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évident que l’on s’est rendu coupable envers le moyen-âge d’une criante injustice; on l’a blasphêmé sans le connaître, on a été trop sévère à son égard.
L’ Eglise, au moyen-âge, était chargée par la providence d’uneœuvregigantesque: il s'agissait d’une seconde création. L’ Eglise avait à organiser sur des bases nouvelles toute la société. : Il lui fallait transformer complètement les peuples:et les gouvernements. Il fallait donc lui donner le temps d’accomplir son œuvre ! Car de pareilles transformations ne se font pas en un jour nienun siècle. Dieu luiavait mis. sous la main des peuples vigoureux, pleins d’élan et de sève; riches de forces vives et latentes,
mais ces peuples. étaient barbares, souverainement,
grossiers, C’étaient de vrais enfants des forêts de la Gaule et de la Germanie. On n’a regardé que le mauvais côté du moyen-âge, et l’on.s’est scandalisé d’une façon ridicule et très peu philosophique. On y a vu de la poussière, des flots. de poussière, et l’on n’a pas eu l'esprit de reconnaître que cette poussi?,
était celle qui enveloppe la tête de l'artiste, quana
l'artiste dégrossit quelque bloc de marbre ou de granit pour dégager la statue.que son génie déjà y contemple ! (Applaudissements prolongés). L'Eglise au, moyen-âge était cet.artiste, son ciseau travaillait, sur une société brute, et il ne fallait pas s’ étonner qu'il y eût dans. l'atelier un, peu de poussière ! (Applaudissements. }.
On a parlé du moÿen-âge avec c dédain ; “on a dit :
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La nuit du moyen-âge ! Eh bien, acceptons, messieurs, cette métaphore, mais expliquons là à l’honneur de l'Eglise et du moyen-âge !
Oui, très-bien, la nuit du moyen-âge ! Mais, comme nous aimons à la contempler, messieurs, cette nuit magnifique ! Il y a des ombres, mais audessus de ces ombres, quelles rayonnantes constellations ! Que de vérités rassurantes pour la morale des individus et des peuples ! Que de dogmes féconds pour l’ordre social et l'avenir des nations qui grandissent ! (Appl. prolongés). Comme nous prêtons l'oreille avec intérêt,—nous allions dire avec délices, —aux lointaines rumeurs que produisent toutes ces institutions nouvelles qui éclosent ! Oui, c’est bien la nuit, avec les milliers de voix sans nom de la nature en travail ! Et, plus violentes que ces douces rumeurs, mais presque toutes fécondes, nous entendons gronder d’autres voix.plus ou moins discordantes : des bruits de guerre qui bourdonnent à travers les forteresses du monde féodal ; des chocs superbes entre l'Orient et l'Occident, des craquements sourds, des montagnes qui semblent s’entr’ouvrir comme pour donner passage à d’impétueux torrents... Messieurs, la nuit du moyen âge ressemble à cette nuit première, à l’origine du monde, à cette nuii témoin de la transformation du chaos.
Dans la nuit du chaos, c’étaient les montagnes qui prenaient leur place autour du globe, qui s’échelonnaient pour formérentre les peuples futurs des limites providentielles ; dans la nuit du moyen-
âge, ce n’est plus la géographie matérielle qui se forme ainsi avec fracas, mais c’est la géographie des idées et des institutions qui se dessine pénible. ment. Dans la nuit du chaos, c’étaient les fleuves qui se creusaient des routes dans la pierre ; dans la
auit du moyen-âge, ce sont les eaux d’une philoso-
phie nouvelle qui se font un passage bruyant à travers de vieux préjugés cinquante fois séculaires, à travers le despotisme, à travers l'esclavage. Ces clameurs solenuelles que l’ou entend dans la nuit, c’est la voix des grands courants d'idées qui prennent leur pente, chacun vers le lac ou l’océan qu’i doit former, —un ordre religieux, celui des Hospitaliers ou des Chartreux, —une institution de charité quelconque, destinée à racheter les captifs, à recueillir les orphelins, —quelqu’université puissante, celle de Paris, d'Angers ou de Bordeaux.
Voilà, messieurs, quelle a été cette nuit du moyen-
âge : le genre humain n’avait qu’à attendre avec
patience l’aurore d’une pareille nuit, et le genre
humain eut été témoin d'une création plus belle encore, peut-être, que la création chantée par Moïse ! (Applaudissements prolongés.)
Voilà, messieurs, quelles merveilles de civilisation nous présageait le moyen-âge, et voilà quelle civilisation riche d’espoir et d'avenir nous avons vu s’évanouir devant le faux éclat des principes de 89. (Applaudissements.)
Si encore les principes de 89 et Les libertés sépa-
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ratistes qui en découlent n’avaient été prôrés que par des hommes comme Danton, Marat, Mirabeau, Robespierre, le monde s'icèrement catholique eût su à quoi s’en tenir sur ces fameux Principes! Une sainte alliance, une coalition universelle de toutes les forces catholiques disséminées dans l'univers, eût pu réagir avec puissance contre ce courant, sauver la civilisation en danger ; l'horizon de l'avenir aujourd’hui nous apparaîtrait moins chargé de nuages: Dieu ne l’a pas permis! Les forces catholiques se sont trouvées sciudées en deux, par là même presqu'annihilées ! Des citoyens profondément chrétiens, des hommes d’Eglise drapés de l’'habit monastique ou assis presqu'au premier rang de la hiérarchie sacrée, se sont baissés ; ils ont ramassé dans le sang dè la grande révolution les principes de 89, ils ont lavé un peu ces principes dans le flot doré d’une éloquence admirable, puis, les élévant à leur hauteur avec d’attrayantes réclames, ils les ont fait miroiter, aux yeux de l'uni-
. vers ébloui, comme de purs diamants ! (Applaudis-
sements.) |
Gerbet et La Mennais, fondateurs du journal L’ Avenir, ont essayé, vers 1830, de faire baptiser par l'Eglise les principes de 89.
L’Abbé Dupanloup a écrit dans sa Pacification religieuse en 1845 : «Les principes de 89, nous les acclamons ! »
Le Comte de Falloux, a dit : « 89, bien interprété, n’a rien d’antichrétien.»
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Doellinger, le prince Albert de Broglie, le Père Hyacinthe, se sont grisés du vin des libertés modernes.
L'adorable Lacordaire, —Lacordaire, messieurs, dont nous avons admiré les pages étincelantes ! Lacordaire que nous avons raison d'aimer tous avec une véritable tendresse d'âme !— Lacordaire s’est écrié du haut de la chaire, je crois : « Les immortels principes de 89 !»
Le Père Gratry a prétendu trouver dans les principes de 89 «un reflet de l’Evangile ! »
Montalembert a introduit dans le credo catholique ce qu’il appelle «Les quatre grandes libertés modernes ! »
Augustin Cochin, magnétisé par l’éloquence de
son ami M. de Montalembert, a dit, avec un lyrisme
certain : «Les principes de 89? Mais vivent les principes de 89! ils sont à la porte de Rome, en pantalon rouge, qui gardent le Pape !»
Que dis-je, à une époque, en 1830, presque tout le clergé belge, le Cardinal Sterkx en tête, a éprouvé comme un véritable éblouissement libéral !
Qui de nous, messieurs, ayons la vanité de l'avouer, qui-de nous n’a pas éprouvé un grain d’orgueil à partager l'illusion de ces grands hommes ? Ces noms et ces paroles que nous venons de rappeler à votre mémoire, qui de nous, à quelqu’époque de sa vie, ne les a pas entendus murmurer à ses oreilles comme un chant de sirènes ? Dupanloup,—Monta-
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lembert,—Augustin Cochin, —Lacordaire,--Frédéric Ozanam,—qui de nous, franchement, ne s’est pas fait gloire, un jour de sa vie, d’être de la religion de ces rayonnantes illustrations catholiques ? Ces hommes nous ont apparu, sous l’auréole de leur beau talent, comme les types les plus vrais du catholicisme : nous n’avons peut-être pas été loin de ne pas leur trouver d’égaux, à ce point de vue, même parmi lc: Papes !
Nous avons admiré avec passion cette phalange de génies hardis, qui semblaient peut-être, pour combattre, abandonner plus ou moins la discipline de la vieille armée catholique, mais, pour nous rassurer, nous aimions à croire que c'était un peu à la façon de ces soldats généreux, qui, pendant la mêlée, laissent d'inspiration les rangs de l’armée, pour commettre quelqu’une de ces magnifiques témérités que le général sera bien obligé de décorer après la bataille ! (Appl. prolongés.) |
Et cependant, messieurs, nous croyons, avec bien d’autres cent fois plus autorisés que nous, que ces hommes,—pieux et de bonne foi, —se sont trompés : aujourd’ hui, il n’y à même à peu près qu’une voix parmi les catholiques pour le reconnaitre ! Allonsnous en conséquence anathématiser brutalement ces colosses de Ja polémique religieuse, à qui la France a dû,pour quelques jours du moins,la liberté d'enseignement ? Qui de nous, messieurs, à dans ses mains le tonnerre qu’il faudrait pour foudroyer de pareils sommets ? Aussi nous ne venons deman-
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der à personne de les foudroyer de ses anathèmes ;
nous tenons simplement à dire, avec un sentiment
de tristesse qui n’exclut pas l'admiration : Regardez ’ bien, messieurs, s’il vous plait,ces sommets su perbes ; regardez les avec une attention impartiale : de nombreux coups de foudre partis de Rome—partis du ciel par conséquent,—les ont touchés. Le Pape ne les a pas nommés par leur nom ; le Pape s’est contenté de foudroyer leurs doctrines : la foudre, messieurs, n’écrit pas en la frappant le nom de la montagne ; elle la touche, et il reste à son front, quelquefois dans la cime de ses plus beaux arbres, des traces qui avertissent le voyageur qu'il passe sur un sol visité par la foudre ! (Applaudissements pro- 7 longés).
Quelle a dunc été la grande erreur de ces hommes de talent ? La voici, condensée en quelques mots : ils ont voulu séparer l’Egtise de l'Etat ! IL ont dit, avec une comparaison qui a du moins le mérite de résumer à peu près leur doctrine et leur vaillante polémique : « La religion et la Liberté sont les deux pôles du monde moral et politique.»
Non, messieurs, deux pôles sont indépendants l’un de l’autre, aussi puissants l’un que l'autre, opposés : Ù même l’un à l’autre. Or, la religion et la Liberté, même quand on écrit cette dernière avec une lettre majuscule, ne sont pas égales ni indépendantes l’une de l’autre : La religion dans le monde moral et politique, n’est pas un pôle, mais elle est bien le
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centre de gravité, vers lequel tout doit converger, la liberté comme le reste ! (Applaudissements.)
Pour défendre l’Eglise, ces hommes, de bonne foi sans doute, mais certainement trop portés à préférer leurs manières de voir à celles du St. Siége, ont concouru avec les libres-penseurs dans l’œuvre qui a consisté à substituer de plus en plus au droit canonique de l'Eglise et au Corpus Juris, le Droit commun, dont l'esprit est de protéger également” la vérité et l'erreur, la vraie religion et les religions fausses. Ils se sont laissé éblouir par le faux éclat des libertés modernes, et avec une fièvre de conciliation qui fait honneur à leur grand cœur plus qu’à leur grand jugement, ils ont, pour gagner la confiance ou l’encens du siècle présent, consenti à repudier trop les siècles du passé. Pour ne pas froisser les ennemis de la religion, ils ont consenti à voir avec eux, dans l’histoire de la grande famille catholique, des taches
là où il n’y en avait pas ! ils ont par là manqué de
prudence, de justice et de flerté. (Appl. prolongés.)
Ils ont essayé, dans la grande lutte du bien contre le mal, une stratégie très-généreuse enversl’ennemi qui, au fond, s’en est moqué, très dangereuse pour la religion qui secrètement en a pleuré. Ils ont été par tout cela les Pères du Libéralisme Catholique, la plus formidable des erreurs au sentiment de Pie IX. L'épiscopat canadien a admirablement comparé cette erreur au serpent du Paradis terrestre : Callidior—beau monstre à écailles dorées—animantium,
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mais un monstre tout de même, bien qu’il se glisse dans les fleurs.
Ces hommes ont donc fait fausse route, Ils ont eu, pour les excuser, des circonstances que nous n'avons pas. Ils ont dû marcher dans des régions tourmentées par l’orage. Nous avons à marcher, nous, sous un ciel relativement serein. Qui ne Comrend qu’il est mille ois plus facile de s'orienter dans le calme que dans la tempête ?
Aussi, comme Rome leur a été charitable ! Rome, qui connait les temps et les moments, Rome, qui à quelque chose de la patience de Dieu, parce qu’elle a quelque chose de son éternité et de sa charité, Rome donc, indulgente comme une amie et prudente comme üne mère, ne les a pas nommés, afin, sans doute, de ne pas précipiter un schisme, et pour leur donner le loisir de revenir d'eux-mêmes au grand chemin battu de la tradition catholique.
Mais ces sentiers dangereux, qu’ils sont excusables plus qu’on ne saurait dire d’avoir tentés au hasard, nous serions, nous, criminels de les suivre. Le long de ces sentiers perdus, bordés de précipices, Rome à allumé des feux qui projettent une lueur suffisante pour tout œil de bonne foi : les décisions de Pie VI et de Pie VII pendant la grande révolution,— l’'Encyclique Mirari vos de Grégoire XVI en 1832. — plusieurs brefs de Pie IX, plusieurs allocutions : remplies d’allusions transparentes, l’'Encycelique Quanta Cura, le Syliabus de 1864, voilà autant dé
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lumières qui rayonnent aujourd’hui sur tous les. abimes de la société moderne.
À la lueur de ces flambeaux, chacun constate une vérité que l'expérience la plus terrible corrobore douloureusement depuis cent ans, c’est que 89 a été le Niagara de la civilisation chrétienne en Europe. (Ap:1)
Tout le monde connaît ce fameux ilôt peuché audessus de la grande chute ; il est là, luttant avec désespoir contre l’entraînement des flots ; il voit ses. vertes feuilles, les plus belles branches de ses arbres violemment arachées ;: lui-même disparaît lambeaux par iambeaux, ei finira peut être par s’ensevelir tout entier dans l’abime.
Cet ilôt célèbre, c’est la France, la belle France de
Charlemagne et de St. Louis, au milieu des libertés modernes !
Elévation des caractères, —patriotisme, —dignité nationale dans les assemblées délibérantes comme dans ses rapports avec les autres nations, —sécurité intérieure et prestige au dehors, —unité d’aspirations,--respect des lois divines et humaines, —toutes ces belles choses descendent une à ure au fond du gouffre !
Nous contemplons de loin l’ancienne Mère Patrie: penchée ainsi sur l’abime, et nous nous demandons avec effroi, messieurs, si le Bas-Canada serait des tiné à courir d'aussi formidables dangers
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Il nous semble, messieurs, qu'il nous est permis d'espérer un meilleur avenir. La Providence ellemême, du moins, paraît avoir voulu ménager à
notre patriotisme cette espérance, ou ”2tle illusion.
Avant d'arriver à la grande chute de 89, les idées en France depuis longtemps avaient pris la pente fatale. Et pendant que l’ancienne Mère-Patrie sentait s'accélérer la vitesse du courant, qu’advenait-il du Canada ? Au moment où la France allait s’engager dans une écumante série de révolutions, la Providence formait de nos humbles destinées comme un filet d’eau à part, la Providence nous arrachait à ce dangereux courant qui portait le vaisseau de la France vers la chute de 89.
Aujourd’hui, toutefois, sommes-nous hors de tout danger ? Evidemment non. Avec la meilleure foi du monde peut-être, quelques-uns de nous, à différentes reprises, ont été pris de vertige et se sont sentis attirés vers le gouffre pour y avoir regardé avec trop de complaisance. Nous ne voulons pas commettre d’allusions, elles seraient trop nombreuses, et trop impartiales peut-être ! (Rires.)
Mais, le flambeau du Sylabus à la main, relisez, s’il vous plaît, relisez, cette histoire que vous avez lue plus souvent que nous probablemént, l’histoire de notre jeune pays ; planez au-dessus des hommes et des partis ; l'illusion des idées modernes, vous le constaterez, nous a fascinés plus que nous n’aimerions à le croire. Nous avons épousé, avec
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plus ou moins de ferveur, les idées modernes ; nous n’exceptons pas nos plus brillants historiens, surtout dans leurs Zntroductions. Un seul fait veuillez vous rappeler que sur le mouvement patriotique de 37, on a vu flotter, comme une écume sur des flots dhibideé peut-être, la « Déclaration des droits de l’hrmme. »
Il y a pour nous, un autre PRE Ne un danger permanent et de tous les jours : la nécessité où nous sommes de faire fonctionner un système de gouver nement qui a pour force motrice le parlementarisme moderne.
Ici, nous n’ignorons pas la grosse observation que l'on peut nous jeter comme un argument sans replique : « Maïs, dira-t-on, il faut être de son
époque. »-D’abord, gravons bien dans notre mémoire
une réponse facile à cette observation : «et comment se fait-il que les Papes refusent obstinément d’en être, de cette époque ? Le Syllabus nous déclare que le Pape «ne peut pas se réconcilier avec la civilisation moderne » Les souverains pontifes semblent nous dire : Il faut être avant tout. autant que possible, de l’époque chrétienne, qui commence à Jésus- Christ et qui finit au jugement dernier. (Appl. prolongés.) Les Papes sont très sobres de dithyrambes au sujet du parlementarisme en vogue aujourd’hui. Ils n’ont que des chants funèbres sur les gouvernements du jour et sur l’avenir que ces gouvernements nous préparent. L'ensemble du système social,
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évidemment, ne leur inspire pas de confiance : du moins c’est là notre humble opinion. Il nous semble encore entendre objecter : « Mon cher Monsieur, tout ce que vous dites là n’est peut-être pas trop loin de la vérité, théoriquement parlant. Tout de même, s’il
vous plaît, où voulez-vo:.: en vomir dans la pratique ?
Car les plus belles : : es cessent d’être intéressantes, dès qu’elles de. .ennent irréalisables. nous est certainement impossible de changer notre système de gouvernement ! D'après les décisions du Saint- Siége, les gouvernements qui offriraient aux peuples le plus de chances de bonheur seraient les gouvernements les plus largement assis sur la vérité catholique : qui de nous l’ignore ? L’union de l'Eglise et de l'Etat ne sera jamais trop intime, qui oserait le nier ? Mais dans cette situation exceptionnelle que la Providence nous à faite, mélangés comme nous le sommes avec ce flot d'éléments hétérogènes, comment réaliser toujours ce que chacun de nous serait
heureux de toujours réaliser, si la chose était possible ?h
Messieurs, entendons-nous. Le clergé canadien respecte, avec la plus grande sincérité, ce malaise douloureux que vous nous signalez-là. Le clergé comprend, soyez-en sûrs, dans quelle position délicate se trouvent nos hommes d’Etat depuis la conquête. |
En pratique, dans notre pays, il faut sans doute se résigner à une politique de conciliation, plus ou moins élastique.
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