‹ Le Beau réveilChapitre 6 sur 13 · Vint l'offensive de Champagne. Léo s'exalte à · texte numérisé non relu

Vint l'offensive de Champagne. Léo s'exalte à

pensée des victoires... Le soir du 27 septembre 1915,

;re héros qui, blessé le matin d'une balle en séton

lis le haut du bras, n'avait pas voulu qu'on l'éva-

|it, participa à une attaque à la baïonnette.

i D'une très belle tenue au feu, d'un sang- froid et

d ne bravoure à toute épreuve, il avait su communi-

q?r aux hommes de sa section le courage qui l'ani-

n it. 11 les entraîna dans un vigoureux assaut jus-

q au réseau de fils de fer d'une tranchée ennemie, et

tiiba à ce moment, frappé d'une balle en pleine

} Irine » (I). U tomba face à l'ennemi, u indiquant

e:ore, par la position de son corps, la direction à ses

kmmes » (2). U avait communié avant l'attaque.

3a ne peut lire, sans une profonde émotion, ses l'tres (3), toutes simples et toutes pleines de son

1) Lettre du lieutenant colonel G. à M. le Docteur LatiL

2) Lettre du lieutenant K...

3; Lettres d'un soldat. (« Pages actuelles », Bloud).

âme. Elles témoignent de la tendresse de son cœ de la hauteur de son idéal, de la ferveur de sa foi.

11 s'était habitué très vite à la vie du front trouvait de l'attrait ; il en acceptait les rudes épreu avec générosité, et les rares joies avec reconnaissao Il avait un entrain et une gaîté remarquables : « suis fier de mon régiment... Tous ces jeunes gens s admirables... Je suis si bien à ma place, si droitem et si facilement engagé pendant ces mois, que v devez être heureux en pensant à moi... » — « Je v assure que je n'ai jamais perdu ma fermeté ni me cette sorte de joie qui me soutient, w — « Ma volonté demeurée maîtresse de moi. J'ai toujours eu (pend ces vingt-cinq jours de tranchée) les forces, le coure l'entrain qu'il fallait. J'étais gai et j*ai toujours pu monter mes hommes. »

Cette gaîté-là est une vertu, et son rayonnemeni bienfait. Rien qui ressemblât à la joie bruyant» fanfaronne, — souvent factice. Sa sensibilité exqi faisait vibrer ce poète à toutes les douleurs qui le laient, mais il eut le courage de réagir contre tout a] temeutqui eut été un mauvais exemple. '

Sa bravoure était réfléchie ; dans son idéal chrét elle avait sa place marquée : « Pour supporter s découragement, sans lâche tristesse, la vie qui d est imposée, il faut s'efforcer de vivre comme un s; et désirer les sacrifices, aller au-devant d'eux. » — n'ai pas à vous demander de prier pour moi ; nep pas pour que les souffrances me soient épargnées, p que je les supporte, pour que j'aie tout le courage j'espère. 11 ne faut pas perdre de vue que nous dM nous battre pour de grandes choses. »

Il avait à un haut degré ce goût du renoncen

ipprend l'Évangile. Il appartenait à cette généra-

1 que Péguy a appelée la génération sacrifiée.

icrifiée, cela veut dire que, dès l'abord, elle accep-

ce sacrifice à quoi elle se sentait prédestinée » (1).

)ésirer les sacrifices, aller au-devant d'eux ! La

oie semble d'un ascète. Dieu sait pourtant comme

cœur, si tendre et si aimant, a dû saigner ! On le

ine un peu, par ce billet qu'il écrivit peu de jours

fnt sa mort : « L'heure est grave, je le sens. Il faut

5 prêt. Mon sacrifice m'est léger et facile, mais ce

m'est intolérable, c'est de penser à la douleur des

ns, surtout de mon père » (2) ..

La tendresse qu'il avait pour les siens, il la répan-

% aussi sur ses camarades et les hommes de sa sec-

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