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Peu à peu, l'enthousiasme s'était calmé ; au bout de quelques jours, Strasbourg avait repris à peu près sa physionomie habituelle.
Nous disons à peu près, parce qu'une cer- ]
taine animation fébrile continuait à agiter la "j
population : en voici la cause. \
Le gouvernement avait décrété la forma- i
tion de l'armée du Rhin. De toutes les par- ■; ties de la France, les troupes se rendaient j aux postes qui leur étaient désignés. Les ré- J serves rappelées sous les drapeaux rejoi- *.
gn aient leurs dépôts. Les régiments arrivaient : sans cesse et se succédaient presque sans in- tervalles à Strasbourg.
Un camp provisoire avait été établi au polygone, hors de la ville. Ce camp était devenu le but continuel des promenades de la \ population qui s'empressait de fêter les soldats et de leur offrir cette large hospitalité qui est un des côtés saillants du caractère alsacien, pour tout homme portant l'uniforme français. - ■ -..-,.
'Cependant, à part cette animation causée par la présence des troupes, ainsi que nous l'avons dit, la vie habituelle avait à peu près repris son cours et chacun était retourné à ses affaires.
Lucien Hartmann, en sa qualité d'étudiant, plus désœuvré que jamais, faisait des promenades continuelles au polygone. On no rencontrait plus que lui sur la route, en compagnie bien entendu de ses intimes, le sombre Pétrus, Adolphe Oswald et Georges Zimmermann.
Ces jeunes patriotes, sous le spécieux prétexte de fêter dignement nos braves soldats, semblaient avoir pris à tâche de les griser ; c'étaient des Ilots de bière qu'ils leur versaient. Constatons, à la louange des soldats, qu'ils ne refusaient aucune santé, et, au contraire, les acceptaient toutes avec reconnaissance.
Lucien avait fait dans sa famille de si chaleureux rapports sur ses excursions au polygone, qu'il avait éveillé la curiosité de sa mère et de sa sœur qui, elles aussi, bridaient de visiter le camp.
Une partie fut organisée entre M me Walter