‹ Le bégaiement dans la littérature médicaleChapitre 10 sur 22 · Rev. hebd. de Laryng · texte numérisé non relu

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phonation, d’affaiblissement du contrôle psychique de ces organes. L’hystérie, l’hérédité, l’habitude jouent aussi un rôle important.

L’opinion de Rabiner 1 paraît être celle de Pitres : beaucoup de bègues sont hystériques, et il faut toujouts rechercher cette névrose.

Coèn 2, dont les nombreux travaux sur le sujet vont de 1872 à 1897, occupe une place importante dans cet aperçu historique. Il fait dépendre le bégaiement de la diminution de pression de 1 air dans les poumons par suite d’un vice d’innervation. Il a constaté chez ses malades un ou plusieurs des symptômes suivants : dénutrition générale, déformation du thorax comme chez les phtisiques ou les emphysémateux, une respiration irrégulière superficielle sans affection pulmonaire, une émaciation et une faiblesse des muscles respiratoires.

Le mémoire de C. Biaggi 3 sur les rapports du bégaiement avec les affections du nez et du larynx est intéressant par la conviction de l’auteur, et par les documents complets qu’il a amassés pour son travail auquel je les emprunterai. « Si Colombat, dit-il au début, n’a rencontré sur six cents bègues aucun défaut des organes de l’articulation, c’est que les moyens d’observation étaient imparfaits en ce temps-là. » Weit^er avait noté une disposition anormale de la langue, Berkhan voyait la cause du psellisme dans 1 irrégularité de la forme du palais et la disposition défectueuse des dents. Pour Klencke, le bégaiement est le résultat de la scrofule. Winckler et Kafemann ont constaté une micropolyadénite cervicale. Quand on considère le cadre formé par le palais ogival de Berkhan , la pléiade ganglionnaire de Kafemann ,

1 habitus phtisique décrit par Coèn, on pense nécessairement au syndrome présenté par ceux qui ont une obstruction nasale par pharyngite chronique ou rhinite hypertrophique. Cet état morbide s’accompagne, du reste, de développement facial défec-

1. Mutisme et bégaiement chez les hystériques, Th. de Paris, 1896.

2. Zur Pathologie, Aetiologie und Thérapie der Stotterüb, 1872. — Beobachtung u

Erfahr. auf dem Gebiete der Sprachheilk., 1897.

tuenx, d’altérations thoraciques, de troubles intellectuels, de dénutrition générale. 75 % des bègues traités par l’auteur italien souffraient d’une insuffisance respiratoire. Cette insuffisance peut tenir à une hypertrophie de tout l’anneau lymphatique de Schwendt, à une hypertrophie exclusive des amygdales palatines, du pharynx et de la muqueuse nasale, à une sténose squelettique du nez. Sur 75 °/0 de ces bègues, 33', 3 °/0 avaient de la rhinite hypertrophique, 20 % des végétations adénoïdes, 16,

6 % de l’hypertrophie de tout l’anneau lymphatique. Kafemann avait trouvé des végétations chez 4 6 % des enfants bègues, Schellenberg , chez 50 %, Winkler , chez 30 °/0, Gut^mann, chez 50 %. On a vu un cas d’ozène sur 90 bègues. Bresgen considère également les affections naso-pharyngiennes comme le facteur le plus important du bégaiement. Voici la pathogénie de l’affection. L’enfant, qui a une cause d’obstruction naso-pharyngienne s’opposant à l’action des nombreux muscles utiles au langage, doit faire des efforts exagérés; ses centres nerveux donnent une impulsion anormale et fausse qui, répétée, amène une altération de la fonction. Les modifications, produites par l’obstruction nasale sur la circulation sanguine et lymphatique du cerveau et sur les sinus de la dure-mère, ne peuvent être sans influence sur les centres du langage facilement vulnérables s’ils sont prédisposés par une tare héréditaire.

Makuen 1 a passé en revue les lésions locales présentées par 140 bègues : il a trouvé une fois le frein trop court, et quatre fois les fibres du génio-glosse trop courtes aussi ; les amygdales palatines et pharyngienne sont souvent hypertrophiées, les lésions intra-nasales fréquentes ; le catarrhe du nez et de la gorge est la règle. Dans les causes, il admet pourtant l’hérédité (un tiers des cas), l’imitation, une frayeur, un traumatisme. Le bégaiement serait, en somme, une perturbation dans le mécanisme cortical du langage, ou dans le système nerveux unissant le mécanisme cortical avec les deux mécanismes périphériques : voix et articulation.

1. Therap. Ga%., 1897, et Rev. inter, de rhin., etc., n° 2, t. II, 1898.

A propos d'un cas de bégaiement complexe à spasme pharyngo-œsophagien,/^^ 1 émet l'avis qu’il y a, dans cette affection, occlusion glottique spasmodique.

Après avoir défini : stuttering , le spasme clonique des organes articulateurs, caractérisé par la répétition d’un son avant que les organes puissent combiner les mouvements nécessaires à la production du son suivant, généralement une consonne; et stammering , le spasme tonique plus marqué des mêmes organes qui sont, pendant quelques secondes, comme incapables de se séparer pour prononcer une voyelle, W. Scheppegrell2 3 4 considère le bégaiement comme un trouble fonctionnel des centres du langage. Les lésions locales en favorisent le développement, mais elles ne peuvent pas à elles seules causer l'affection qui nécessite pour s’établir certaines conditions physiologiques et psychologiques.

Dans sa thèse, Thomas-Derevoge 3 insiste sur le défaut respiratoire, la faiblesse de la volonté ; il y a souvent chez le bègue un spasme inhibitoire de la phonation, la phobie du mot.

Gutgmann 4 considère le bégaiement comme une névrose de coordination spastique. Le siège est central, c’est un mal fonctionnel. Il n’y a pas lésion, mais faiblesse des fonctions cérébrales. Souvent on trouve des obstacles anormaux dans les voies respiratoires. L’auteur allemand appelle stotterer le malade qui dit : kkkkape pour kape, et stammer celui qui prononce tape ou pape. Seul, le premier serait un bègue, le second présenterait une dyslalie particulière. On trouve également dans cette brochure les théories de divers médecins ainsi résumées. Denhardt et Heymann considèrent le bégaiement comme d’ordre purement psychique; les troubles de l’articulation sont volontaires; il y a de plus la peur de certains sons. Pour Berkhan , Oltupjzvski et Ssikorski , l’élément psychique est peu important, et le vice de

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