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de se faire aimer de ceux qui étaient sous ses ordres, ni de ceux que la pêche de la morue attirait dans son gouvernement. Il avait la réputation d’être avide et intéressé. On l’accusait, à tort ou à raison, d’avoir gagné plus de 50,000 écus depuis son arrivée dans le pays.
On a vu le froid accueil que le gouverneur avait fait à, Lahontan à son arrivée. Bien des raisons l’engageaient à prendre cette attitude réservée. M. de Brouillan, qui avaient déjà auprès de lui un de ses neveux, M. de Saint-Ovide, enseigne dans les troupes de la garnison, aurait voulu donner la place de major à un de ses frères, le chevalier de Brouillan, brave militaire qui avait été blessée en 1691 en Piémont, où il servait comme capitaine dans le régiment de Caisson. Ce frère était alors en mer pour venir à Plaisance, et l’arrivée de Lahontan avait déjoué les plans du gouverneur. |
Depuis deux ans, M. de Brouillan avait l'habitude de faire lui-même la distribution des vivres aux soldats. I] y avait là des bénéfices à réaliser. La nomination d’un lieutenant de roi attribuait ces fonctions à ce dernier. Tout cela n'allait guère au gouverneur. Aussi voulait-il faire nommer un garde-magasin de ses amis, à peine de le payer de ses deniers. Afin de mieux parvenir à ses fins, il écrivait au ministre :
“ M. le baron de Lahontan n’a voulu entrer dans aucun détail pour prendre connaissance de la qualité et quantité de vivres, comme également du coulage des eaux-de-vie, mélasses, non plus que des diminutions que les entrepreneurs ont faites sur la grandeur et pesanteur des quarts de lard et eau-de-vie, qui ne sont point dans l'ordre. J'ai cru devoir vous en donner avis, M. de Lahontan
m'ayant témoigné qu'il demandait un ordre du roi pour se charger à l’avenir de cette distribution, à quoi je veil« lerai toujours comme vous me l’avez ordonné, avec la même application que je l'ai fait jusqu’à présent. ” Comme question de fait, Lahontan voulait lui-même avoir la distribution des vivres, et c'était son droit en sa qualité de lieutenant de roi, vu qu'il n’y avait pas de garde magasin à Plaisance. Il avait été nommé à cette position sans appointements, mais on lui avait donné les émoluments et les profits d’une compagnie franche de cent hommes. Or, Brouillan retenait la paye des soldats employés à la pêche des morues par les habitants, et faisait travailler les autres sans salaires, On conçoit qu’un homme du caractère de Lahontan ne pouvait subir longtemps ces misères. Comme Brouillan n'était aimé
ni des habitants ni des pêcheurs, le lieutenant de roi, |
qui avait le verbe haut et la camaraderie facile, ne tarda pas à s'associer à leurs plaintes et à former coterie avec eux.
Rien de plus curieux que de suivre les lettres que M. de Brouillan adressait alors au ministre pour dénoncer la conduite de son lieutenant.
“ Toutes les précautions que je puis prendre, dit-il, afin que le service du roi se fasse régulièrement, ne sauraient empêcher qu'il ne soit fait imparfaitement par le peu d'officiers que j'ai à y tenir la main, les habitants ne pouvant s’accoutumer, ni pratiquer l’application que vous me marquez par vos lettres qu’il faut qu'ils aient au fait des armes. Je les trouve si souvent hors de leur devoir, quand ils sont de garde, que cela m’a obligé de faire des règlements pour imposer des peines corporelles à ceux
qui y manqueraient. J'ai cru dévoir modérer celles que méritent les sentinelles qu’on trouve endormies sur le rampart, parce que cela arrive si souvent qu'on serait tous les jours dans la peine de punir de malheureux paysans qui ne savent point la conséquence de cela. Je me suis contenté d'en faire passer un par la baguette suivant le règlement que j'en ai fait, quoique ce châtiment soit petit pour un cas pareil, il s’en est peu fallu qu'il n'ait causé bien du désordre.
“ M. le baron de Lahontan ayant des raison particulières pour prendre l'intérêt de l'habitant à qui appartenait celui qui a été châtié, il a porté les choses à un. point qui a failli m'ôter la liberté de faire cet exemple qui me paraissait de la dernière conséquence pour la sûreté de ce poste. Je lui aurais volontiers épargné cette peine en relâchant ce domestique si je n'avais cru blesser Pautorité du roi ne m'étant plus libre de me relâcher sur des ordonnances si justes et si publiques, lesquelles j'avais fait lire à la tête des troupes et des milices et afficher à tous les corps de garde, sur quoi M. le lieutenant de roi prétend que je suis trop sévère ayant dit publiquement qu'il vous en écrirait, et que je n'étais pas en droit de faire exécuter les ordonnances et règlements que je fais, disant même que les punitions que j'ai fait faire de la sentinelle qu’un officier a trouvée endormie sur le rampart faisant sa ronde était comme le fugement de N.S.
“ J'ai honte, Monseigneur, de me servir de ce terme, mais c’est pour dire les mêmes dont il s'est servi. C’est ce qui me serait aisé de prouver, s’il le fallait, comme aussi de ce qu'il a mis en avant que s’il avait pris plus d'intérêt à celui qui a passé par les baguettes, il l’aurait
été enlevé du corps de garde où il était en prison et aurait cassé la tête d’un coup de pistolet à celui qui s’y serait opposé.
“ Je n’ai pas cru qu'il fût du service du roi de contraindre par la force les soldats de la garnison à faire ses
provisions de bois pour l'hiver, comme il me l’a demandé,
dans un temps où ils sont véritablement occupés à mettre les casernes en état pour se loger ; je ne m'y serais pas opposé s'ils l'avaient voulu faire de gré à gré, étant fort assuré qu'il est fort difficile d’avoir ici du bois de chauffage et je serais dans la même peine si je n’entretenais un assez grand nombre de domestiques qui travaillent actuellement à cela et qui seront pendant l'hiver employés à faire le service du roi comme le reste des gens qui sont ici.
“ Je puis vous assurer sans animosité que M. de la Hontan ne se mêle ici de rien du tout que de ce qui peut servir à ses plaisirs, il est même aisé de le remarquer par le refus qu'il a fait de prendre connaissance d’aucune affaire de celles qu’il a fallu décider, je ne croyais même pas qu'étant sous mes ordres il dût refuser de venir chez moi l’en ayant fait prier afin de l’engager à veiller à des travaux du roi qui étaient pressés, moi ne le pouvant à cause de la forte indisposition, ce qu'il refusa prenant le parti de s’absenter du fort pendant toute la journée. “Je vous envoie les plaintes que font plusieurs gens contre ses violences, il serait à souhaiter qu’il traitât plus humainement qu'il ne fait un sergent de la garnison et quelques autres personnes qui sont ici les seules à qui je puis me confier pour les travaux du roi.
ss. J'ai estimé qu'il était à propos de cesser
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ceux des fortifications de la redoute pour les remettre en un temps plus favorable, de crainte d'accident fâcheux, quelque mal intentionné ayant ici fait entendre que je faisais sur cela beaucoup au delà de ce que vous m’ordonnez par vos instructions, lesquelles je m’attache de suivre de point en point ; et si l’on m’impute le contraire, j'ose assurer V. G. que je n'aurai point de peine à vous prouver que ma conduite est sans reproche.
‘“ Quoique M. de la Hontan prétende le contraire, comme il le dit par des chansons outrageantes qu'il a faites sur moi, sur quoi je me suis contenté de me borner de le faire prier de ne plus me conter dans ses œuvres satiriques qui sont devenues si publiques dans ce lieu que personne n’ignore sa manière de voir à mon égard, cela me touche à la vérité beaucoup moins que tout ce qu'il a fait d’ailleurs qui me semble être opposé au bien du service de S. M. J'ai cru qu'ayant ici fort peu d'offciers il était à propos de tolérer ses emportements et porter les choses à la douceur sans lui faire connaître que l’expérience de vingt années de services m'a assez bien instruit pour n’ignorer pas le parti que j'avais à prendre pour le remettre à son devoir.
‘,........ J'ajouterai à tout ce que je prends la liberté de vous marquer que d’abord qu’il voudra vivre d’intelligence avec moi je sacrifierai tous mes intérêts afin de faire voir au peuple que nous vivons d’une assez bonne union pour être également portés au service de S. M.”
Nous avons cru devoir citer ce document entier parce qu’il nous peint Lahontan dans l'intimité du ser. vice, tel qu’il devait être et tel qu'il s’est montré lui-même du reste. Cet officier qui chansonne son gouverneur
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dans les tavernes de Plaisance, au milieu des pêcheurs de morue, et qui laisse courir sous le manteau, à la veillée, ses vertes satires contre l'administration, n'est-ce pas lé pamphlétaire en herbe qui cherche sa voie et qui | s'exerce à son futur métier 2 +
Il est évident que la présence du geñtilhomme de Béarn sur les grèves de Plaisance gênait berucoup M. de Brouillan: Celui-ci crut trouver un moyen ingénieux de "10 se débarrasser de cet incommode compagnon. !
À 490 lieues de Plaisance, au milieu des brumes éternelles du golfe, se trouvent les îles Saint-Pierre et Miquelon. Ce sont des rochers arides et sans verdure. y Les Français y avaient alors un poste de pêche habité par quelques familles pauvres et besogneuses, M. de À Brouillan se mit à prècher le ministre que les habitants 20 de ces îles, fort éloignées de Plaisance, étaient insubordonnés, et si peu protégés, qu'en 1692 les Anglais y
avaient détruit les établissements. Il faudrait, disait-il, y ‘L 4 construire un petit fort et y mettre un homme d’autorité pour contenir ces peuples dans le devoir. * Pour com- 14 mander dans ce lieu, ajoutait-il une autre fois, il suffirait k d'envoyer un détachement des soldats de la garnison de Plaisance pour conserver le fort qu'on y ferait bâtir ; il faudrait seulement quelques canons.” Enfin, après avoir LE bien fait comprendre l'importance de ce poste dans plusieurs lettres, il disait tout le fond de sa pensée. “ On ‘10 m'a assuré que M. le baron de la Hontan vous deman- ï dait le commandement de ce lieu là ; si vous lui accor- | dez comme il s’y attend, vous agréerez s'il vous plaît que je vous dise que je ne vois pas un meilleur sujet pour
semplir son emploi, que le sieur de Monic, qui a servi
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ci-devant en qualité de major-général des troupes du Canada. ”
À moins que Lahontan ne fût alors complètement dégoûté des choses de ce monde, il est impossible de croire qu’il ait demandé lui-même à s'exiler sur ces rochers déserts et inhospitaliers, et dont on peut faire le tour en une journée. Cette idée avait germé dans le cerveau fertile de M. de Brouillan. Quel triomphe pour lui s'il eût pu enchaîner là son caustique adversaire, comme Prométhée sur son roc ! Tout cela ne manquait pas d’habileté, mais une nouvelle frasque de Lahontan fit éclater Brouillan, dont la colère jusque-là avait eu peine à se contenir. Voici comment le baron raconte cet épisode de sa vie :
Le 20 novembre 1693, un mois après le départ des vaisseaux pêcheurs, pendant que Lahontan donnait à souper à quelques habitants de Plaisance, M. de Brouillan qui s'était masqué pour la circonstance, entra tout à coup dans la maison avec ses valets, cassant vitres, bouteillés, verres, renversant tables, chaises, armoires et tout ce qu'il trouva sous sa main. Les masques disparurent avant que Lahontan eût eu le temps de mettre la main sur ses pistolets. Le lendemain, les valets de Brouillan firent main basses sur ceux de Lahontan et les rouèrent de coups. La patience de celui-ci était à bout, mais les récollets qui desservaient la petite bourgade s’interposèrent et parvinrent à lecalmer. Pour dissiper son chagrin et sa colère, le baron se renferma et se plongea dans la lecture de ses livres, ses seuls amis. Au bout de trois jours, Brouillan fit arrêter deux soldats que Lahontan
avait envoyés faucher du foin dans les prairies à une
demi-lieue de la place, et les traita comme des déserteurs, Pressé de nouveau par les récollets, Lahontan se décida à aller faire des excuses au gouverneur. Les deux ennemis se reconcilièrent, s'embrassèrent, puis jurèrent qu'ils oublieraient tout ce qui s'était passé entre eux, Mais Lahontan, ayant appris en sous main l'existen ce du dossier formidable que le gouverneur avait préparé contre lui, et qui était déjà parti pour la cour, résolut de s’échapper de Plaisance avant la venue de la flotte du printemps, de peur d’être arrêté et d’être jeté à la Bastille.
On était alors au commencement de l'hiver 1693 ( 14 décembre) et il n’y avait plus qu’un petit vaisseau en rade. Lahontan proposa au capitaine de le prendre à son bord et de le jeter quelque part sur les côtes d'Europe, moyennant 1,000 écus.
Voici comment M. de Brouillar, le jour même, annonçait ce brusque départ à la cour :
“ Depuis ma lettre écrite M. le baron de la Hontan m'a dit être dans la résolution de passer en France. Je lui ai exposé tout ce que j'ai cru qui pourrait l’engager à rester, J'ai même prié nos bons religieux qui sont ici de lui faire connaître qu'il était du service du roi de ne pas abandonner ainsi ce poste ; mais cela n’a fait nulle impression sur son esprit. Je me serais peut-être plus opposé à son départ que je ne fais s’il ne m'avait témoigné qu'il voulait vous aller rendre compte de ma conduite. Je ne vous demande sur cela, monseigneur, que de la faire examiner ; je ne vous dirai plus rien de la, sienne, cette dernière marque qu’il en donne prouve assez tout ce que j'ai eu l’honneur de vous dire à ce sujet.”
Lahontan partait du Canada, aussi pauvre qu'il y
était venu, mais il emportait de son passage dans cette lointaine contrée, une notoriété qu'il était bien loin de supposer.
Lahontan réfugié au Portugal, puis en Hollande, sollicite en vain sa grâce.—1l se décide à écrire ses mémoires
Le navire qui portait Lahontan fut le dernier qui sortit de Plaisance dans l'automne de 1693. Il eut une traversée orageuse. Battu par une tempête qui dura plus de trois jours, son équipage crut qu’il serait englouti dans les flots. Pour comble de malheur, arrivé en vue des terres d'Europe, un corsaire de Flessingue l’attaqua à l’improviste, et le capitaine, effrayé, voulut se jeter sur les rives de France. »
Aborder en France, c'était pour Lahontan le déshonneur, la honte, la prison. Il avait sous les yeux l'exemple d'un officier comme lui, Mathieu de Lino, que l’on venait de jeter à la Bastille sous l'accusation d’avoir conspiré avec les Anglais. Qu’était-il ? si non un déserteur. M. de Brouillan, du reste, avait écrit aux gouverneurs de l’île de Rhé, de Belle-Isle, et de la Rochelle, de l'arrêter aussitôt qu'il serait débarqué. Devancerait-il les courriers de son implacable adversaire ? Grâce à 300 pistoles, il décida son capitaine à le jeter sur les côtes du Portugal. Parti de Plaisance le 14 décembre 1693, Lahontan abordait le 31 janvier 1694, à Viana, port de mer à l'embouchure de la petite rivière de Lima, une de celles que les anciens appelaient le Léthé.
Plût au ciel que le mal heureux officier eût bu quel-
ques gouttes du fleuve mythologique des Grecs, il eût perdu peut-être le souvenir de toute injure et de tout ressentiment, et au lieu de vivre en fugitif, le reste de ses jours, il aurait parcouru une carrière honorable, celle que lui promettaient à la fois ses talents et son caractère audacieux.
De Viana, Lahontan se dirigea à petites journées sur Oporto, puis se rendit à Lisbonne, où il rencontra l'abbé d’Estrées, ambassadeur de France auprès de la cour du Portugal. C'est de là qu'il partit, le 14 avril 1694, pour se rendre à Amsterdam, avec un passeport de l’'envoyé de Hollande, “ en attendant qu'il plût à M. de Pontchartrain d’aller en Paradis.”
Après avoir erré à travers Rotterdam, Amsterdam, Lubec, on le trouve, au commencement de l'été, à Hambourg, d’où il écrivit, le 19 juin 1694, une lettre que l’on va lire,mais qui ne se trouve pas au nombre de celles qu'il publia plus tard dans ses Voyages de Portugal et de Danemark, et qui se rapportent à cette période de sa vie. Cette lettre a été découverte par M. P. Margry dans les archives de France, et c’est lui qui l’a fait imprimer le premier dans son beau livre de /’Efablissement des Français dans l'A mérique septentrionale.
Hambourg, 19 juin 1094.
Monsieur,
Je me suis donné le bien de vous écrire, il y a trois ou quatre mois, de Portugal, touchant les affaires que j'ai eues avec M. de Brouillan, et comme je me suis imaginé que Mgr de Pontchartrain me donnerait tort eu égard à l’infériorité et que je demeurerais en France sans emploi, tandis, que tant de braves gens sont en exercice,
je me suis résolû de voyager dans les pays du nord et pour cet effet, je me suis embarqué à Lisbonne dans une flute portugaise, qui devait aller à Amsterdam, avec un passeport de l'envoyé de Hollande, pour voyager sûrement, cù je suis arrivé à bon port, et où j'ai demeuré sept ou huit jours ; ensuite de quoy je suis venu ici, où j'ai rencontré deux Français qui viennent de la Virginie, qui m'ont dit qu'ils avaient été avec feu M. de la Salle à la découverte de sa rivière dans le golfe du Mexique, et que mon dit sieur de la Salle étant mort, ils s'étaient jetés parmi les sauvages, où ils ont demeuré cinq ans entiers, vivant avec eux et allant très souvent saccager les Espagnols dans les villages. Ils disent tant de choses touchant la richesse de cette terre par la quantité de mines d’or et sablons d’or qui y sont et la facilité que nous aurions de nous en saisir que j'en ay dressé un mémoire que je vous enverrai au premier jour. Ils m'ont appris le désordie où sont les Anglais dans la Nouvelle- Angleterre ; une révolte s’y est faite avant leur départ et plusieurs personnes de Boston se sont sauvées à la Virginie, crainte d’être massacrées. Il y a très peu de temps qu'ils sont arrivés en cette ville dans un vaisseau chargé de tabac qui vient de ces pays là, et ce qui ma fait savoir que ces hcmnies étaient ici, c’est qu’ils ont proposé à quelques marchands de cette ville de leur donner un petit vaisseau pour aller charger d'argent au Mexique, s’obligeant à être mis à mort en cas que leur entreprise n’aye pas un bon succès. Ils m'ont paru avoir
assez d'intelligence, cependant on n’a pas voulu y toper: Je pars demain pour Copenhague, d’où j'irai en Suède et de là en Pologne, ensuite je traverserai en Italie par