‹ Le Bas-Poitou en 1788; mémoires addressés à la Commission intermédiaire de l'Assemblée d'élection de Fontenay par les municipalités de Maillezais et de Chaillé-les-MaraisChapitre 14 sur 23 · Triaize · texte numérisé non relu

Triaize

ARTICLE PREMIER

1° Répartition des impôts.

Principale taille pour 1788. 5,500*

Six deniers pour livres attribués aux collecteurs. . . 1371 10s

Droit de quittance .... 21

5,639110» 5,639i ÎO

Impositions militaires. . . 2,652* Gapitation 3,342*

Total 11,633110» (1)

Vingtièmes de 1787 et 1788 423* 11» 11*

chaque année.

Point de rejet.

Corvée de 1787 l,245i

(1) Principal des quatre contributions pour 1878 :

Foncier ll,145f >>

Cote personnelle 1,265 »

Portes et fenêtres 460 »

Patentes 512 60

2° Frais de confection des .rôles et frais de contrainte.

Frais de confection du rôle de 1787 . 17l

Frais de recouvrement 4l

Frais de recouvrement pour 1786. . . 151

Frais de contrainte 471

Frais de confection du rôle de 1785. . 161 168

Frais de contrainte 44l

Frais de confection du rôle de 1784 . 15l

Frais de contrainte 281

Frais de confection du rôle de 1783 . 16l

Frais de contrainte 32l

Frais de confection du rôle de 1782 . 151

Frais de contrainte 81

Frais de confection du rôle de 1781 . 15l

Frais de contrainte 201

Frais de confection du rôle de 1780 . 15l

Frais de contrainte 36l

Frais de confection du rôle de 1779 . 15l

Frais de contrainte 28l

L'Assemblée municipale de Triaize ne voit point d'autres moyens pour diminuer les frais de contrainte que de se servir d'un sergent ou tel autre habitant qu'il plaira à l'Assemblée d'Élection de désigner, auquel on donnerait 1 livre par jour, au lieu et place de l'huissier des tailles, auquel il est alloué 4 livres par jour.

3° On demande un mémoire sur les vices qui peuvent s'être glissés dans la répartition de l'impôt et sur les moyens d'y remédier.

Il paraît d'un usage constant que les collecteurs diminuent leurs taux et, par une conséquence nécessaire, en surchargent d'autres !

On espère que cet abus ne subsistera plus, attendu que le rôle se fera par l'Assemblée municipale.

4° Il n'y a aucun établissement de charité dans la paroisse (1).

Les pauvres n'ont d'autres ressources que la libéralité des habitants , qui sont, la majeure partie, hors d'état de les secourir.

On ne voit aucun moyen pour détruire la mendicité. 5° Ouvrages publics.

La paroisse désirerait qu'on rétablît le chemin qui va de l'église au cimetière , consistant environ en 150 toises.

Elle avait offert, il y a trois ans, 350 livres, espérant que l'État suppléerait au reste ; mais, au défaut de ce secours, elle n'a pu entreprendre cet ouvrage, qui devient de plus en plus urgent. Elle serait, encore aujourd'hui, dans la même intention, si l'Assemblée provinciale voulait lui faire quelque gratification. La confection de cet ouvrage a été estimée à 1,000 livres (2).

ARTICLE II

Les différents édifices à la charge de la communauté sont en bon état, ayant été réparés depuis peu de temps.

(1) La situation est la même do nos jours.

(2) Le chemin dont il est ici question est aujourd'hui en bon état.

La récolte est on ne peut plus mauvaise ; à peine on a pu emblaver le quart des terres, à cause des pluies abondantes qui sont venues et qui ont inondé le peu de blé qu'on avait semé.

La communauté prie l'Assemblée du département de nommer une commission pour statuer du triste état de la récolte.

Le gouvernement n'a accordé, en 1787, que 907 livres pour indemniser quelques particuliers des pertes qu'ils avaient faites.

ARTICLE III

1° Il n'y a en la communauté aucune grande route. Il serait très-intéressant de rendre praticable le chemin qui conduit de Triaize à Luçon, qui est environ d'une lieue et demie, d'autant plus que c'est le seul débouché pour ses denrées et que, pendant tout l'hiver, on ne peut y passer ni à pied ni à cheval (1).

On observe que la communauté a un communal, éloigné du bourg d'environ 600 toises, qui lui devient presque inutile , par la grande difficulté qu'il y a d'y conduire le bétail pendant près de six mois de l'année (2).

2° On ignore absolument quelle était la tâche de la paroisse de Triaize, l'endroit où elle devait travailler, à

(1) L'état de ce chemin est très-satisfaisant : il a été classé au numéro 14 des routes de grande communication.

(2) Les communications avec les communes voisines sont devenues plus faciles. Deux routes traversent le bourg : la route n° 14 de Luçon à l'Aiguillon-sur-Mer et la route n° 25 de Vix à Moricq. Une nouvelle route, allant de Triaize à la Pointe-aux-Herbcs, est en construction et sera probablement terminée avant la fin de l'année 1878.

qui l'adjudication a été faite, le jour et le lieu où elle a été faite. Le prix a été énoncé à l'article 1er.

ARTICLE IV

1° La récolte consiste en froment, orge et fèves. La principale ressource consiste en bœufs, chevaux et moutons (1).

Il n'y a aucune lande dans toute l'étendue de la paroisse, ni aucun marais mouillé. Les pacages y sont assez abondants sans avoir recours aux prairies artificielles.

On juge qu'un des principaux moyens d'étendre le commerce des blés est de rendre les chemins praticables; pour encourager la culture et faire naître l'industrie, ce serait de proposer un prix à celui qui cultiverait le mieux ses terres et qui aurait le plus beau bétail.

Il y a seulement trois étalons dans la paroisse.

On observe qu'il y avait autrefois six à sept étalons, mais que, depuis qu'on a supprimé une partie des privilèges attachés à ceux qui en avaient, on ne se soucie plus d'en avoir.

2° La manière d'élever et de soigner les moutons est de les tenir l'été au parc et l'hiver au toit (2).

3° Il n'y a point de manufactures dans la paroisse, ni aucun moyen d'en établir (3).

(1) Les récoltes sont les mûmes qu'en 1788, mais en plus grande quantité, attendu que depuis cette époque on a défriché beaucoup de terrains et endigué deux lais de mer.

On élève les mêmes bestiaux, mais en bien plus grand nombre.

(2) Les choses se passent encore aujourd'hui de la même manière.

(3) La contrée est peu industrieuse; on ne s'occupe que d'agriculture, et à l'exception de quelques grandes fermes, le reste de la commune est

Naissances et population.

Il y a eu, en 1778 27 baptêmes.

— en 1781 44 —

— en 1782 35 —

— en 1783 35 —

— en 1784 37 —

— en 1785 36 —

— en 1786 41 —

On ne peut donner le dénombrement des enfants nés en 1787, attendu que le siège de Fontenay a demandé cette année les deux registres et qu'il n'a pas encore renvoyé celui qui doit rester entre les mains de M. le curé.

Le total des individus actuellement existant dans la paroisse est de 858 (1).

cultivé à la pelle par les habitants. Le commerce consiste en bœufs, vaches, chevaux, moutons, volailles, œufs, beurre, et une grande quantité de froment, de fèves, d'orge et d'avoine.

(1) Population totale de la commune d'après le dernier recensement : 1,482 habitants.

Maisons : 427. Ménages : 431.

Naissances, mariages et décès depuis dix ans.

Naissances.

Mariages.

Décès.

Les membres de l'Assemblée municipale de Triaize s'en rapporteront, pour leurs honoraires et les frais, à la prudence de l'Assemblée d'Élection de Fontenay et à ce qui sera décidé pour les autres paroisses.

Fait à Triaize, le 27 avril 1788.

Signé : Boulanger, chanoine de Luçon, député par le chapitre pour présider à l'Assemblée de Triaize , dont il^ est seigneur; F.-L. Chantreau, sijndic; Hillairet, curé de Triaize; Garos; Gouzin; J. Morin, greffier (1).

Eug. LOUIS.

(1) Chantreau était cultivateur en 1788. Il a laissé des descendants qui sont aujourd'hui propriétaires dans la commune. On y trouve deux familles de ce nom.

Hillairet a été curé de Triaize jusqu'à la Révolution. Quand il fallut prêter serment, il émigra en Espagne, où il resta quelques années , puis il revint en France et fut encore curé de Triaize jusqu'en %1 83 4. A cette époque on le nomma curé de Champagne où il est mort.

Aucune famille Couzin n'habite Triaize, mais on en rencontre beaucoup do ce nom dans le canton de Chaillé. Descendent-elles do celui-ci?

Morin était cultivateur en 1788; il a laissé des descendants qui exercent , le même métier. Cependant l'un d'eux est aujourd'hui capitaine en retraite.

Le nom de Garos est inconnu dans la contrée, et l'on n'a pu se procurer aucun renseignement sur Boulanger. (Tous ces détails sur Triaize sont dus à l'obligeance de M. Rivierre, maire actuel de la commune.)

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