EXCLUSION DE LA MAISON D'ORANGE
lité à l'égard du retour à la nation hollandaise. Si vous croyez à l'une ou à l'autre de ces éventualités, vous n'avez pas foi en la révolution vous doutez de la Belgique dont vous êtes appelés à fixer les destinées.
Je ne mets pas les membres de la famille d'Orange sur la même ligne que les autres princes étrangers. Je les place hors ou plutôt je les laisse hors du droit commun ; ils se sont eux-mêmes fait une condition exceptionnelle. Les princes d'Orange font dériver ce qu'ils appellent les droits de leur maison des traités de 1815, que nous ne pouvons reconnaître et auxquels ils ne renoncent point ; ils se prévalent d'une usurpation, d'un abus de la force, et nous ne pouvons nous exposer à légitimer leurs prétentions. Toute autre dynastie se présente pure de tout esprit d'usurpation, et disposée à rendre hommage sans réserve à notre souveraineté nationale. L'avènement d'un prince d'Orange serait la contre-révolution ; tôt ou tard il nous dirait : Je règne, en vertu non de l'élection de 1830, mais des traités de 1815 ; je n'ai pas librement renoncé aux droits de ma maison.
La déchéance et l'exclusion des Nassau ne sont donc que des conséquences de la proclamation d'indépendance. C'est le corollaire d'un principe déjà reconnu.
Cette déclaration est une mesure politique d'une grande portée.
Elle n'augmentera pas les embarras du choix du chef de l'État, elle les diminuera. Elle ouvrira un vaste concours européen et amènera peut-être des combinaisons politiques très-avantageuses.
Elle exercera une grande influence sur les déterminations des puissances étrangères. Nous préviendrons beaucoup d'intrigues et nous dominerons la diplomatie. Jusqu'aujourd'hui la Belgique a eu un rare bonheur dans ses relations avec l'Europe ; elle le doit à deux circonstances qui, depuis vos derniers votes, n'existent plus ; la crainte de la république et la crainte de notre réunion à la France. Les efforts des puissances étrangères se porteraient à l'avenir sur un autre objet : maintenant qu'elles sont affranchies de ces deux craintes, elles mettraient un autre prix à leur amitié ; elles nous diraient : acceptez le prince d'Orange. Fermons la voie à ces négociations par une déclaration prompte et décisive.
Notre révolution nous a exposés à trois sortes de guerre : une guerre européenne, une guerre -civile, et une guerre contre la Hollande. Une 23 nov. <830.