Troubles de la parole
vaincre la tension musculaire vocale et consonantique. La respiration s’effectue mal et il y a spasme des muscles vocaux.
De sa thèse 1 2 et d’un article publié deux ans plus tard % on peut déduire les idées de Pons-Simon sur une affection dont il était atteint lui-même. Le bégaiement est une névrose caractérisée par l’arythmie respiratoire et un spasme intermittent des muscles concourant à l’émission de la parole articulée. Ce médecin s’était assez bien étudié, sans se guérir du reste : seul et dans l’obscurité, il ne bégayait pas; il pouvait réciter des centaines de vers sans bégayer, parce que, dit-il, « dans la déclamation, il y a le rythme et l’harmonie. » Il insiste surtout sur le facteur étiologique hérédité. Il a observé des familles où il y avait plusieurs bègues; et, selon lui, quand tous les enfants d’une famille ne sont pas bègues, ils sont tous névropathes.
Avec Matheson 3 4, nous revenons aux causes locales du bégaiement qui serait surtout produit par la présence, dans l’enfance, de végétations adénoïdes ou d’affections nasales (hypertrophie des cornets, rhinite hypertrophique). Le mouvement spasmodique des muscles de la gorge est dû à l’irritation réflexe.
Sabrages* a fait l’autopsie d’une femme, fille de père bègue, et bègue elle- même. Il n’y avait rien d’anormal du côté de la langue, de l’arrière-gorge, du plancher de la bouche, du larynx. Au cerveau, la circonvolution de Broca était plus développée à droite qu’à gauche; elle s’étalait sur une plus large surface, était sillonnée d’incisures profondes et faisait un relief plus accentué. Sans insister sur ce fait unique, je note dans le même article les indications suivantes. Dans un cas, le bégaiement a été rattaché à une tumeur comprimant l’hypoglosse; Luys l’attribue à des lésions du cervelet, Jaccoud à des lésions bulbo-olivaires. Charcot l’a vu survenir à la suite de l’envahissement de la moelle allongée par dégénérescence tabétique des cordons postérieurs. En 1885, Dubreuilh a rapporté un cas d’atrophie de la troisième frontale
. Essai sur le bégaiement, Th. Montpellier, 1884.