‹ Le baron de LahontanChapitre 14 sur 53 · A APTE TONONPE NOTE PE CET LIN ES . NN ET PRE LAN PTE AE Û \ RU · texte numérisé non relu

A APTE TONONPE NOTE PE CET LIN ES . NN ET PRE LAN PTE AE Û \ RU

des savants, accueillit favorablement l'officier malheureux qui venait se recommander à lui, le présenta à la cour, puis lui donna des lettres pour des personnes qu’il pensait pouvoir fléchir le ministre Pontchartrain. Lahontan, muni de ce sauf-conduit, se rendit à Versailles en décembre 1694. Les personnes à qui M. de Bonrepaus l'avait adressé essayérent en vain d'obtenir que l’ancien lieutenant du roi de Plaisance justifiât sa conduite.

A toutes les instances qui lui furent faites, le ministre répondit que l'esprit raide et inflexible du roi ne recevait jamais de justifications d’un inférieur envers son supérieur. Lahontan n'ayant pu vaincre “la dureté et le naturel iroquois ” de Pontchartrain, partit pour sa province de Béarn, dans l’espérance qu'il s'y consolerait au milieu des siéns de sa disgrâce. Hélas ! que de désenchantemennts, lorsqu'il se trouva à la vue d’une terre dont il ne lui restait plus que le nom ! Depuis douze ans qu'il était parti, que de choses s'étaient passées !

Le château paternel, où s'était écoulée son enfance, avait été vendu en justice pendant que lui, jeune officier sans protection, servait dans un pays lointain au milieu de peuplades barbares. Celui qui avait succédé à Isaac de Lom d’Arce, Charles Casamajor d’Orion, était déjà mort et l’on pouvait voir son épitaphe à la place d'honneur dans l’église de Lahontan.

Le pauvre officier était dans sa patrie, et n’y trouvait plus d'amis. Quelques gentils-hommes campagnards, qui avaient connu son père, ne savaient l’entretenir que de vignes, de jardinage, de chasse et de pêche. D'autres, les paysans naïfs, lui parlaient, du matin au soir, sorciers, loups-garous, apparitions surnaturelles.

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* Que faisaient à ce voyageur les farfadets, les lutins, les spectres, les fantômes, les magiciens ? Un esprit fort comme il s'appelait déjà, ne saurait jamais se laisser persuader qu'il y a des sorciers. Un esprit fort devait approfondir la nature des choses, ne devait rien croire que ce que la raison a mürement examiné, et, sans avoir égard aux préjugés, décider sagement les choses dont il s'est éclairé à fond. Et comme il ne croyait pas à toutes les chimères qu’on lui racontait, ces bonnes gens le prenaient pour un athée. D'autres pensées, du reste: inquiétaient Lahontan. .Ne pourrait-il pas rassembler quelques débris de l’ancienne splendeur paternelle ?

La moitié de l'été s'était passée en courses à Orthez, à Dax, en consultations avec les gens d’affaires, en examen de papiers, lorsque tout à coup une lettre de Versailles lui apprit que l’ordre était donné de l'arrêter. Lahontan avait déjà reçu heureusement près de 200 livres de ses fermiers, et un très beau cheval qui l’aida à se tirer de ce mauvais pas. Au point du jour, vêtu d’habits d'emprunt, il sortit de la ville, dépista ses gens, et, évitant les bourgs et les villages, il chercha à travers les landes, les champs, les vignes, les bois, et par des routes détournées, à gagner les frontières d'Espagne. I erra ainsi, sans être reconnu, mangeant et couchant dans les chaumières isolées, reprenant, le jour, sa route au sein des campagnes revêtues en ce moment de leur plus éclatante végétation. Il n'avait d'autre guide que le soleil et la vue des Pyrénées. A l’aspect du ciel splendide, des champs en fleurs, des forêts, des montagnes, il

retrouvait cette passion pour la nature sauvage, cet enivrement de la solitude que les malheurs n'avaient pu

altérer en son âme. Arrivé à Sarans, dernier village du Béarn, dans la vallée d'Ozao, des paysans l’entourèrent soudain de tous côtés. Il crut d’abord qu'il avait ‘e grand prévôt à ses trousses. Mais, non, on l’avait arrê'é parce que sa mine l'avait fait prendre pour un huguenot, Obligé d'entrer dans un cabaret et de subir un interrogas toire sur des matières de religion, il put échapper enfin à la fureur des paysans et aux policiers de Pontchartrain, et atteindre Huesca, en terre espagnole, après avoir franchi les Pyrénées par la vallée de Saint-Jean-de-Pied-de= port. Le 8 octobre 1695, il était à Saragosse C'est de là qu'il écrivait la dernière lettre qui soit connue de lui, T1 se proposait alors de gagner Bilbao, et de côtoyer les ports du Portugal.

Les mœurs espagnoles ne devaient guère aller à un esprit novateur et sceptique comme celui de Lahontan ; aussi le trouve-t-on bientôt de retour au Danemark, où il avait été si bien accueilli une première fois. Il lui fallait du reste chercher des cours amies de la France, pour s’y ménager des protecteurs. La paix de Ryswick vint (décembre 1697), et il essaya de nouveau de rentrer au service de sa patrie.

Il fit solliciter sa grâce par les plus hauts personnages. Mme la duchesse du Lude, dont le mari, grand maître de l'artillerie, était très intime avec Mme de Frontenac, le comte d'Avaux, alors ministre de France en Hollande, et qui appartenait à la famille de Mesmes, une des plus illustres de Béarn, s'employèrent pour lui, Deux des plus fameux intrigants politiques de l’époque, le cardinal de Bouillon et le comte de Guiscar, qui vivaient en Hollande, se mirent à sa disposition. M. de

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