SCÈNE lli
Les .Ml mi;?, JEANNE
JEAXN'E, en entrant très gaie. — Bonjour. {Aycrcevant Longerourt.) Oh! pardon !
MAURICE, présentant. — Mademoiselle.
Jeanne .. un de mes c:nis.
LONGECOURT. — Md-demoistUe.
JEANNE. — Il me semble que ce n'cs^ ; as la première fois que j'ai le plaisir ùo ivncontrer monsieur.
LONGECOURT. — Ah !
JEANNE. — Monsieur Letilkul, n'eplce p*â?
LONGECOURT — NoH, je ne suis pca M. Letilleul.
JEANNE. — Vous n'êtes pas monsieiir Letilleul?
LONGECOURT. — Je le regrette.
JEANNE, () Maurice. — Oh! c'est trop fort ! Bonjour I
MAURICE. — Qu'est-ce que c'est, monsieur Letilleul?
JEANNE. — Eh bien, c'est M. Letilleul.
MAURICE. — D'oîi 6ort-in
JEANNE. — Comment, d'oij il sort?
MAURICE. — Enfin qui est-ce?
JEANNE. — C'e'.t M. Letillevil.
MAURICE. — Eh bien, il fallait le av.
tout de suite !■ M. Lcftilleul, c'est M. Letilleul... comme c^\-\. au moins nous =-t rion, été fixés. C'eet extraordinaire!
L'Age d Aimer
JEANNE. — Vous n'êtes pas de bonne humeur aujourd'hui.
MAURICE. — Ce n'est pas cela, ma chère enfant... mais comme je voue l'ai dit, il ne faut plus revenir ici.
JEANNE. — C'était sérieux?
MAURICE. — Très sérieux.
JE.1NNE. — Pourquoi ?
MAURICE. — Pourquoi ? Les femmes ont de ces questions qui vous démontent!... Pourquoi?
JEANNE. — Oui, pourquoi?
MAURICE. ■ — Tenez, demandez-le à mon ami.
LONGECOURT. — Mais je ne sais pas, moi, VOUS êtes bon !
JEANNE. — En bien, je vous écoute, la !
MAURICE. — ■ Ah ! vous voyez à quel point c'est délicat.
JEANNE. — Non.
LONGECOURT. — La vérité, madame, c'est qu'il n'est pas libre.
MAURICE. — Voilà,
JEANNE. — Oh! C'est pour rire. Vous avez une maîtresse?
MAURICE. — J'en ai une.
JEANNE. — Vous auriez pu m© prévenir.
MAURICE. — Il me semble cependant...
JEANNE. — Il vous Semble mal, car j'ai très bonne mémoire. Vous m'avez dit mot à mot ceci : a Je suis marié... donc je suis libre » ; or, aujourd'hui vous n'êtes plus libre et vous n'êt-es pas marié... donc vous m'avez menti.
MAURICE. — Ecoutez, ma chère petite, ce jour-là, j'étais peut-être préoccupé...
•TE.^NNE, s énervant. — Oh! C'est trop fort'
MAURICE. — Voyons, voyons, ne nous emportons pas.
JEANNE. Je ne m'emporte, mais je
dis : c'est trop fort.
MAURICE. — Eh bien, dites : C'est trop fort... maie écoutez-moi.
JEANNE. — Si c'est parce que je ne suis qu'un mannequin.
MAURICE. — Mais le mannequin n'a rien à voir là-dedaoïs, ma petite amie.
JEANNE. — Je vous dema^nde pardon, c'est moi.
MAURICE. — Je le sais qxie c'est vous. Nous n'en sortirons jamais, mon enfant, puisque vous ne voulez pas ni'écouter.
JEANNE, en s'assei/ant. — Eh bien, je vous écoute, là !
MAURICE. — Qu'est ce que vous voulez?
JEANNE. — Comment, ce que je veux?
MAURICE. — Oui, qu'est-ce que vous voulez? La question est nette, précise... qu'est-ce que vous voulez ?
JEANNE. — Mais je ne veux rien.
MAURICE. — A la bonne heure. Je vois que nous allons finir par nous entendre. Cependant, comme je tiens essentiellement à ce que vous ne vous en alliez pas d'ici avec un mauvais souvenir, je vous prie de réfléchir encore.
JEANNE. A quoi?
MAURICE. — Si je puis faire quelque chose pour vous être afjréable, soyez persuadée que je n'hésiterai pas une seconde. Le temps d'envoyer mon domestique à la poste, de donner de mon côté un coup de téléphone, et je suis à vous. Pendant cee quelques minutes, mon ami sera assez aimable pour vous tenir compagnie. Ça va?
JEANNE. — Mais...
MAURICE. — Je vous supplie de ne pas me répondre encore. Pensez à ce que je viens de vous dire et à tout de suite. (Ban à Lonr/ecnurt.) Débarrassez-m'en.
LAge d Aiuicr
LONRECOURT, bas. — Elle est gentille.
MAURICE. — Oui, mais l'heure avance, et j'ai un rendez-vous à cinq heurte.
LONGECOUKT. — J'en fais mon aft'aire.
MAURICE, à Jeanne. — Je reviens.
JEANNE. — Oui! Oui!