SCENE VU
RENAUD. — Chère madame, vous avez gagné... je joue le poker.
YVONNE. — Alors... prenez garde à vos poches... cai' ils jouent tous très serré ici!... Ainsi, Naudet passe sa vie à relancer.
N.\LDET. -r- Oh! relanoer... Je relance souvent en effet... mais ça ne me réussit guère.
YVONNE. — Je n'ai pas compris... tant pis pour vous. Je n'ai pas compris.
{Long silence.) Vous voyez vous avez jeté un froid. Et votre voyag^e en Bretagne, en êtes- vous revenu content?
RENAUD. — Non; j'allais là-bas auprès d'un oncle... très mala<;le... très souffrant... il est mort !
YVONNE. — Oh! 'pardou !
MAUSEY. — Par contre, cher monsieur, vous y avez vendu, paraît-il, un table&u qui a fait sensation ! .
THÉRÈSE, bas, à Marsey. ■ — Votr<j « par contre » est idiot !
ren.AlUD. — Mais!...
Y'voNNE. — Oui. c'est nioi c'est moi qui ai appris à ces messieurs...
M.vRSÉY. — Et, sans indiscrétion, pyeuton vous demander le prix d'une pareille boile?
RENAUD — Mais pas trop cher, cher monsieur, tout ju.^te deiux...
YVONNE, viv' . ' 'vfitle... deux
mille francs..
RENAUD. — Pas un sou de plue.
A ce moment, on entend a la cantonade la voix do Clermont : « Zut, zut, zut! »
Les Mêmes, PAUL RENAUD
YVONNE. — Bonjour, cher monsieur. — C'est gentil d'être venu.
RENAUD. — Mais vous savez bien, chère madame, que c'est un plaisir pour moi chaqiie fois que vou- me faites l'honneur de m'inviter.
YVONNE, bas. — Canaille!
RENAUD, de même. — Je t'adore.
(Haut, à Thérèse.) Bonjour, chère madame... Messieurs.
YVONNE. — M. Paul Renaud, M. Marsey, M. Naudet.
RENAUD. — Messieurs.
Poignées de mains.
YVONNE. — Je parie que vous jouez le poker, monsie.ur Renaud ?
YVONNE. — Ça, c'est de Clermont e*: la petite.
N.vuDET, à mi-voir, à part. — Celui-là, au moins, il sait parler aux femmes.
YVONNE. — Vous dites, Naudet?
NAUDET. — Rien, chère amie.