ANDRÉE
mois.
LONGECOURT. — Il VOUS aime pour tout de bon ?
ANDRÉE. — Il m'a promis trois mille francs par mois.
LONGECOURT, — II VOUS adore.
ANDRÉE. — J "espère.
LONGECOURT. — Oh !
ANDRÉE. — Mais comme il a la mauvaise habitude de quitter les femmes au bout d'un an...
LONGECOURT. — Il ne vous quittera jamais. , ■^
ANDRÉE. — Vous devriez bien le lui dire.
LONGECOURT. — Ça VOUS ferait plaisir?
ANDRÉE. — Ça ne peut pas faire de mal.
LONGECOURT. — Vous allez voir. {Il va vers Belhncontre et h fraiypanf sur l épaule.) Bellencontre... Bellencontre?... {A Andrée.) Il dort toujours conune ça!
ANDRÉE. — Ce. serait trop beau.
LONGECOURT. — Bellencontre !
BELLENCONTRE, sursautunt. — Quoi « Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?
LONGECOURT. — Votre petite amie est charmante.
BELLENCONTRE, de mauvaise humeur et stupéfait. — Et puis après?
LONGECOURT. — Et si VOUS voulez un bon conseil, ne vous en séparez jamais.
BELLENCONTRE. Et puis?
LO.\GECOURT. — Et puis c'est tout.
BELLENCONTRE. Ah çà ! mon pauvre Longecourt, est-ce que vous êtes gris?
LONGECOURT. — Pas le moins du'mondç
BELLENCONTRE. — Alors, qu'cst-ce qui vous prend? Comment, c'est pour me donner un conseil comme celui-là que vous m éveillez?
LONGEco'-RT. — J'ai éu tort?
BELLENCONTRE. — Ce n 'est pas que VOUS
avez €ù tort... mais c'est imbécile' voyons, mon ami, réfléchissez, ça n'est pas raisonnable.
ANDRÉE, «f/urmewi. — Vous dormiez?
BELLENCONTRE. — Oui, mon amour je dormais, cela t'étonne?
ANDRÉE. — Non.
BELLENCONTRE. — Je faisaie un songe délicieux. "
ANDRÉE. — Vous pensicz à moi'
BELLENCONTRE. — Du tout.
ANDRÉE. — Tant pis!
BELLENCONTRE. — Je revais qu'une femme me poursuivait me proposant de me couvrir d'or si je devenais son amant.