqu'» de Laneuville.

En ISOS, le cluiteau seigneurial de Lahontan fut vendu à M. le baron général de Vinot. {Matrice cadastrale de Lahontan, 1^'' volume, f° 416i. GraudVroix de la légion d'honneur, liomme très aimable, très érudit et plein de bravoure, le général Vinot avait épousé une demoiselle de Laussat, qui était venue aux Etats-Unis avec son père, qui y remiilit des missions diplomatiques assez importantes et fut nommé gouverneur de la Martinique.

Le () juin lSo8: Décès, dans son château de Lahontan, de Julien-Gilbert ViuoI, baron, maréchal de camp en retraite, graud-otficier de l'ordre royal de la légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis et membre de l'Epée de Fer de Suède, âgé de soixante-six ans. né à Soissons (.iisne), domicilié à Lahontan, époux de dame Augustine-Elizabeth- Camillede Laussat, et fils d'Antoine-Nicolas Vinot et de Marie-Jeanne Chaperon, décédés. (Etat civil de Lahontan.)

La dame baronne de Vinot vivait encore en 1890. Elle était âgée de quatre-vingt-seize ans et habitait Lahontan. Dès 1845, elle avait vendu son château à M. Charles-Baptiste Oswald baron d'Abbadie. (Matrice cadastrale de Lahontan, vol. II, 1° 477.) M. d'Ahbadie est le propriétaire actuel du château de Lahontan, et y réside habituellement. II est âgé de quatre-vingt-six ans et porte très gaillardement son âge.

Le château seigneurial de Lahontan est une construction moderne, a.*sez vaste, sans le moindre caractère architectural. C'est M. d'Abbadie qui l'a modernisé. Il n'a plus maintenant que l'iisiiect d'une vaste maison carrée, baignée par un vivier, qu'alimente en partie un ruisseau allant au moulin seigneurial d'autrefois. Devant le château, et à sa gauche, s'étendent des prairies et des terres labourables, dont quelques-unes aboutissent au gave de Pau. A droite, un petit parc, des granges, et le bourg de Lahontan. D'après un vieil inventaire, le château fut rebâti en 1787, et depuis, chaque châtelain l'a retouché suivant son goût.

D'après les coutumes dacquoises, Its barons de Lahontan avaient le droit de basse et moyenne justice. La Dasse justice s'occupait des actions personnelle* pour l'intérêt civil et pécuniaire. La moyenne justice ^'exerçait sur les successions, les héritages, les confections d'inventaire, la nomination des tuteurs et curateurs, la police et la connaissance des délita n'allant pas au delà de l'amende et de la prison, et dont les marques étaient les ceps et les celliers. L'ancienne maison de justice de Lahontan portait le nom de Sautrice. C'est là que se tenait la cour de la baronnie, là aussi qu'habitait le notaire royal et qu'on logeait les prisonniers. Un médecin, M. Casaubon, l'acheta de la baronne de Vinot. Elle était en ruines. M. Casaubon utilisa les matériaux pour des décharges, tout en gardant la vieille porte et l'ancien portail. En mourant, M. Casaubon laiss.v cetle maison à M'"" Cousseilhat- Casaubon, qui l'habite.

La baronnie de Lahontan faisait partie, avant la révolution, de l'archiprétré de Kivière-Gave (diocèse de Dax) et dépendait de la subdélégation de Dax. Klle est aujourd'hui dans le département des Basses- Pyrénées, arrondissement d'Orthe/., canton île Salies. Depuis le concordat, Lahontan lait partie du diocèse de Bayonne.

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pour un athée. D'autres pensées, du reste, inquiétaient Lahontan. Xe iioiuiait-i! jias rassoni- Mer quelques déljris de l'aneieniie splendeur paternelle? '

La moitié de l'été s'était passée en courses à Orthez, à Dax, en consultations avec les gens d'affaires, en examen de papiers, lorsque tout ii coup une lettre de Versailles lui apprit que l'ordre était donné de l'arrêter. Lahontan avait déjà reçu heureusement près de 200 livres de ses fermiers, et un très beau cheval qui l'aida à se tirer de ce mauvais pas. Au point du jour, vêtu d'habits d'emprunt, il sortit de la ville, dépista ses gens, et, évitant les bourgs et les villages, il chercha à travers les landes, les chami)s, les vignes, les bois, et par des routes détournées, à gagner les frontières d'Esi)agne. Il cira ainsi, sans être reconnu, mangeant et couchant dans les chauTuièrcs isolées, reprenant, le jour, sa route au scindes campagnes revêtues en ce moment de leur plus éclatante végétation. Il n'avait d'autre guide que le soleil et la vue des r3'rénées. A l'aspect du ciel splendide, des champs en fleurs, des forêts, des montagnes, il retrouvait cette passion pour la nature sauvage, cet enivrement de la solitude que les malheurs n'avaient pu altérer en son âme. Arrivé à Sarans, dernier villao-e du Béarn, dans la vallée d'Ozao, des paysans l'entourèrent soudain de tous côtés. Il crut d'abord qu'il avait le grand prévôt à ses trousses. Mais, non, on l'avait arrêté parce que sa mine l'avait fait prendre pour un huguenot. Obligé d'entrer dans un cabaret et de subir un interrogatoire sur des matières de religion, il put échapper entin à la fureur des paysans et aux policiers de Pontchartrain, et atteindre Huesca, en terre espagnole, après avoir franchi les Pyrénées par la vallée de, Sain t-Jeau-de- Pied-de-port. Le 8 octobre 1695, il était à Saragosse. C'est de là qu'il écrivait la dernière lettre qui soit connue de lui. Il se proposait alors de gagner Bilbao, et de côtoyer les ports du Portugal.

Les mœurs espagnoles ne devaient guère aller à un esprit novateur et sceptique comme celui de Lahontan ; aussi le trouve-t-on bientôt de retour au Danemark, où il avait été si bien accueilli une première fois. Il lui fallait du reste chercher des cours amies de la France, pour s'y ménager des protecteurs. La paix de Ryswick vint (décembre 1697), et il essaya de nouveau de rentrer au service de sa patrie.^

Il fit solliciter sa grâce par les plus hauts personnages. M"" la duchesse du Lude, dont le mari, grand maître de l'artillerie, était très intime avec M'" de Frontenac, le comte d'Avaux, alors ministre de France en Hollande, et qui appartenait à la famille de Mesmes, une des plus illustres de Béarn, s'employèrent pour lui. Deux des plus fameux intrigants politiques de l'époque, le cardinal de Bouillon et le comte de Guiscar, qui vivaient en Hollande, se mirent à sa disposition. !M. de Quiros, dominicain apostat, qui avait conservé de bonnes relations en France, s'intéressa à son sort. Mais rien ne put fléchir les Pontchartrain.

Pendant ce temps-là une meute de créanciers voraces s'acharnait à la dispute des derniers lambeaux de la succession paternelle. Lors de la vente de 1684, la baronuie de

^ Lettre datée d'Erleich, 4 juillet 1695. Voi/ages de Portugal et de Danemark. On a vu que, dans l'acte de baptême de 1691, on qualifie Lahontan de baron d'Herlèche. Esleich,Erl(ich et Heslèche signifient la même chose. Ce sont des terres et maisons situées en face de Lahontan, sur la rive droite du gave de Pau, qui sépare Lahontan d'Esleich, quartier qui porte encore ce nom, et qui fait maintenant partie des communes de Labatut et Habas, département des Landes, diocèse d'Aire et Dax. Les barons de Lahontan étaient également barons d'Eslech. (On écrit aujourd'hui Esleich.) On montre en cet endroit les ruines d'une petite chapelle de secours appelée "la Capelle." (Lettre de M""' Cousseilhat-C'asaubon.)

^ Article signé Eyriés, dans la série des biographies de Michaud. Le-traité de Ryswick, conclu entre les Pays- Bas, l'Angleterre, l'Empire et l'Espagne, fut signé en Hollande, près de la Haj'e.

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Laliontan avait rapporté une somme de 21,000 livres : mais ce montant avait à peine suffi à [layer quelques dettes. Ou s'était attaqué ensuite au capital jadis donné par lâaac de Lom d'Arce et sa première femme Jeanne Guérin, à la ville de Bajonne, aux terres d'Esleich,puis aux maisons que la famille possédait encore dans l'enclos du Temple, à Paris. Lors de la distribution de ces deniers, de nombreuses contestations étaient survenues entre les créanciers. Chacun voulait avoir le pas sur les autres ou être colloque par préférence. On conserve encore, aux archives de Bayonne, les pièces de ce fameux procès, qui forment un volumineux dossier de plusieurs centaines de pages, texte serré. BTous avons sous les yeux la copie d'un arrêt qui fut rendu, le 23 juin 1699, par le parlement de Paris, en cette affaire.' Qu'il suffise de dire que l'énoncé de cet arrêt mentionne plus de cent cinquante sommations, requêtes, répliques, soutènements, contredits, arrêts et sentences, sans compter les productions de pièces. Xous y trouvons lus pde soixante parties intervenantes. Il en vient de Paris, de Tours, de Rouen et de tous les coins de Béaru. Les procédures, commencées en 1664, s'étaient continuées d'année en année jusqu'en 1699 qu'intervint l'arrêt de distribution des deniers, mais en 1789, la ville de Bayonne avait encore à compter avec les créanciers et les héritiers du baron de Lahontan.-

Le lecteur comprendra par ce court résumé, la haine que Lahoutan a vouée dans ses écrits aux lois de tous les pays et à l'ordre des avocats en particulier.

La guerre de la succession d'Espagne (1701) brisa les dernières espérances que Lahontan avait conservées de rentrer en grâce. Absolument ruiné dans l'esprit du roi et des ministres de France, après avoir tenté toutes les voies pour se justifier, il voulut au moins se donner la satisfaction de publier la cause de ses malheurs, et se venger de " MM. de Pontchartraiu, père et fils, très riches en or et en argent." î^e pouvant plus se servir de son épée, il prit la jilume et se fit pamphlétaire. Sous prétexte que ses ennemis l'avaient cruellement et honteusement noirci, il résolut de revendiquer son honneur. Complètement ruiné de fortune, sans emploi, il voulut prouver que " son exil et sa fuite ne pouvaient lui faire du tort dans l'esprit des honnêtes gens." " Je ne serais point coupable, dit-il, si je n'avais point en tête des personnes si puissantes. L'on n'est point innocent dès qu'on a le malheur de leur déplaire. C'est avoir tort que d'avoir raison contre elles."

Tel sera le thème favori de Lahontan. Il est, pourtant, des injustices si criantes qu"il y a une certaine douceur h les subir ; le public vous rend alors bien plus que l'autorité ne vous ôte.

Pendant son séjour au Canada. Lulioutau avait rédigé un journal de ses aventures, et entretenu un commerce régulier de lettres avec un de ses vieux parents, désireux de se renseigner sur les pays d'outre-mer. Ces notes, il en avait fait part aux nombreux Français que le régime autointaire de leur pays obligeait chaque année à se réfugier en Hollande. On

• L'original est aux archives de Bayoune (CC. 818, f° 24). La copie forme cinquante-cinq pages, grand papier royal, texte serré.

' Archives de Bayonne, BB. 74 (1710-1720). Lettre à M. de Cannam La cr(>ance des héritiers du baron de

Lahontan.

BB. 77 (1 727-1730). Réponse de la ville de Baj'onne â un mémoire adressé à M. d'Adonconrt, sur la créance des héritiers du baron de Lahontan (Isaac le Long d'Arce).

BB. 90 (1784-1788). Lettre à M. de Neville . • . La créance des héritiers du baron de Lahontan .. . I>-ttre à M. Galart, l'aîné. . . sur le même sujet.

(1767-1789) Quittances délivrées par les héritiers du baron de Lahontan. (.\rch. comra., CC. 840. Pulaurens, /m«i(. Somm., tome I.)

(1787) Archives Comm. de Bayonne, CC. 840, n° 40. Même sujet.

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l'avait engagé à les |inlilitr. inairi (.!Oin[>taiit toujours que la fortune lui redonnerait ses eni[ilois, il les avait gardées ^'\^ portefeuille, ((uitte à les jeter au feu à la première nouvelle do sa rentrée en grârt-. La nécessité, le besoin de se créer des protecteurs auprès ilcs cours étrangères, la haine (pi'il [Hirtait à ceux, ipii n'avaient point voulu écoutei- ses iiunililes supplications, le décidèrent donc à si' faire auteur. Mais coninii' le siniiile l'écrit des nialiieiirs et de la disgrâce d'un otlicier de marine, n'aurait pas sutH à attirer sur lui l'attention, il voulut se donner la gloire de l'explorateur. Un lieutenant de roi à Plaisance, bourgade ignorée, perdue dans les brumes de Terre-Neuve, ne pouvait prendre l'Eunipe à témoin de sou innocence et l'intéresser à son infortune, mais un voyageur dans les plaines inconnues de l't )nest américain avait plus de clunn^' de se l'aire entendre.

Le livre de Laiiontax paraît a la Haye en 1703. — voYAaEs.-Mi-:.\i(>iiiEs.-DiM.oaï'h:s .wEr

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