‹ Le baron de LahontanChapitre 27 sur 53 · RP PE CRAN ES · texte numérisé non relu

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nord et au-delà des montagnes du nouveau Mexique, un grand pays qu’ils appellent Teguajo, d’où ils prétendent que sortit lepremier Montézuma, lorsqu'il entreprit la conquête du Mexique. Le nom de Teguajo, prononcé à l'Espagnol, a quelque affinité avec celui de Tahuglaux. On pourrait supposer avec assez de vraisemblance, que c'est le même nom qui s’est alteré par la différente prononciation des Espagnols, et des différents Sauvages, qui successivement servaient d’interprètes à Lahontan, et

peut-être depuis par des fautes de copistes.

“ Le détroit que Martin d’Aguilar trouva à 30 lieues

au Nord du Cap Meudocin, sur la côte Occidentale de la Californie, pourrait être l'embouchure du lac des Tahuglaux. Les Sauvages dirent à Lahontan que cette embouchure était bien loin au Sud, et la position qu'ils lui donnèrent, parait assez s’accorder avec la situation du détroit d'Aguilar, ce détroi serait l'entrée d’un golfe au Nord du nouveau Mexique, est précisément notre

mer de l'Ouest.

“ Ces réflexions m béebenbl toujours de traiter

de romanesque la découverte de Lahontan, sans avoir des preuves claires et précises de la fausseté qu'on veut lui attribuer jusque là gratuitement. Je pourrais citer ici plusieurs exemples de positions géographiques assez exactement déterminées, qu'on a proscrites légèrement, et auxquelles on a été forcé de revenir. Les auteurs des anciennes cartes les ont souvent dressées sur des mémoires originaux, sur des relations manuscrites qui leur ont été communiquées. Soit qu'ils n'aient pas voulu indiquer les sources où ils avaient puisé, soit par pure négligence, ces sources sont demeurées inconnues, et les réformateurs de la géographie ont commencé par proscrire

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les positions qu'ils n’ont trouvé garanties par aucun ouvrage imprimé ou du moins connu : ils les ont tenues pour fabuleuses jusqu’à ce que longtemps après leur réalité s’est quelquefois trouvé confirmée par des témoignages authentiques. Telle est la communication de l'Orinoque avec le fleuve des Amazones par Rio-Negro, marquée dans les caftes de Sanson, de Duval et d’autres plus anciennes. Un missionnaire des bords des l'Orinoque, imprimait à Madrid, en 1748, que cette communication était une fable, tandis que les Portugais du Para remontaient dans ce flenve par la route dont on niait l'existence. La Californie, que tous les anciens géographes s’accordaient à représenter comme une presqu'île, était devenue île par une espèce de conjuration des modernes. M. Guillaume de l'Isle a le premier rétabli en 1701, la vraie configuration conforme aux anciennes cartes, Enfin, quoi qu’il en soit de la vérité de la relation de Lahontan, il est certain qu'ilexiste une mer à VO. de l'Amérique Septentrionale et au nord de la Californie, puisque les Russes ont reconnu la côte à 57 dégrés de latitude. Le plus ou moins de distance peut facilement augmenter ou diminuer la difficulté de la route ; mais les avantages que cette découverte pourrait nous procurer, méritent bien qu'on fasse des tentatives pour savoir à quoi s'en tenir. À “ Jusqu'ici j'ai parlé de trois routes différentes : l'une par le Missouri, en suivant les indications du P. Marquette, ou celles du P. Charlevoix ; l’autre plus au Nord par le pays des Sioux ; la troisième celle du baron

de Lahontan. Encore une fois, la voie du Missouri me

parait peu praticable ; elle est exposée à l'inconvénient

de traverser les pays occupés par les Espagnols.

& Les nouveaux mémoires de la Louisiane qui rapportent le détail de l'entreprise de cette nation contre les peuples dits Missouris, ne laissent aucun lieu d'en douter ; de plus cette route ne présente rien que de vague et d’incertain. Il n’est pas douteux que le Missouri qui coule de l'O. à l'E, ne tire son origine de cette longue chaîne de montagnes dirigée du S. au N,, qui sépare le Nouveau Mexique de la Louisiane ; et ilest évident qu’à l'O. de ces montagnes les eaux pendent à lO., mais on peut faire le même raisonnement de toutes les autres rivières affluentes à la côte occidentale du Mississipi. Ce qu'il s'agit d'examiner, c'est par laquelle de ces rivières on peut remonter le plus aisément et se porter le plus à portée de quelqu’autre rivière navigable qui prenne son cours à l’O., le tout sans traverser les pays. déjà occupés ou prétendus par les Espagnols. C'est l'avantage que nous présentent, et la route du pays des Sioux, et celle que nous indique le baron de Lahontan. ‘La . première, celle du pays des Sioux, est au N. des sources du Mississipi, vers le 46 ou 47 degrés de latitude septentrionale ; elle communique au lac Supérieur par une suite de lacs et de rivières, dont on prétend que les dernières portent leurs eaux à l'O. : la seconde route, celle de Lahontan, telle que nous l'avons indiquée est d’environ 3 degrés plus au S. Il y a même beaucoup d’apparence que ces deux routes sont la même. Les indications que Lahontan dit qu'il reçut en 1688 de ces Sauvages, du cours d’une rivière à l'O. s'accorde avec celles qu’a

suivies M. d'Anville dans sa carte de 1746, en citant la

rivière découverte par le Sauvage Ochagac. Le dessin

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