‹ Le baron de LahontanChapitre 4 sur 53 · EE · texte numérisé non relu

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trompe, il faut dire habitants, car ce titre de paysans n’est pas plus reçu ici qu’en Espagne, soit parce qu'il ne payent ni sel ni taille, qu’ils ont la liberté de la chasse et de la pêche, ou qu’enfin leur vie aisée les met en parallèle avec les nobles. Tout le monde y est bien logé et bien meublé. On y fait des feux prodigieux pour se garantir du froid.”

Le printemps venu, le jeune officier, après avoir visité l’île d'Orléans, Québec et les trois villages indiens de Lorette, de Sillery et du saut de la Chaudière, remonta le fleuve Saint-Laurent jusqu'a Montréal, où il arriva avec son détachement dans la première semaine du mois de juin 1684. C'est là que devaient se réunir les troupes destinées à l'expédition que méditait depuis tantôt deux ans le gouverneur la Barre. Mais Le belliqueux commandant qui n'avait cessé dans sa correspondance de proclamer contre l’Iroquois un Pe/enda est Carthaso bien accentué, une fois le temps venu de mettre ses projets à exécution, sentit son zèle se ralentir. Pendant qu’il entamait d'un côté des négociations de paix avec les Iroquois, il faisait entrevoir le gouverneur anglais pour lui demander de les maîtriser, puis commandait aux coureurs de bois de venir se joindre à lui sous les murs du fort de Frontenac. Ses lenteurs et ses temporisations firent que les troupes ne purent partir de Montréal qu’au mois de juin, Après avoir franchi les rapides qui coupent le Saint-Laurent en cet endroit, à travers mille peines et fatigues, tontôt en canots d'écorce tantôt en bateaux plats, le plus souvent à pied, dans l’eau jusqu’à

la ceinture, faisant portage sous des forêts vierges infec-

tées de moustiques, les troupes arrivèrent enfin sous les

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