‹ Le baron de LahontanChapitre 36 sur 53 · RON · texte numérisé non relu

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dans les villages, aux environs de Rouen, et dans trente ou quarante paroisses aux alentours.

C'était assurer du coup au pays une population saine et robuste. En effet, la race des gars et des filles de Normandie n’a rien qui lui soit comparable.

Les auteurs qui ont déjà traité de nos origines, ont souvent cité les témoignages d'écrivains contemporains, añn de réfuter les sottes assertions des Lahontan et des Lesage. Il est juste que nous groupions dans cette étude consacrée à l’accusateur toutes les preuves qui peuvent le confondre.

Interrogé en France, sur l’état moral de la population du Canada, Pierre Boucher, un des plus anciens et des plus respectables habitants du pays, qui fut gouverneur de la ville de Trois-Rivières, disait :

“ Voici encbre une question qui m'a été faite, savoir, comme on vit en ce pays ; si la justice s’y rend ; s’il n’y a point de libertinage, ou qu’il y passe, dit-on quantité, de garrements et de filles mal vivantes.

“Il n’est pas vrai qu’il vienne ici de ces sortes de filles, et ceux qui en parlent de la façon se sont grandement mépris et ont pris les îles de Saint-Christophe et de la Martinique pour la Nouvelle-France. S'il y en vient ici, on ne les connait point pour telles ; car avant que de les embarquer, il faut qu’il y ait quelques-uns de leurs parents ou amis qui assurent qu’elles ont toujours été sages. Si, par hasard, il s’en trouve quelques-unes de celles qui viennent, qui soient décriées, ou que pendant {a traversée elles aient eu le bruit de se mal comporter, on les renvoie en France.

“ Pour ce qui est des garnements, s'il y en passe,

c'est qu'on ne les connait pas : et, quand ils sont dans le pays, ils sont obligés de vivre en honnêtes gens, autrement il n’y aurait pas de jeu pour eux : on sait aussi bien pendre en ce pays qu'ailleurs, et on l’a fait voir à quelques-uns qui n'ont pas été sages.”

Ceci était écrit en 1663, et couvre toute la période du régime des compagnies depuis la fondation de la colonie.

La mère André Duplessis de Sainte-Hélène, supérieure de l’'Hôtel-Dieu de Québec, une femme des plus remarquables, fort lettrée et très spirituelle, écrivait en 1702. en parlant du peuplement originaire de la colonie :

“ Un certain nombre de ces filles étaient des demoiselles de qualité, sans bien ; d’autres appartenaient à de bonnes families qui, étant chargées d'enfants, les envoyaient dans ce pays, dans l'espérance qu’elles y seraient mieux pourvues ;et enfin, on en tira beaucoup de l’hôpital de la Pitié à Paris, où elles avaient été bien élevées dès leur bas âge.”

« Quant aux filles qu'on y envoyait pour les marier avec les nouveaux habitants, écrit Charlevoix, un auteur qui avait longtemps demeuré dans le pays, on eut toujours soin de s'assurer de leur conduite avant que de les embarquer ; et celle qu ’on leur a vu tu dans le Paye est une preuve qu’on y avait réussi.

L'avocat le Beau, qui vint au Canada en 1729, traitant du même sujet, s'attaque directement à Lahontan :

AC à y eut, dit-il, plus de trois cents hommes de Carignan qui s’établirent dans le pays, non pas avec des filles de joie, comme le prétend le baron de Lahontan, mais

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