Luçon
Réponse à la lettre de Monsieur Brisson, procureur syndic de l'Assemblée de l'Élection de Fontenay, la dite lettre en date du M janvier 1788.
ARTICLE PREMIER
1° Impositions.
Le principal de la taille de la Communauté de Luçon est de la somme de huit mille cinq cents livres, pour l'année
L'accessoire est, pour la même année, de quatre mille quatre vingt dix neuf livres.
(1) Le signataire de cette pièce, Charles Chantreau, a laissé des descendants. Il existe encore aujourd'hui une petite-fille de cet ancien maire de Grues, et plusieurs arrière-petits-fils, dont quelques-uns habitent la commune et jouissent d'une belle aisance. (Nos remerciements à M. l'instituteur communal Garnier, pour les nombreux renseignements qu'il nous a fournis sur la commune de Grues.)
La capitation roturière est, pour la même année, de cinq mille cent soixante cinq livres.
Les vingtièmes sont, pour les six premiers mois de la dite année 1788, de deux mille dix huit livres trois sols dix deniers.
Il n'y a point de rejets sur le rôle de l'année 1788.
La corvée était, pour l'année 1787, y compris les dix deniers pour livres, de la somme de dix neuf cent quatre vingt dix livres quatre sols.
On a payé, en 1787, la somme de onze cent treize livres trois sols pour la réparation de la cure.
La confection des rôles a varié depuis dix ans ; mais, les années rapprochées les unes dans les autres, on peut estimer pour les collecteurs cette dépense à une somme de cinquante sept livres douze sols.
Les frais pour la perception ont aussi essuyé une variation ; mais, les dix dernières années rapprochées, on peut les évaluer à une somme de quarante quatre livres dix sols par an.
Le droit des six deniers pour livres, énoncés au rôle sous la dénomination de droit de quittance, est de la somme de deux cent quatorze livres dix sols.
Les vices qui peuvent exister dans la répartition tiennent à l'impôt, et il sera toujours difficile d'y remédier (1).
2° Établissements de charité.
Le Mémoire ci-joint (2) donnera une connaissance des
(1) Le principal des quatre contributions est aujourd'hui réparti de la manière suivante :
Foncière \ . 23,911* »
Personnelle-mobilière. . . 10,449 »
Portes et fenêtres 8,376 »
Patentes 21,332 32
(2) Le Mémoire dont il est ici question n'a pas été retrouvé.
établissements de charité existant dans Luçon, et de ce qu'on a fait ou pu faire pour détruire la mendicité. Il a été accordé une somme de 1,800 livres pour aider à la filature établie.
3° Ouvrages publics.
Les ouvrages publics intéressant la communauté sont le chemin pour arriver au communal, chemin entrepris et non fini, pour lequel la communauté pourroit avoir besoin d'une somme de trois mille livres pour le finir. La grande route qui traverse la ville, il est arrêté qu'elle sera faite aux dépens du roi, et il y a des fonds destinés à cette fin ; mais on n'a pu parvenir à les découvrir, quoique la route soit arrêtée au Conseil.
La communauté ne peut fournir aucuns fonds pour les travaux publics ; ce ne peut être que par l'estimation du tirement de pierres, et la conduite des matériaux, qu'elle fournira un fonds pour la contribution proportionnelle avec ceux que la province voudra bien lui accorder.
ARTICLE II
1° Édifices publics.
Les édifices publics à la charge de la communauté sont en assez bon état, le clocher cependant excepté, le beffroi soutenant les cloches ayant besoin d'être changé en partie.
Il y a un corps de casernes qui a besoin de réparation ; l'état est ici joint (1).
(1) Cet état manque au dossier, auquel nous avoiib emprunté cette reponbe.
2° Abus à réformer.
Parmi les abus qu'il serait nécessaire de réformer est celui de l'imposition aux vingtièmes pour des offices municipaux qui n'existent pas, et qui se monte à une somme assez considérable. On a présenté plusieurs fois à Monsieur l'Intendant des requêtes à ce sujet , sans réponse de la part du commissaire départi.
La communauté a eu une somme de mille livres qu'elle a employée à son communal, ce qui réduit sa demande à la somme ci-dessus, pour parfaire ce chemin qui lui est de toute nécessité.
3° Récolte et désastres.
La récolte de l'année est généralement mauvaise, les gros blés ayant en partie manqué. Quant à la portion de la communauté qui est dans le marais, la récolte peut y être regardée comme nulle pour les 'grains et médiocre pour la récolte des foins.
ARTICLE III
Chemins publics et corvée.
La grande route traversant la communauté est celle de Fontenay-le-Comte aux Sables, et dont on a parlé cidessus.
On ne parle point des routes de ville à ville ; il n'y a aucune ville avoisinant Luçon.
Les chemins de bourg à bourg sont plutôt des chemins d'exploitation que de communication; aucuns ne sont pavés, et par conséquent susceptibles d'être mis à l'entretien. Une serait intéressante, c'est la communica-
tion de Mareuil avec Luçon, et par cette communication du bocage avec la plaine; mais cette route tient à la construction du pont de Mareuil , lequel doit être aux frais du roi, puisque depuis la rupture de ce pont en 1740 on y a établi un bac dont le revenu est au profit de Sa Majesté.
On ne connaît point la tache de 1787. L'adjudication s'en est faite à Niort ; on ignore si elle a été faite. Ce qu'on sait, c'est qu'on a payé la somme imposée, qui était, comme on l'a dit, de dix-neuf cent quatre-vingt-dix livres quatre sols, y compris les dix deniers pour livres.
On croit que la corvée de cette année a été remplie ; du moins il existe sur la route des cantonniers travaillant, et des approvisionnements pour racommoder les endroits défectueux.
La longueur de la grande route traversant la ville est de cinq cent trente quatre toises sur six toises dans sa plus grande largeur, et un peu moins de trois dans sa plus petite largeur.
Il est un chemin qui serait intéressant, c'est depuis les Ursulines jusqu'au port; la longueur est de quatre cent quarante-cinq toises quatre pieds, la largeur de quatre toises, et, dans quelques endroits, un peu moins.
Excepté la route traversant la ville, et dont on vient de parler, la grande route aboutissant, tant du côté des Sables que de Fontenay, peut être mise au simple entretien.
La grande route, depuis la métairie d'Argilly où commence la paroisse jusqu'à l'entrée de la ville, est de la longueur de onze cent trente sept toises et demie, la largeur est de trente six pieds. Il y a cinq cent trente deux toises de fossés à faire à neuf, sur la droite cent soixante six toises à refaire, depuis les Granges Dimières jusqu'à Ja route traversant pour aller à la Papotière neuf cent
soixante douze toises. Soixante six toises de fossés faites à neuf, il y a encore vingt quatre toises de fossés à refaire ; il y a encore quelques approvisionnements (1).
ARTICLE IV
1° Objets de récolte.
Les récoltes consistent en blé et foin, quelques vignes. Le blé seul fait la richesse ; en faciliter la vente, animera Tindustrie. Ce serait par le racommodement des rues qui aboutissent au port qu'on pourrait remplir cet objet.
Landes et marais. — Il n'y a point de landes ni de marais mouillés. Quelques terrains couverts par les eaux pendant l'hiver, mais qui, loin de nuire par leur séjour, bonifient ces prés-bas. On les améliorerait en recurant l'Achenal le Roi, qui sert aujourd'hui de ceinture aux marais du Petit Poitou et de la Vacherie.
Prairies et bestiaux. — Il n'y a que des prairies naturelles. Une grande partie est consommée par les bestiaux, qui cultivent les terres.
Ces terres sont labourées par des bœufs. Il y a quelques juments, qui servent aussi pour la culture ; mais ce n'est
(1) La route nationale n° 149, de Fontenay-le-Comte aux Sablesd'Olonne, traverse le chef-lieu et la commune tout entière, de l'est à l'ouest. Au nord do Luçon se trouve établie la gare du chemin de fer de la Roche-sur-Yon à Goutras, qui suit la même direction. Vers le nord partent quatre grandes voies carrossables : la route départementale n° 4, do Luçon à Montaigu, et les chemins vicinaux n° 56, de Luçon à Sainte-Gillcs-bur-Vie. n° 7, de Luçon à Rocheservière, et n* 67 de Luçon à l'IIermenault. Enfin, à droite et à gauche du canal qui finit à l'anse de l'Aiguillon, descendent vers le sud deux autres chemins vicinaux, n° 14 de Luçon à l'Aiguillon, et n° 50 de Luçon à Champagne.
pas un objet de grande considération. Les bœufs qu'on élève sont plus pour le remplacement qu'un objet de commerce. Il s'en vend cependant quelques-uns ; mais cette vente ne suffit pas à la consommation du pays par le petit nombre qui se vend, les métayers n'ayant en général que le nombre proportionné à leur exploitation.
2° Étalons.
Il n'y a point de haras dans la paroisse ; il y a néanmoins deux étalons pour le service des juments qu'on emploie à la culture des terres. Un plus grand nombre ne serait point avantageux.
Voyez le mémoire ci-joint (1).
3° Manufactures.
On a établi une filature dont on pourrait tirer un grand avantage; mais il faudrait des fonds. Cet établissement a reçu, comme on l'a dit ci-dessus, un secours de 1,80c)1.
4° Procès.
Il n'y a point de procès.
5° Naissances et population.
Le nombre des enfants nés depuis dix ans peut s'évaluer de 409 à 440 par an.
La communauté renferme au total environ deux mille huit cents individus , y compris le chapitre et la noblesse (2).
(1) Ii n'existe pas aux Archives de la Vendée.
(2) La population totale de la commune, d'après le dernier recensement, est de 6,247 habitants.
6° Frais des Assemblées.
On ne peut évaluer les frais des tenues d'Assemblée. Il serait avantageux qu'elles pussent se tenir sans frais. La municipalité pense que le seul Greffier doit avoir des honoraires, et Ton doit rembourser les frais faits pour la tenue des Assemblées, ou des objets qui y ont rapport.
Signé : Bouquet de la Goudraye.