STRASBOURG
Le lundi 18 juillet 1870, Strasbourg présentait un aspect étrange et réellement saisissant.
Devant chaque maison étaient formés dos groupes où Ton discutait avec une certaine animation et auxquels se joignaient incessamment soit des bourgeois curieux, soit des ouvriers désœuvrés, soit des soldats en promenade.
L'attente, l'impatience, l'anxiété, étaient, peintes sur tous les visages.
A chaque instant, les questions s'échangeaient entre les promeneurs et ceux qui stationnaient sur le pas de leurs portes.
— - Eh bien !
— Rien encore?
— On ne sait rien à la place ?
— Rien !
— Le télégraphe est muet !
— Cependant on assure que c'est pour aujourd'hui.
— Il n'est pas encore trop tard.
Et mille autres questions du même genre
qui toutes résumaient la même pensée.
Tout à coup, vers cinq heures, une immense clameur poussée par vingt mille voix, s'éleva de la place du Broglie, gagna tous les quartiers de la ville et sembla galvaniser toute la population.
La guerre était déclarée. La nouvelle venait d'en parvenir à Strasbourg.
Décrire l'enthousiasme qui éclata soudain dans les masses, l'élan qui anima subitement toute cette malheureuse population, est chose impossible à exprimer.
Le cri de : Vive la France ! s'échappa de
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