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ouvrages qu'il avait en portefeuille! En 1705, comme nous l'avons dit, une édition revisée des ouvrages de Lahontan avait paru. Cette édition fut réimprimée en 1706, 1707 et 1709,
En 1709, un écrivain du nom de Visehes er donna une traduction allemande qui fut rééditée en TITLE En 1715, parut encore une édition en langue française, D'après tous les encyelopédistes,! ce fut cette année-là même que Lahontan mourut, mais nous n'avons pu contrôler ce renseignement,
Depuis vingt-deux ans, le malheureux officier traînait sa vicillesse et ses infirmités dans une terre étrangère, Après dix années de vaines tentatives, il avait dû renoncer pour toujours à revoir sa patrie et les tourelles du château de ses pères, sur Les bords du Gave de Pau.
La fortune l'avait fui en France; mais, grâce à ses écrits, Ïl était parvenu à se créer auprès des cours étrangères une position qui aurait été enviable, S'il n'eñt été traître et transfuge, [se disait libre-penseur, se moquait des prêtres, posait pour un perséenté et une vietine du gouvernement français: rien d'étonnant qu'il reçût partout, dans ces royaumes du nord, alors en guerre avec la France, la plus large hospitalité. La Hollande était à cette époque le refuge de tous les mécontents, et lon y publiait contre la France Les pamphlets les plus violents et les plus révolutionnaires. Les auteurs pouvaient y dire les plus dures vérités sans courir le risque d'aller faire un séjour plus où moîins long à la Bastille, et ils étaient sûrs d'y trouver toujours un auditoire facile et bienveillant. Bayle et Leibnitz animaient cette campagne en sous main. Lahontan se trouva là chez lui et au milieu des siens. IT fut accueilli comme un frère. Aïînsi avait fait avant lui le moine Hennepin, qui, après avoir servi la France dans les missions d'Amérique, finit par se réfugier À Amsterdam, d'où il put déverser à son aise sa bile et sa haine contre son ancienne patrie dont il se disait maltraité, Iennepin voulut vendre à l'Angleterre le secret de l'embouchure du Mississipi qu'il prétendait avoir découvert, comme Lahontan voulut apprendre à ce pays la meiïlleure manière de s'emparer du commerce de la Nouvelle-France, Ainsi, devait faire encore en 1758, un autre transfuge, Thomas Pichon, ancien secrétaire du gouverneur de Louisbourg, qui livra à Albion le Cap-Breton et la Dunkerque d'Amérique,
Dans les dernières années de sa vie, Lahontan paraît s'être intéressé activement à la politique anglaise, Un an après sa mort, en 1716, son ami Leibnitz publiait de lui une Réponse à la lettre d'un particulier opposée au manifeste de SOL le roi de la Grande-Bretagne contre la Suède,
l Dn. La Hontanus nunce est in comitalu Serenissimi Electoris, ad Goerdam profecti locum Cellencis ditionis, venatui aptum. Dabit adhuc plura typis, si per valetudinem Licebit, qua non optima utitur. Ego novi virum familiarius, et, ut par est, æstime sed et auli nostre, «llisque aulis, ingenium ejus placet. (Leïbnitz, Epistol. ad diversos; Berlin, 1710, vol. IV, p. ?2.)
£xtrait Cu L''hliotheca Historiæ Litterariæ Selecta (tome IIT, pages 1753 et suiv.) imprimé à Hena et déposé à la Bibliothèque Nationale à Paris, Cote Q. 376. :
Naturalistarum agmini nomine manifesto dedit Baro de la Hontan, Gallus, qui solum vertere coactus in Anglium secessit, ibidemque composuit libellum plagularum duadecim, Amtaeld, a. 1704, in-12 maius, cum figuris æneis hoc editum tituo : Suite du Voyage de l'Amérique, ou dialogue de M. le baron de la Hontan, et d’un Sauvage dans l'Amérique. Exst:eetiam exemplaria, quæ Londini signata sunt, unde oritur suspicio, Amstælodamensem editionem forte alteram esse, statim paratam, vel bibliopolamn certas ob caussas hanc mutationem fecisse. Continuatio præsens est opusculum itinerarii, quod Hagæ Comit. a. 1703, ead. forma prodierat, ita inscriptum : Nouveaux voyages de M. le baron de la Hontan dans l'Amérique Septentrionale. Partes sunt 111, « quodam Vischero inculla dictione etiam Germanice redditx, Ham- Lurgique et Lips, a. 1711, in-12. evulgair.
* Larousse.
Nous n'avons pu nous procurer cette étude qui est signalée par Quérard dans la France littéraire et dans la Biographie universelle de Michaud, !
L'historien Parkman* cite aussi de Lahontan un mémoire qu'il écrivit sur le commerce des fourrures du Canada, dans l'intérêt de l'Angleterre. Ce mémoire est demeuré en manuserit. M. Wintrop Sargent, qui acheta l'original à la vente de la bibliothèque du poète Southey, en a donné une copie à M. Parkman.
Quelques personnes ont attribué au baron de Lahontan la rédaction d'un ouvrage intitulé Relation en forme de Journal d'un Voyage fait en Danemark, mais ee livre doit, avec plus de vraisemblance, appartenir à Lacombe de Vrigny.!
De son vivant, Lahontan avait vu quatorze éditions de son œuvre, De tous les auteurs qui ont écrit à cette époque sur l'Amérique, Iennepin seul eut une vogue égale à celle du baron béarnais, Ce moine fourbe et vantard vit sa Description de la Louisiane imprimée plus de trente fois, et il en fut fait de nombreuses traductions.
Treize ans après la mort de Lahontan, en 1727, parut À Amsterdan une quinzième édition française, qui fut récusée, S'il faut en croire l'écrivain allemand Freytag, * Cette édition donne, en effet, la préface de 1705, où il est dit que l'ouvrage à été revu et corrigé et que les Voyages en Portugal et en Danemark ont été retranchés. Ce qui n'empêche pas que le texte reproduit est intégralement le même que celui de 1703,
L'année 1785 vit deux éditions anglaises publiées à Londres. En 1739, parut à la Haye une édition en langue hollandaise, Gérard Westerwyck en fut le traducteur. Enfin, en 1741, fut imprimée en français une dix-neuvième et dernière édition.
Dès la première apparition du livre de Lahontan, les géographes allemands, français et anglais y puisèrent abondamment, C'est ainsi qu'on en trouve de copieux extraits duns la Gevyraphieal Description of Cunuda, au deuxième volume de la collection de Voyages, publiée par JS. Harris en 1705. Thomas Corneille, le frère du grand tragique, publiait, en 1708, un Dictionnaire universel, géographique et historique, (trois volumes in-f), l'un des premiers ouvrages de cette nature que l'on ait vus en France, Voulant ajouter à ce que l'abbé Baudraud avait dit de l'Amérique française," il s'attacha principalement à résumer les Voyages du baron de Lahontan. Ilest arrivé par une espèce de hasard, dit Charlevoix (t. VIE, p. 379), qu'il n'en a tiré que ce que ce voyageur à éerit de plus passable, et son article du Canada n'est pas le plus défectueux de son dictionnaire. La table des nations sauvages de la partie orientale du Canada, c'est-à-dire de toutes celles que l'on coû v'ssait alors au delà du Mississipi, que Bruzen de la Martinière publie dans son Grand Dictionnaire géographique, historique el cri
1 La France littéraire, ou Dictionnaire libliographique des Savants, Historiens, ete, Paris, Firmin Didot, 1830, t. IV, p. 448.— Biographie uriverselle, ancienne et moderne, Paris, 1817, t XX, p. 5%, verbo Hontan, article signé E. S. Evriès.— Piographie universelle ancienne et moderne, Paris, Mme Desplaces, éd. 1857, t. XIX, p. 593, verbo Hontan.
? Lasalle and the Discovery of the Great West, p. 169.
* Lettre de M. Parkman à l’auteur (28 juillet 1890).
‘ La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique des Savants, Historiens, ete., par J.-M. Quérard, Paris, Firmin Didot, 1830, t. IV, p. 448.
5 Freytag (Frédéric-Gotthilf), écrivain allemand (1723-1776), a publié Analecta litteraria de libris rarioribus (Gotha 1776, in-8°). Recusam hujus itineris descriptionem Gallicam cum dicta continuatione Amstad : a. 1728, in-12, tomis II] fuisse, Freytagius docet Analector de libris rarior. p. 466, Cf. Bibliotheca Historiæ Litterariæ Scelecta, (tome III, pp. 1753 et suiv.), imprimé à Hiena et déposé à la Bibliothèque Nationale, Cote Q. 3765.
5 Geographia ordine litterarum disposita (1681 à 1682), deux volumes, de l'abbé Baudraud (né en 1633, mort en 1700). Ouvrage revu par dom Gelé, en 1705.
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tique, est copiée des Voyages de Lohontan.! On comprend que cette table aurait besoin d'un bon errata, aussi bien que ce que l'auteur a tiré de la même source concernant l'histoire naturelle du pays, les mœurs et le caractère des peuples qui l'habitent, l'état de la colonie française, les revenus et les pouvoirs du gouverneur général et de l'intendant,
Jacques KRobbe, dans la sixième édition de sa Méthode pour apprendre la géographie, publiée en 1714, parle aussi avantageusement du baron,
Dans le sixième tome de l'Atlas de Gueudeville, imprimé en 1719 à Amsterdam, la dissertation sur le Canada n'est qu'un abrégé mal déguisé des mémoires de Lahontan, et on y reconnait sans peine, dit Charlevoix (t, VI, p. 380), le style informe, souvent barbare, et les termes indécents de ee voyageur, Aussi passe-t-il pour constant que c'est Gueudeville luiméme qui a retouché la dernière édition de ses Voyages.
M. Pilling * cite un auteur allemand de 1758, qui publie des extraits de Lahontan.
Enfin, le treizième volume de la collection des voyages de J. Pinkerton (Trarels in Canada, p.254), contient les vingt premières lettres des Noureaur Voyages de Lahontan, d'après l'édition anglaise de 1735, À la page 336, le même auteur donne la traduetion des mémoires, jusqu'après Le chapitre qui traite des Français et des Anglais de l'Amérique septentrionale, A la suite vient le dictionnaire expliquant certains termes,
Le gouvernement français ne pouvait ignorer un auteur qui était si constamment cité dans les ouvrages des savants étrangers, et que ceux même de la France semblaient invoquer comme une autorité certaine, Aussi, en 1717, chargeact-il un de ses fonctionnaires de faire un rapport sur l'œuvre de Lahontan, et d'en extraire tout ce qui pouvait être utile à l'histoire naturelle,
Voici la curicuse lettre touchant ce travail, que nous trouvons déposée aux archives
coloniales du ministère de la marine :
Paris, le 19 août 1717.