LORSQUE JE REVIENDRAI
En me voyant entrer, le clos aux grands murs gris,
Où la treille vivace et féconde serpente.
Resserrera sur moi ses murailles tremblantes.
Comme un aïeul tendant ses vieux bras attendris.
La glycine, la source où le merle vient boire.
Les fraisiers curieux, le pin, les noisetiers.
Lorsque je passerai dans leurs petits sentiers,
Diront: « Maître chéri, contez-nous votre histoire!... »
Et quand j'aurai parlé, les lis au front penchant. Embaumant de candeur le flanc de la colline.
Le pin sentencieux, la troublante glycine,
Tous diront, étonnés:
« Comme l'homme est méchant! »...
Les oiseaux désertant le cèdre centenaire,
Répéteront en chœur, en me voyant venir :
« Puisqu'il fût malheureux, puisqu'il faillit mourir.
Il ne nous tuera plus avec son gros tonnerre ! »... ==>
Même un lièvre timide osera s'approcher...
A petits pas... Assis parfois sur son derrière.
Et ses yeux suppliants seront pleins de prières :
« Ne sois pas mécontent?... Ne va pas te fâcher? »...
Moi, je lui sourirai... — Comme un prince charmant. Béni par les sujets de son humble royaume... —
Et j'irai par les bois, et j'irai par les chaumes.
Dans un perpétuel et vaste enchantement...
Les chantres du Printemps, pour moi, feront entendre Une aubade plus chaude, un salut plus vibrant...
Les fleurs se pencheront sur le bord du torrent.
Avec des coloris plus discrets et plus tendres...
J'entendrai soupirer les branches de l'yeuse.
Sous l'archet du zéphir, ainsi qu'un violon...
— Le trajet du soleil me semblera plus long...
— Les scarabées seront en pierre précieuse !
Le baiser de ma muse aura le goût du miel,
L'Aurore me tendra des gerbes de promesses !
Je rêverai d'essors, d'éternelle jeunesse...
Et je me griserai de tout l'azur du ciel !
Le soir retentira de subtiles musiques...
Le fond vertigineux du sombre firmament.
Au lieu de m'oppresser d'un étrange tourment, M'emplira de la paix d'une extase angélique.
Mon sommeil sera doux comme un sommeil d'oiseau...
Me sauvant de l’assaut des cauchemars terribles, f De beaux rêves prendront mon esprit insensible, | Dans les mailles d'argent de leur léger réseau.