Uber Stammlen und Stottern, 1829. Cité par Pons Simon
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veut étudier les phénomènes qui donnent naissance au bégaiement, on a donc un programme tout tracé : il consiste à rechercher en quoi ces trois fonctions diffèrent, chez nos malades, de ce qu’elles sont chez un individu parlant correctement.
i° Respiration. — En ce qui concerne la respiration ordinaire, physiologique, ayant pour but l’hématose, on voit qu’elle s’effectue généralement bien chez le bègue.
La respiration vocale est tout autre. Déjà l’inspiration doit être plus ample, et elle demande l’action de muscles plus nombreux. Mais l’expiration doit nécessairement avoir une durée plus prolongée, et, au retour sur lui-même du poumon dû à son élasticité, les muscles inspirateurs ont besoin de s’opposer pour que le courant d’air sorte doucement et régulièrement. La méthode graphique permet de s’assurer qu’après une inspiration profonde qu’on lui aura recommandée, le bègue pourra filer un son, la voyelle a, par exemple, pendant autant de secondes qu’un sujet sain. Mais, en observant le malade non prévenu et en le faisant parler, on constate ce qui suit : pour inspirer avant de parler, au lieu d’ouvrir la bouche et d’écarter les dents comme tout le monde, il serre ses mâchoires, rétrécit sa bouche par le froncement des lèvres, oppose ainsi un double obstacle à l’air qui est forcé de pénétrer seulement par le nez. La langue est souvent agitée par des mouvements tumultueux qui élèvent sa base et obstruent l’isthme du pharynx. Enfin, la glotte peut se fermer convulsivement à ce moment, ce dont l’auscultation permettra de se rendre compte. Ces obstacles levés, le malade en profite pour dilater brusquement sa poitrine au maximum. Il consomme une quantité d’air considérable, et cependant il est continuellement à bout d’haleine, car il est incapable de s’arrêter à volonté, de faire par exemple, une pause entre les deux temps de la respiration. Il essaie de parler quand il n’a plus d’air dans ses poumons ; ou, lorsque l’inspiration a été profonde, il ne peut graduer son expiration au moyen des muscles inspirateurs.
2° Phonation. — Le larynx du bègue fonctionne normalement pendant la respiration ordinaire, pendant le phénomène de l’effort
et même pendant l’émission d’une voyelle isolée : avec le laryngoscope, on s’en assure facilement. Mais, assez souvent, au lieu de rester lâches et écartées lors de l’inspiration, les cordes vocales se tendent et se rapprochent anormalement : d’où une sensation de constriction à la gorge, un bruit assez fort dû au frottement de l’air sur les ligaments vocaux. Parfois, le malade est incapable de commencer sa phrase quand il le voudrait; il reste longtemps avant de pouvoir prononcer une syllabe. Deux hypothèses sont possibles dans ce cas : ou la glotte reste ouverte et laisse échapper l’air silencieusement, ce que décèle le retrait des parois thoraciques; ou la glotte est, au contraire, contracturée, fermée complètement. Ce dernier fait est mis hors de doute par une sorte de son rauque, de « rugissement » disait Morgagni , qui se produit au moment où le bègue ne peut plus retenir l’air, et qui annonce à l’entourage l’intention où il était de parler. La voix de ce s sujets est généralement très aiguë, car les cordes vocales sont tendues à l’excès ; de plus, elle est souvent entrecoupée au milieu des syllabes ou des mots par des haltes brusques, signes manifestes de la fermeture spasmodique et involontaire de la gorge.
3° Articulation. — En général, le bègue présente une grande facilité à prononcer les voyelles. Celles-ci en effet, sont des sons presque exclusivement vocaux, c’est-à-dire formés dans le larynx, et elles peuvent se prolonger tant qu’il y a un courant d’air pulmonaire pour les alimenter. Cette facilité se remarque surtout au commencement des phrases, car le malade peut prolonger le travail laryngé et prendre son temps pour lui associer le travail articulatoire. Quant aux consonnes, la difficulté à les émettre croît avec leur nature : les explosives étant éminemment instables, ne pouvant être maintenues, causent le plus d’embarras. Les lèvres sont souvent le siège de mouvements convulsifs rendant impossible la succession des positions nécessitées par les lettres qui se suivent dans une syllabe, ou un mot. Enfin, la langue est, elle aussi, animée de spasmes violents qui s’opposent à sa mise en place pour les diverses consonnes auxquelles préside cet organe.