PROTESTATION CONTEE L ABANDON DU LUXEMBOURG
Tel est le véritable caractère des négociations. C'est à tort qu'on a dit à la tribune de France que le peuple belge a appelé, a accepté l'intervention, qu'il a remis à la conférence de Londres la décision de nos débats politiques.
Aujourd'hui il ne s'agit plus d'arrêter l'effusion du sang et de faciliter la solution de certaines questions ; les cinq puissances reprennent en sous-œuvre ce qui s'est fait en 1815. Elles déclarent qu'elles ont procédé à l'examen de questions quelles avaient à résoudre, elles reconstituent la Belgique, elles posent les bases de notre existence sociale.
La souveraineté nationale est transférée de Bruxelles au Foreign- Office.
Une simple mission philanthropique a dégénéré en une intervention.
C'est contre ce système que nous avons protesté ; nous avons solennellement déclaré que le Congrès n'a pas abdiqué et n'abdiquera jamais en faveur des cabinets étrangers l'exercice de la souveraineté que la nation lui a confié. Nous avons réclamé les droits reconnus à toutes les nations. Sans doute nous ne pouvons prétendre résoudre seuls nos contestations territoriales, mais on ne peut les décider sans nous; elles peuvent faire l'objet de traités, dans lesquels nous serons partie, qui ne seront obligatoires que par notre concours.
Nous avons réduit aux termes les plus simples les questions politiques ; nous n'avons pas cru pouvoir entrer dans trop de détails ; nous ne pouvions faire un mémoire.
Quant au style, nous avons cherché à éviter la rédaction froide, équivoque de la diplomatie, et le ton emphatique qu'on rencontre souvent dans les documents de ce genre. »
Le rapporteur donne lecture du projet suivant :