‹ Le beau sacrifice, 1914Chapitre 8 sur 13 · L'INUTILE LEÇON · texte numérisé non relu

L'INUTILE LEÇON

Les pelouses sont moissonnées.

Où l'étoile d'or des jonquilles.

Piquait sa lueur qui scintille...

— Les fleurs du grand lis sont fanées..

Sur une branche, des pigeons.

Polissent du bec leur plumage.

Rutilant comme un coquillage.

Et font courbettes et plongeons

Une rumeur dans l'air tranquille, Qui passe et frissonne un instant, Révèle l'humble battement Du cœur endormi de la ville.

L'oiseau chante...

. On croirait ouïr

Crier la feuille agonisante,

Qyi se débat et, frémissante,

Se plaint à l’hiver de mourir !

Le jardin vide est plein de choses.

Qui parlent à mon cœur d'enfant ; J'aime les anciens coins moroses.

Qu'un peu de mystère défend.

J'aime la tonnelle abolie.

Car il y fait humide et noir.

Et l'air de rustique manoir.

De la Chapelle ensevelie...

Lorsque la cloche cristalline.

Fait tinter son timbre inégal,

Sur le toit gris de l'hôpital.

Parfois, je pense aux Feuillantines.

Vieilles choses, — vieille saison. —

Comme vous emplissez mon âme D'un limpide et pieux dictâme...

— Comme vous calmez ma raison ! —

Je m'abandonne au charme rare De vivre et de rêver sans bruit...

C — Pour mieux mûrir, comme un beau fruit Mon cœur du monde se sépare... —

11 gagne en paisible bonté.

Ce qu'il avait perdu naguère,

Aux écueils fous de la colère ;

Et l'ennui l'a réconforté.

Je connais le bien qu'il faut faire, A voir la douceur du moment :

ç Pour être heureux parfaitement.

Sache réfléchir et te taire... —

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