EXTRAITS DES MEMOIRES
ADRESSÉS A LA COMMISSION INTERMÉDIAIRE DE L'ASSEMBLÉE D'ELECTION DE FONIENAY
cinq municipalités des cantons actuels de Challlé-le*-9Iaral*, l'Hcrmenault et Jlallleials.
I. — CANTON DE CHAILLÉ - LES - MARAIS Vouillé - les - Marais.
ARTICLE PREMIER
Impositions.— 1° Principale taille de la présente année 1788 3,700» »
Impositions l,734l »
Gapitation 2,249» »
Six deniers pour livres attribués aux collecteurs 97l 10»
(1) La troisième partie de co travail a été publiée dans lo 9» volume (2« série) des Annuaires de la Société d'Émulation
Droits de quittance 2l »
Frais de confection des rôles 401 »
Frais du recouvrement des tailles, de 1779 à 1786, coûtent, année commune 481 5»
2° A l'égard des huissiers aux tailles , ils sont taxés à 3 livres par jour, et chaque fois deux jours dans la paroisse ; cela fait 7 livres, ce qui est exorbitant et écrase le public. Pour y remédier, on pourrait les taxer à 20 sols par jour, comme on fait les garnisons, attendu qu'ils sont trèscommuns ;
3° En 1781, nous avons payé un rejet aux habitants de la paroisse du Langon, au sujet de la contestation qui régnait entre eux et nous, au sujet de notre communal, la somme de 521 livres.
4° En 1782, un deuxième rejet aux mêmes habitants du Langon, pour les mêmes causes ci-dessus expliquées, la somme de 500 livres ;
5° En 1786, un troisième rejet pour les mêmes causes, la somme de 1,000 livres ;
6° En 1788, un quatrième rejet pour la terminaison de tous procès avec lesdits habitants du Langon, la somme de 901 livres.
Établissements de charité. — A l'égard des établissements de charité, il n'y en a point dans la paroisse ; mais cela n'empêche pas qu'il n'y ait beaucoup de pauvres mendiants et presque personne pour les secourir. Cependant il y aurait le Seigneur de la paroisse qui serait dans le cî.s cl 3 les secourir, s'il voulait s'y prêter, attendu qu'il perçoit le cinq et le six des fruits dans ladite paroisse.
Ouvrages publics. — La paroisse de Vouillé est toute entourée d'eau et forme une petite île ; on n'en peut
sortir, presque dans aucun temps, sans bateau. Le chemin pour aller à Marans ou d'Aligre se trouve borné par un passage appelé le Pont-Grenouille, qui est très-dangereux, même quand l'eau est retirée ; on ne peut y passer ni de pied, ni de bateau, ni à cheval ; plusieurs personnes ont manqué de périr. Pour rendre ce chemin praticable, on sera obligé de faire une chaussée de trois cents brasses de long ou environ, sur la largeur ordinaire des grandes routes, qui se trouvera placée dans l'ancien chemin, ce qui ne fait préjudice à personne. En cas que Sa Majesté voudrait faire décider la corvée sur le chemin ci-dessus parlé, on trouvera des pierres dans le bien du Seigneur. On demanderait une chaîne pour arrêter les voleurs.
Le chemin pour aller à Fontenay se trouve également borné par un passage appelé Passage du Gué-de-Velluire, aussi dangereux que le premier ; mais il ne serait pas juste que Sa Majesté obligeât la paroisse à le faire totale ment, attendu que la paroisse du Gué en profiterait comme la nôtre, au moyen des denrées considérables qui peuvent venir de Marans par terre à Fontenay-le-Comte et successivement de Fontenay-le-Gomte à Marans ou d'Aligre.
ARTICLE II
Récolte et désastres. — A l'égard de la récolte de la présente année, elle est' très-mauvaise pour le grain ; premièrement par suite des grandes vimères d'eau qui sont venues dès la Saint-Michel dernière et ont continué jusqu'au mois de mars, ce qui a coûté à cinq particuliers la somme de 900 livres ou environ, pour sauver leurs digues ou levées. Comme la paroisse de Vouillé ne consiste qu'en très-peu de terrain desséché et une petite plaine, l'autre partie est composée de bois et de prés qui ont été mouillés jusqu'au mois de mai, ce qui a causé une perte très-considérable à toute la paroisse. Il n'a point été
accordé jusqu'à présent aucune somme par le gouvernement pour le soulagement de la dite paroisse
article m.
La paroisse de Vouillé-les- Marais se trouve placée à deux lieues de Marans et à une demi-lieue de la grande route de la Rochelle à Nantes, et à une demi-lieue du Gué-de-Velluire.
Il n'y a point de grande route dans la paroisse ; il n'y a que celles qui sont expliquées ci-devant, qui sont très* dangereuses.
Corvée. — La corvée de l'année 1787 se monte à 8721 18s 4d ; pour le recouvrement du rôle, à 121.
Ladite corvée a été donnée à l'adjudication devant Monsieur le Subdélégué de Fontenay-le-Comte, nous ne savons pas à qui, ni même le prix d'icelle.
ARTICLE IV
Objets de récolte. — La récolte de la paroisse de Vouillé consiste en très-peu de blé, froment et baillarge. Il y a peu de prés qui sont mouillés. Il y a des années qu'on recueille très-peu de foin, et d'une mauvaise qualité ; il y a aussi un peu de bois ; il y a aussi un peu de vignes, qui sont d'une mauvaise qualité. Aucune industrie ni commerce ; le monde s'occupe à cultiver la terre et ramasser son peu de produit qui se consomme sur les lieux ; il n'est pas même suffisant, car on est obligé d'en acheter.
Il y a un marais mouillé , qu'il est intéressant de conserver, pour faire subsister la paroisse.
Point de prairies naturelles ni artificielles, point de pacage ; le tout est mouillé. .;
Bestiaux, étalons. — On y élève des vaches et des brebis, très-peu de veaux, et des juments à l'égard des étalons. Il y en a un qui appartient à Monsieur Ménard du Langon, mais il n'est point à la proximité de la paroisse. Le marais mouillé se trouve entre le lieu et la paroisse ; souvent il est couvert, et dans le temps qu'il faut faire servir les juments, il serait très-dangereux d'y aller. Le dit étalon est plus serviable à la paroisse de Ghaillé qu'à celle de Vouillé, attendu qu'il n'y a point d'eau à passer.
On demande un autre étalon bien corporé et bien bâti, suivant le pays, c'est-à-dire un bon cheval de marais ; on indique un endroit pour le placer, c'est le prieuré du dit lieu, qui est dans le bourg; là il se trouvera à la proximité de toute la paroisse.
Référé des naissances :
En 1778 il y a eu 35 baptêmes.
En 1779 — 48 -
En 1780 — 27 —
En 1781 — 52 —
En 1782 - 35 —
En 1783 — 41 —
En 1786 - 34
En 1787 — 43 —
L'Assemblée municipale s'est assemblé cinq fois, et a employé cinq jours à faire l'ouvrage. Le syndic a passé six jours à demander l'avis au syndic de la province et porter les réponses, distance de trois lieues,
Délibéré à Vouillé-les-Marais par les membres de la municipalité, le vingt-sept août mil sept cent quatre-vingthuit.
Gaudineau aîné ; Boudet ; Jean Godin ; N. Renaud ; François Robert ; Mathurin Robert, greffier; Seguinot, syndic.