ON
combats sur les lacs Champlain, Ontario et Erie.
Embarqué à Saint-Nazaire le 12 mai 1693, Lahontan était de retour à Plaisance le 20 juin, après avoir pris un navire anglais, chargé de tabac, sur les écores du banc de Terreneuve.
Dès qu’il eût mis pied à terre, il alla saluer le gouverneur Brouillan pour lui témoigner la joie qu'il avait de servir sous ses ordres. Celui-ci, à ce que raconte Lahontan, lui répondit qu'il était bien surpris qu'il eût sollicité ses emplois, sans lui en avoir communiqué le dessein l’année précédente, et qu'il voyait bien que le projet d'entreprise pour les lacs du Canada, dont il lui avait parlé, était faussement inventé. Un peu surpris de cette froide réception, le baron essaya de le dissuader, mais dès lors les deux hommes s'étaient juré guerre à mort. RTS À
Le nouveau lieutenant de roi fit descendre ses meubles à terre et prit la maison d’un particulier en attendant qu'il en eût fait bâtir une.
Les premiers jours que Lahontan passa dans la petite colonie furent emploj; és tout entiers à son installation. Les capitaines basques lui prêtèrent les charpen-
tiers de leurs navires, sans intérêt, et ils firent si bien, qu’en septembre, le lieutenant de roi entrait en son logis. Il espérait y trouver la paix et le repos, après tant d'années d’agitation ; mais il avait compté sans son hôte.
M. de Brouillan, gouverneur de Plaisance, apparte-
nait à une bonne famille de gentilshommes de Guyenne. C'était un ancien officier d'infanterie, qui servait depuis 1670. Homme d'esprit et de mérite, bien expérimenté au métier de la guerre, il n'avait pas le don, cependant,