DISCOURS DE M. BIGNON
M. Bignon, en passant en revue les chances de paix et de guerre, cherche à apprécier sous ce double rapport la révolution belge.
« L'existence du royaume des Pays-Bas, dit-il, dans la forme qu'il a eue jusqu'aux derniers événements, date du 31 mai 1815. Par l'art. 1" du traité de ce jour les anciennes provinces unies des Pays-Bas et les provinces belgiques ont composé, sous la souveraineté du prince d'Orange de Nassau, le royaume des Pays-Bas déclaré héréditaire. Un acte du même jour, 31 mai, ouvrage de l'Angleterre et annexé au traité, portait que « la réunion de la Belgique et de la Hollande devait « être intime et complète, de manière que les deux pays ne formassent qu'un même « État régi par la même Constitution. »
« Voilà, Messieurs, les stipulations essentielles qui ont fondé ce nouveau royaume. Qu'à la suite des traités de 1815, les divers souverains de l'Europe se soient mutuellement garanti la possession intégrale de leurs États respectifs, on le conçoit, c'est la formule finale de presque tous les traités. Mais ici, messieurs, il y a une grave distinction à faire.
« Ces garanties que l'on se donne, contre qui se donnent-elles ? Contre l'ambition, contre l'invasion étrangère. »
17 nov. 1830.