DANS L'ALLÉE
ïu te mis là, jeunesse, à deux pas, accoudée,
Avec tes yeux sans rêve et ton front sans idée,
Interrompant, pour prix de ma tendresse offerte,
Ta joie de jeune chien dans la campagne verte,
Et ton profil venait appuyer sa pâleur
Sur fond de lierre dur et de troène en fleurs...
La jeunesse est pareille aux portes gazonnées :
On y voudrait coucher ses dernières années.
Moi, j'étais là, pensif, timide tout à coup
Dans cette ombre, honteux comme un vieux rendez-vous.
Et ton rire cruel, terrible et minuscule
Scandalisait divinement le crépuscule.
au
J'avais peur; mon amour était doux à pleurer.
Rien que pour voir je m'arrêtai de respirer,
Et je ne trouvais plus ce qui nous reste à dire
Lorsque l'on a passé l'âge exact du sourire...
Toi là, moi là, parmi cette fin de journée
Et le soulagement exquis de la rosée,
Nous restions, l'un trop lourd et l'autre trop léger,]
Avec un petit vide entre nous, et c'était
— Seuls ainsi, à demi craintifs et sans un mot,
Charmant comme un vieillard qui regarde un oiseai