LA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
[enant plus du rayon que toute autre lumière...
îlle emplit les cheveux; elle fait des crinières
/'ivantes de deux mèches folles sur un front...
/amour te suit de l'œil, nimbé, dans les plafonds,
l'eu sans chaleur, subtil, artiste, approprié
L ces moments de luxe où tu parais, lustré,
)omestique élégant et délicat
)e nos désirs et de nos rêves...
« Tout cela.^
)iras-tu.A quoi bon tous ces mots, pour sipeu.^... » ais, chérie, sais- tu bien que ce peu c'est beaucoup? est le feu, le cher feu qui rend le soir plus bleu^ t ton front plus charmant avant qu'il ne s'endorme.
|uel qu'il soit, ma chérie, il faut aimer le feu...
ur ta chair, sur tes lourds cheveux faut ce manteau d'or épais et magnifique, i quand la peur du soir s'insinue et nous frôle aime à voir circuler ces frissons électriques ur l'eau pâle de ton épaule.
utrefois quand mon père, au soir, soufflait la lampe,
feu mourait dans la maison, aintenant il veille. Il est là, qui rampe ans le mur, qui s'enveloppe au fond e l'omhro, prêt à surgir, d'un bond :
C'est le sommeil do la lumière.
Nous avons adopté cette amie coutumière
Dans nos demeures. Elle préside à tous nos actes.
Lumière abstraite, mathématique, exacte.
Pourtant il est un soir qu'elle est inopportune.
Un soir qu'elle nous gène affreusement, un soir
Où son regard fixe et sans âme aucune
Irrite cette femme, au pied du lit, en noir...
Car nous ne voulons pas qu'elle éclaire nos morts
Car elle ne meurt pas, elle! Et nous voulons enco
Une flamme qui se consume
Qui palpite, s'émeuve, et qui comprenne
Notre vaste amertume...
Ce soir-là, les bougies dans la maison s'allument.
Ce serait pour nos yeux comme une atroce gêne
De supporter ces grands yeux d'or
Dont l'intensité terrifie,
Et de voir, au milieu de ce sombre décor.
Nous qui restons lorsque tout passe,
La rigidité implacable de la vie
Éclairer, fixe, et face à face
L'autre rigidité soudaine de la mort.