XX ETUDE
Eli vain faut-il qu'on me traduise Homère, Oui, je fus Grec ! Pythagore a raison ! Sous Périclès j'eus Athènes pour mère ; Je visitai Socrate en sa prison.
De Phidias j'admirai les merveilles.
De rillissus j'ai vu les bords fleurir; J'ai sur l'Hjmète éveillé les abeilles, C'est là, c'est là que je voudrais mourir !
Notre étude n'est pas achevée. Nous avons, je crois, établi avec évidence que Béranger a une place légitime parmi nos poètes. Mais quelle place? Doit-il figurer au premier rang? Peut-on le comparer à Lamartine, à Victor Hugo? Évidemment non. Lui-même a protesté contre une telle assimilation.
Béranger est un vrai poète, parfois même un grand poète. Il a deux qualités de premier ordre, l'invention des sujets et l'art de la composition, mais il faut l'avouer aussi, souvent le grand souffle, l'afflatus, lui manque. Chez lui, l'exécution trahit parfois l'inspiration. Il vise plus haut qu'il ne peut atteindre. Il veut faire entrer trop de chose dans un couplet ou dans un vers. De là, dans l'ensemble de son eeuvre, quelque chose de pénible, d'obscur, qui sent l'efîort. Il n'a pas pu, comme La Fontaine, effacer toute trace de travail, à force de travail.