‹ Le baron de LahontanChapitre 34 sur 53 · NOR · texte numérisé non relu

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neur et de conduite irréprochable. Ceux qui voulaient se marier s’adressèrent à ces directrices auxquelles ils étaient obligés de déclarer leurs biens et leurs facultés, avant que de prendre dans une de ces classes celles qu’ils trouvaient le plus à leur gré. Le mariage se concluait sur le champ, par la voie du prêtre et du notaire, et le lendemain le gouverneur-général faisait distribuer aux mariés un bœuf, une vache, un cochon, une truie, un coq, une poule, deux barils de chair salée, onze écus avec certaines armes que les grecs appellent yep'as. Les offciers, plus délicats que leurs soldats, s’accommodaient des filles des anciens gentilhommes du pays ou de celles des plus riches habitants...”

Ce passage est extrait de l'édition de 1703. Lerécit est encore plus enjolivé dans les éditions subséquentes de 1705 et de 1741.

Lorsque Lahontan brodait cette histoire, il venait justement d'arriver au Canada. C'était pendant l'hiver de 1683, qu'il passa cantonné sur la côte de Beaupré. Il parlait donc, sur ouï-dires, de faits qui se seraient passés vingt ans avant sa venue au pays, lors du licenciement des premières compagnies du régiment de Carignan. Il ne faisait, du reste, que répéter les médisances de ses compagnons d’armes, gens fort peu sympathiques aux colons, et que ceux-ci de leur part détestaient cordialement, s’il faut en croire les récits de l’époque.

Un des camarades de Lahontan, le chevalier de Baugy, qui servit avec lui pendant la campagne de 1687, et qui fut l’aide de camp du gouverneur Denonville, nous a laissé des mémoires. On voit bien dans ces mémoires, qui n'ont été publiés que récemment, que Lahontan rap-

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