‹ Le Bas-Poitou en 1788; mémoires addressés à la Commission intermédiaire de l'Assemblée d'élection de Fontenay par les municipalités de Maillezais et de Chaillé-les-MaraisChapitre 12 sur 23 · Saint-Denis-du-Payré · texte numérisé non relu

Saint-Denis-du-Payré

Fin de la réponse aux différents articles de la lettre imprimée en dale du 28 janvier 1788; le commencement de la réponse est du 23 février W

ARTICLE II

Edifices publics. — Le presbytère et la nef de notre église sont en assez bon état.

Récolte et désastres. — La récolte qui vient de se faire est très-mauvaise ; les habitants, assemblés dimanche dernier à la grande porte de l'église à la manière acoutumée, estimèrent qu'en général, dans la paroisse, il y avait les trois quarts de perte des années communes.

La veuve Pillenière, fermière de la Bonne Mort, est la seule qui a reçu cette année une indemnité qui n'a été que de quarante deux livres à raison de ses grosses pertes.

(1) La première partie de cette réponse manque au dossier que possèdent les Archives do la Vendée.

ARTICLE III

Chemins publics. — Les chemins qui passent par notre bourg, à venir de Luçon ici, ne sont presque jamais bien mauvais, non plus que ceux qui viennent du Port-la-Glaie ici, où est la grande route éloignée de notre bourg d'une lieue et demie ; il n'y a que le chemin qui conduit d'ici à Saint-Michel-en-1'Herm, où il y a une riche abbaye de bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, éloignée d'une lieue, qui est très-mauvais l'hiver, et impraticable dans les endroits où il n'est pas pavé, et presque la moitié du chemin est pavée. Le motif d'utilité, on peut même dire de nécessité de cette route, est qu'en temps de guerre les troupes y passent pour aller et venir des Sables à l'Aiguillon garder nos côtes ; on a été obligé d'envoyer des charrettes, sur chacune desquelles il y avait huit et dix bœufs, pour y conduire les soldats qui ne pouvaient s'y rendre à pied à cause des boues, les chevaux ne pouvant les y porter, tant le chemin est mauvais.

La pierre est bonne et facile à tirer ; il y a deux carrières inépuisables auprès de Saint-Denis, et une sur le bord du chemin, du côté de Saint-Michel.

Il y avait autrefois un port où il se faisait un grand commerce ; Saint-Michel est sur le bord de la mer ; s'il y avait un pavé, depuis Saint-Denis jusqu'au bourg de Saint-Michel, le commerce y gagnerait beaucoup ; toutes les paroisses de la plaine le désireraient fort, ainsi que celles des marais.

ARTICLE IV

Objets de récolte. — Les divers objets de récolte sont celles du blé, des foins, des brebis et même du bois pour

le chauffage ; dans cette partie il n'y a presque que cette paroisse où il y ait du bois. Le blé rapporte rarement, les foins et les pacages y sont assez abondants.

Les brebis y donnent un profit honnête, la laine en est estimée. Le bois de futaie n'y profite point : lorsqu'il est à un certain âge et à peu près au tiers de la grosseur qu'on s'attendait qu'il viendrait, il périt; celui qu'on coupe pour le chauffage est bon ; il ne se consomme pas tout dans cette seule paroisse, celles du marais viennent en acheter quelque peu.

Landes et marais. — Il n'y a point de landes ; il y a beaucoup de terres qui ne seraient bonnes qu'à produire des bois, on devrait y semer des glands ; les marais dont nous sommes voisins ne sont point mouillés.

Prairies et bestiaux. — Il n'y a point de prairies artificielles, les naturelles suffisent. Les pacages sont assez bons ; on y élève des veaux, des génisses, ainsi que des poulains.

Moutons. — Les brebis donnent un profit honnête, la laine en est estimée.

Étalons. — Il faudrait un étalon dans cette paroisse, qui depuis longtemps n'en a point.

Naissances et population.

En 1777 il y en a eu vingt-trois ci 23

1778 — dix-huit ci 18

1779 — treize ci 13

1780 — onze ci 11

1781 — seize ci 16

A reporter 81

Report 81

En 1782 il y en a eu quatorze ci 14

1783 — vingt-deux ci 22

1784 — quinze . ci 15

1785 — vingt ci 20

1786 — dix-sept ci 17

1787 — quatorze ci 14

Total 183

Il y a dans cette paroisse cinq cent quinze individus (1).

Frais des Assemblées. — La tenue des Assemblées municipales n'a pas entraîné de frais jusqu'à ce jour.

J'ai l'honneur d'être avec respect,

Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Rouleau, syndic.

A Saint-Denis-du-Payré, le 1er août 1788.

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