‹ Le beau voyageChapitre 49 sur 75 · PAGE · texte numérisé non relu

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Nuit. — J'ai porté le vase de roses à la fenêtre. Je ne les ai pas réveillées. Nul pétale n'est tombé.. Je jouerai du piano quand l'aube va paraître... Lasse de trop d'amour et sans doute très rose, On t'entend respirer dans la chambre à côté. Et, dans la maison vaste où tout dort et repose, La petite nuit marche à pied de bas..... Mais moi A mes lèvres mouillées je garde ton baiser Et l'approche de la fenêtre ouverte sur les bois... — On ne perçoit rien d'autre que le souffle de la cheminée. Et puis, de temps en temps, c'est la bûche qui rêve Et qui marmonne, en s'éteignant, je ne sais quoi!

Tu dors, et je suis là, et la nuit est très belle.

Les cils des étoiles luttent contre un pâle sommeil.

D'ici même je te distingue, et c'est charmant...

Tu as penché la tête à droite en t'endormant...

Je vois la tache claire de ton épaule nue.

Qui deviendra de plus en plus claire d'heure en heun

Dehors commence à s'éveiller la petite voix saugrenue

Des bêtes; elle se mêle à la voix monotone et plus gi

Qui, comme un long chagrin qu'elle aurait dans lé c

Sort éternellement de la bûche qui rêve...

La campagne adorable nous envoie son odeur.

Le jardin apparaît, tout blanc, décoloré.

Je ne sais quelle brise erre dans les allées,

Et, comm.e il faut attendre que l'aube veuille naître,

Sur mes lèvres mouillées, salines, ventilées,

Ton baiser sèche à la fenêtre,

A LETTRE Dl JARDINIER

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