‹ Le BéguinChapitre 60 sur 89 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

MAURICE, LONGECOURT

Tiens, Lougecourt, 00mpeut mieux.

MAURICE

ment va ?

LOUGECOURT. — On ne merci. Ou vous dérange?

MAURICE. — Du tout.

LO.NGECOURT. — Je viens vous faire n.es adieux.

MAURICE. — 'Vous partez?

LO.N'GECOURT. — Ce soir même.

MAURICE. — Où cela?

Lo.NGECOUKT. — Dans le Midi.

J'éprouve le besoin de voir un peu de ciel bleu et d'aller me réchauffer au soleil.

MAURICE. — Mais il n'y a pas de solcîil dans le Midi, mon anii.

LONOECOURT. — Comment, 'pas de soleil ?

MAURICE. — C'est un bruit que l'on fait courir. Et de quel côté allez-vous?

LONGECOURT. — A Nice d'abord, en Italie ensuite.

MAURICE. — Seul?

LONGECOURT. — Seul. Non, non, sérieusement.

MAURICE. — Je croj'ais que vous aviez une petite liaison !

LON'GEcouRT. — Rompue.

MAURICE. — Déjà !

LONGECOURT. — Oui, j'ai constaté qu'il m'était décidément plus facile d'aimer plusieurs femmes que d'en aimer une seule.

MAURICE. — Comment cela?

LONGECOURT. — Que voulez-vous?

Lorsque je suis avec une femme, je désire immédiatement celle que je n'ai pas...

Dès que je suis libre, je ne tiens plus à celle que je désirais et regrette sur-lechamp celle que j'avais. Dans ces conditions, la vie n'est plus possible.

MAURICE. — Quel type vous faite? !

LONGECOURT. — Non, j'ai un caractère malheureux.

MAURICE. — "\''ous vouliez vous marier, mariez-vous.

L'Age d'Aimer

LONGECOURT. — Je sais bien. Je voulais, mais je ne veux plus, car j'ai réfléchi aussi qu© je n'étais pas né pour le mariage. Vivre avec la même femme pendant d€s années, des années et des années 1... Non! je ne m'en sens pas le courage! Je me croirais obligé de la tromjjer au bout de huit jours, ce qui ne serait, le sachant d'avance, ni très galant, ni très propre, ni très honnête de ma part... Au fonr" voyez-vous, je devrais aller vivre dans ces paj"3 lointain;;, dans tes pa.ys qui fourmillent de ûl.ee sans dot, qu'on achète moyennant 23 louis au plus, qui sont condamnées d-e par la- loi à rester fidèles à leur mari pendant trois ans au moins — ce qui est déjà beaucoup — et qu'on rend à la famille lorsqu'elles ont cessé de vous plaire.

MAURICE. — Mais, c'est chez les nègres que cela se passe ainsi !

LONGECOURT. — Chez les jaunes aussi.

.Mais parlons blancs .. Geneviève va bien?

MAURICE. — Très bien, merci.

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