‹ Le bas-relief romain à représentations historiques;Chapitre 16 sur 33 · PI. XII-XIII · texte numérisé non relu

PI. XII-XIII

2 PI. XV. — Disons à la décharge de l'artiste, que, le pays des Daces étant très montagneux, les personnages du second plan, dans certaines scènes, peuvent bien réellement occuper un point plus élevé que ceux du premier et la superposition des figures être ainsi d'accord avec une perspective exacte.

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à la fois dos prisoniiiors daccs gardés dans les retranchements et ronipereurdistrihiKuitdcs rc'compenses à ses troupes'. Trajan travcrse-t-il un lleuve sur un pont de bateaux, nous apercevons les deux rives, sur l'une le camp qu'il vient de quitter, sur l'autre le fort ennemi dont il veut s'emparer-. Des cavaliers daces sont engloutis sous la glace que leur poids a rompue ; les trois parties de la scène sont représentt^es ; au milieu ceux qui se noient, de chaque côté ceux qui ont déjà passé le fleuve et ceux qui sont demeurés en arrière -^ Dans l'attaque d'une forteresse l'omaine, le mouvement tournant des ennemis est indiqué; l'infanterie dace, par devant, lance des flèches et manoHivre un bélier, tandis que des catafractaires sarmates vont prendre les assiégés à revers '^

Voilà donc la scène agrandie, l'horizon reculé, le tableau d'histoire avec toutes ses péripéties dramatiques presque aussi largement représenté que par la peinture. Mais ce n'est encore qu'un tableau isolé. Complet en soi et formant un tout, il n'est cependant lui-même qu'une partie à l'égard d'un tout plus considérable ; il n'est qu'un épisode de la guerre tout entière. Si l'on pouvait réunir ces tableaux et les juxtaposer, mieux encore les fondre dans l'unité d'une même surface et, au lieu dune série de fragments distincts, ra})prochés mais non liés intimement, si l'on pouvait les dérouler d'une suite ininterrompue, conduire de l'un à l'autre sans secousse et sans heurt, avec les mômes transitions insensibles que dans la réalité, ne donnerait-on pas au spectateur l'impression pleine, absolue, qu'il fait, lui aussi, toute la campagne aux côtés de Trajan et (ju'il revit en quelque sorte cette guerre elle-même? Ne serait-ce pas cette fois, au lieu de tableaux historiques, le hvre d'histoire lui-même, écrit sur le marbre comme d'autres l'écrivent sur le parchemin, l'histoire proprement dite avec son ampleur, son développement continu et la puissance aussi que cette continuité lui assure^? Nous toucherions alors au sommet, il la r(''alisation complète de ce que le bas-relief romain poursuivait depuis plus d'iui siècle, il travers des tâtonnements, des

' PI. X.WIII-X.WIV.

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