‹ Le beau voyageChapitre 52 sur 75 · L.a Toussaint ou la Chandeleur · texte numérisé non relu

L.a Toussaint ou la Chandeleur

Jela fait rêver leur mort très bonne, très belle,

^vec un peu de somptuosité

^uisque vous autres fleurs vous en avez été,

/dus qui mourez pourtant de la façon habituelle...

,"fous deux aussi nous aurons nos fleurs, p'est une vérité terrible. — Les vois-tu P l^eux qui les choisiront sauront-ils les meilleures? Cette sentimentalité suprême et convenue le paraît tendre...)

|uand nous serons loin l'un de l'autre, vers septembre, îhacun dans son pays, dessous les herbes fines, t que nous porterons sur nos pauvres poitrines, lomme un beau compliment, les fleurs qu'on aura mises, jasseroses des passereaux, violettes grises, jh! si je pouvais t'envoyer les miennes!

LE POÈME

LE POÈME

1 vers c'est un lointain rideau de peupliers.

a bien l'ombreuse allée et la voiture au pas. îs miens sentent parfois la bonne humidité, 3S uns à la campagne et d'autres dans un parc, ieux qui sont à la ville ont envié ceux-là!) ais, tous languidement portant le même été, u*est-ce qui les fait donc frissonner dans les cimes, ae ce soit celui-là, maigre et bleu par les champs, la les plus forestiers ou les plus maritimes? ju*est-ce qui les fait donc trembler pareillement

De bas en haut jusqu'à la cime balancée?...

Ah ! quel même chagrin habite au cœur des brandies

Les lie d'une douleur obscure et très foncée?...

Ces vers serrés, pareils à la grande feuillée,

Quelle invisible peine est là qui les dérange,

Et, quand l'air tiède et doux ne contient pas un souffl(

A quel vent inconnu ont-ils donc répondu?

Ils sont extrêmement sensibles : un rien les trouble..

Peuplier, à Torée des bois, que penses-tu?

Pâle, de la pâleur des longs pressentiments,

Tu gardes la forêt, et ton souci s'exhale

D'un geste féminin élancé et charmant,

Et, plein d'un vieux restant de soleil, tu murmure

Là-haut, tout seul, ami, ton murmure natal!

Eux, à l'intérieur, les grands arbres s'éprennent.

Ils forment tout un peuple enchevêtré d'allées,

Où tremble au bout le rideau léger de la plaine.

Ahî comme ils sont pareils vraiment à la forêt.

Ces vers si fortements pressés qu'on s'y perdrait!

Poème, bien aimée aux mouvements de palmes, j

J'ai traversé ton cœur comme un petit bois calme

Les ramiers par moment ont remué les voûtes.

Et tu fleurais la feuille chaude et le duvet.

J'avais peur de ne plus m'y retrouver jamais

Tant les branches s'entrebrouillaient, et tant la roi

LE POÈME. 225

^^st longue! Pas de ciel autour des mares; seule,

La lumière de l'eau emplit toutes les feuilles.

Mais voici que les arbres claircissent. La lisière

Lst proche, et vient l'odeur des menthes que l'on cueille

En plaine. C'est la fin. La plainte est plus légère

Va plus domestiquée, l'on dirait, dans les branches.

I>rusquement on débouche. Tout ciel. L'air est immense.

Le vide solennel et muet de la plaine.

Et, seul, pour terminer l'horizon du poème.

Là-bas le bleu lointain rideau des peupliers.

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